Egorgement d’Hervé Gourdel : c’est la faute aux Français de souche !

Publié le 27 septembre 2014 - par - 2 625 vues
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Ri7plenelmuslecheAprès l’égorgement et la décapitation d’Hervé Gourdel (dont je ne parviens toujours pas à saisir pour quelles raisons il désirait voyager dans une région infestée d’islamistes), ceux qui détiennent la parole publique (journalistes, politiciens, religieux…) se disent abasourdis par la barbarie des égorgeurs en mode halal.

Dans quel monde vivent-ils ? Les barbares sont pourtant dans nos cités depuis longtemps. Il suffit de lire les faits divers de son quotidien, de s’égarer en banlieue ou de lire Obertone.

Mais la réalité de la situation ne fait pas partie de leurs préoccupations. Il s’agit comme l’a dit M. Fabius d’éviter l’amalgame Etat islamique, islam, musulman. A n’importe quel prix.

Le bourrage de crâne a donc été mis en route et vingt-quatre heures après l’égorgement d’Hervé Gourdel, il tourne à plein régime. « Gardons-nous de ceux qui, par ignorance, ou pis, par volonté d’en découdre, font l’amalgame entre Arabes, musulmans et djihadistes », écrit Macé-Scaron dans Marianne.

Les refrains sont connus : les terroristes n’ont rien à voir avec l’islam ; les millions de musulmans installés dans notre pays ne sont pas des terroristes, mais de braves citoyens respectueux des lois françaises ; la religion musulmane est religion d’amour, de paix, de tolérance ; l’assassinat est contraire aux valeurs de l’islam. Peu importe la vérité historique des conquêtes mahométanes et la nocivité du Coran.

Une fois que la litanie des poncifs est terminée, le ressentiment des musulmans envers la France se métamorphose en culpabilité de la France de souche.

C’est la faute à la France de souche

Le PS a fait sortir un de ses secrétaires nationaux du haras. François Kalfon est venu expliquer sur le plateau d’itélé que si la France produit tant de djihadistes c’est parce que les musulmans français n’ont pas le destin économique et social qu’ils méritent dans notre pays et surtout, s’ils se transforment en égorgeur, c’est à cause du climat d’islamophobie qui règne dans l’Hexagone.

Quelle lucidité ! Quelle analyse du réel !

Il a quand même oublié dans les causes, le harcèlement policier, les contrôles au faciès, les banlieues ghettoïsées.

Sur une autre chaîne TV, le trotskiste Plenel en tournée de promotion pour son livre « Pour les musulmans » a la même analyse. Les responsables de la montée du djihadisme, ce sont les Français de souche. Pour le patron de Médiapart, pas de doute, nous sommes coupables, forcément coupables. Il reprend à son compte les propos de l’ex-otage en Syrie, le journaliste Pierre Torres qui a écrit, dans une tribune publiée par Le Monde « Mohammed Nemmouche est un pur produit occidental, labellisé et manufacturé par tout ce que la France peut faire subir à ses pauvres comme petites humiliations, stigmatisations et injustices. L’empilement sans fin de nouvelles lois antiterroristes en est l’une des facettes. »

Pour attaquer le problème sous un autre angle, Tahar Ben Jelloun et Hassen Chalghoumi sont invités sur les plateaux.

Les gentils musulmans servis sur un plateau (TV)

Le premier connu pour sa prostate, son bouquin sur le racisme expliqué à sa fille (qui a connu un beau succès grâce aux enseignants jamais en retard d’une guerre) et pour avoir employé en toute illégalité Fatna S., une « bonne » marocaine qui, comme il dit, « nous a mené la vie »[1].

« Il ne faut pas négliger la population (sous entendu “ musulmane ”. (…) Cette jeunesse à besoin d’être prise en main », dit notre gentil penseur marocain.

Le second, Hassen Chalghoumi est un phénomène. Né en 1972 (ou 1973) à Tunis. Il est présenté comme imam de la mosquée Al-Nour de Drancy (Seine-Saint-Denis).

Notre futur imam télévisuel arrive en France en mai 1993 et s’installe à Noël 1996 en Seine-Saint-Denis. Il prêche dans les foyers Sonacotra[2], travaille à la RATP en tant que médiateur et est un temps gérant de pizzeria.

En 2000, il est naturalisé français. Le voilà notre concitoyen.

Le 11 août 2003, alors qu’il est manutentionnaire sur la plate-forme de Roissy, son badge d’accès lui est retiré pour « raisons de sûreté ». En 2004, lors d’un prêche dans un foyer Sonacotra de Bobigny, il est repéré par les services de renseignements en raison de ses appels en faveur du djihad.

« Celui qui va mourir au djihad ira en direction du paradis », dit-il.

Par ailleurs, il conseille de cacher sa femme dans un niqab parce que: « Tu ne traites pas ta femme comme des légumes que tout le monde peut voir et toucher »

Mais cette position ne le distinguant guère des autres imams, il décide de changer de camp. En janvier 2010, il se déclare alors favorable à l’interdiction de la burqa. Peu après, en février, il affirme avoir été agressé dans la mosquée de Drancy par un « commando islamiste ». Mais quelques jours plus tard, il reconnaît avoir menti.

En septembre de la même année, il dénonce son passé d’extrémiste.

Ses cinq enfants sont tous scolarisés dans une école catholique car, dit-il, « quand on a vu sur sa première photo de classe, que ma fille n’était entourée que de blacks et de beurs, on s’est dit avec ma femme qu’elle ne devait pas rester dans cette école. »

En 2012, il assiste à plusieurs meetings de l’UMP, ce qui sera interprété par ses détracteurs comme un soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle.

En fait, Chalghoumi occupe la parole d’une communauté dont il n’a pas le soutien, mais il tire sa légitimité des médias et des milieux politiques dominants. Parmi les musulmans, il est largement ignoré, voire violemment rejeté. Ce rejet provient, non pas de ses positions comme il l’affirme, mais de son illégitimité. Il est dénoncé par un « Collectif pour la dignité des musulmans » comme instrumentalisé par le pouvoir politique. Il est perçu comme « ce qu’il y’a de pire dans l’islam : la manipulation politique ».

Mais peu importe, les médias l’ont installé en icône, en penseur musulