Ecole Belkacem : le français dévasté mais on apprend l’arabe classique…

C’est le blog de Lucie Martin, professeur de lettres qui nous informe et finit de nous désespérer : la réforme de l’orthographe est en marche. Les professeurs sont atterrés, dit-elle à l’issue de la formation qu’elle a suivie. Les inspecteurs ne sont que dépités, et en dignes fonctionnaires, ils se comportent comme tels, avec la lâcheté à laquelle ils ne nous ont que trop habitués.

En l’an 2000, dans un entretien accordé au journal le Monde, Claude Allègre signait la condamnation de l’école : «Il y a dans l’enseignement une tendance archaïque, ils n’ont qu’à m’écouter, c’est moi qui sait, sauf que c’est fini. Les jeunes n’en veulent plus».

Il y a aussi dans la langue une tendance archaïque, la langue est normative. L’écart à la norme, cela s’appelait la «licence poétique», pas seulement la «faute». Il y avait aussi différents statuts de la langue… Qu’on se rassure, bientôt nous n’aurons plus besoin d’école car il n’y aura plus grand-chose à enseigner…

L’affaire est grave car la langue obéit à des lois et ces lois ont conditionné des disciplines : la phonétique historique, la phonologie, la linguistique. L’ignorance dont témoigne les ministres en charge de l’éducation, et jusque l’Elysée, qui a entériné cette ultime destruction (avec les vœux du président écrit dans la nouvelle orthographe), est proprement abyssale. Inutile de dire que la plupart des disciplines liées à la linguistique française sont à terme condamnées. Qui sait encore qu’il existe un Capes de grammaire ?

Mais je voudrai insister sur un autre fait et le mettre en lien avec la nouvelle réforme.

On a vu récemment un reportage sur France 2 qui insistait lourdement sur le fait que l’arabe appris dans le cadre des ELCO est l’arabe classique, littéraire. Dans les articles que j’ai écrits pour dénoncer ces ELCO, j’avais posé la question. Quel arabe va-t-on enseigner ? Selon toute apparence, l’éducation nationale en a tenu compte. Cela signifie au moins une chose : on nous lit en haut lieu.

Or, l’arabe classique ou littéraire qu’on fait apprendre aux chères têtes brunes islamisées, est une langue difficile, qui obéit à des règles, qui n’ont guère varié depuis quelques siècles. C’est l’arabe écrit. Dans le monde indien, on appelle les langues qui ont des littératures écrites des «prakrits». Le monde musulman a une unité linguistique obtenue avec cet arabe littéraire, et accessoirement beaucoup de violence.

Mes collègues d’arabe (au Qatar et au Maroc où j’ai enseigné) ne m’ont jamais caché qu’il était particulièrement difficile et n’intéressait guère les élèves.

Peut-on m’expliquer pour quelles raisons les enfants musulmans ont droit à un état de la langue arabe qui correspond toutes proportions gardées à notre français du Grand siècle (avec l’admirable usage de l’imparfait du subjonctif et l’art des phrases complexes qu’on appelle des «périodes») tandis que désormais les enfants de France devront se contenter d’une langue au rabais ?

Poser la question, c’est déjà y répondre. Il y a depuis environ cinquante ans, mais accélérée depuis une vingtaine d’années, une extraordinaire et farouche volonté de détruire la culture française, la langue française, l’Histoire de France, et tout ce qui appartient au socle culturel antérieur à la nouvelle idéologie dont on nous bassine ad nauseam. Vous savez le métissage culturel et toutes ces fadaises dont Arte nous vante les charmes et les mérites aux heures de grande écoute.

Il y a quelques temps, je participais à un colloque en Pologne. J’y ai rencontré un jeune maghrébin qui terminait une thèse sur la littérature du printemps arabe en Egypte. Il avait un corpus de quatre ou cinq ouvrages dont il admettait par ailleurs qu’ils n’avaient aucune qualité littéraire. Mieux, il ne lisait pas couramment le français, et n’a pas su nous dire le sens du prénom Fatima. Il enseigne l’arabe à l’université de Paris (j’ai oublié laquelle) : «à un niveau basique», a-t-il ajouté. Mais il y a beaucoup d’étudiants et même on embauche…

Je n’ai pas eu le courage de lui demander quel arabe il enseignait. Mes amis polonais ont pris congé de moi avec une profonde compassion et en me disant en aparté «on vous plaint»…

Marion Duvauchel

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9 Commentaires

  1. En fait ,TOUTE la France va devoir être reconstruite ! Gouvernement et ses sbires (préfets en tête), Justice , Education Nationale , intellos collabos , journalistes, associations caritatives , engagements collabos de bigots se croyant humains en privilégiant le confort des migrants , et j’en oublie , l’ont délabrée . Et le terme est un euphémisme !
    Ce sera un objectif si important que les résultats ne pourront pas être totalement satisfaisants . Je crois à la volonté efficace, à l’intelligence , à l’esprit patriote de Marine Le Pen avec le FN et leurs électeurs pour s’atteler à ce travail titanesque parce que le mal a atteint les moindres interstices des vies quotidiennes . Sinon , notre civilisation , la France en tête, sera rayée du Monde .
    A bons entendeurs , salut !

  2. Je n’ai pas un amour immodéré pour ma religion (catholique), enfin pour être plus précis de mes religieux, et force est de constater que lorsqu’ ils avaient la main: ils ne se privèrent pas de maintenir les populations dans l’obscurantisme et de régner par la terreur,depuis les choses on changées, tellement changées que le chef spirituel de notre religion est dans l’incapacité de nous fédérés contre l’ennemi commun (d’ailleurs en a t’il seulement émit l’hypothèse?) qui est l’islam certains religieux s »abaissent même à faire l’éloge du culte musulman s’en être révoquer par le vatican! ah oui, ils n’ont plus le soutien des grands de ce monde qui préfèrent les croissants aux osties,il va donc falloir que les gens qui refusent cet enfer religieux sur terre s’organisent !

  3. Entièrement d’accord avec vous.
    La destruction de notre langue est palpable partout : le style des livres écrits à notre époque est bien souvent consternant. Le langage des émissions populaires des média est pauvre, truffé d’une vulgarité qui ne choque plus personne et que l’on cultive.
    Ne parlons pas de la façon dont sont rédigées les infos sur internet : un concentré de fautes de grammaire et d’approximations langagières.
    Les films n’échappent pas à cette vulgarité ambiante.
    Les enfants baignent dans ces fautes de langage et l’on s’étonne après qu’ils ne sachent pas faire la différence lorsqu’ils écrivent.

    • Dans les dessins animés et dans les séries américaines traduites en français on ne connait même pas les mots qui forment la base du respect tels que « bonjour », « s’il vous plait », « merci »… que fait le CSA dans tout ça?

  4. Combien y a t il de francophones dans les pays musulmans…? des millions et des millions…

    Combien y a t il d’arabophones en France…? une vingtaine au plus dans les universités.

    Est ce qu’ils sont suffisants ne serait-ce que pour le renseignement? Je ne pense pas…

  5. C’est très bien de dénoncer la réforme de l’orthographe, mais il vaudrait mieux éviter d’écrire « c’est moi qui sait », et « je voudrai bien », surtout quand on est professeur de lettres…

  6. Merci à tous les contributeurs qui nous informent quotidiennement du déclin de la France, mais ne serait-il pas plus judicieux -maintenant que nous avons bien compris où nous menaient toutes les réformes délétères qu’on nous a concocté depuis des années- de proposer maintenant des solutions ?
    Pour ma part, je ne suis pas très douée pour ce genre d’exercice, mais il doit bien se trouver parmi toutes les belles plumes de ce site, des esprits éclairés capables de nous montrer une voie, capables de nous instiller le désir d’agir contre cet écroulement ?
    Que faire ? Quelles solutions apporter ?
    Car il y a forcément des solutions ! ou s’il n’y en a pas, ce ne sont donc que des constats, auquel cas est-ce bien la peine de nous faire souffrir de la sorte ?

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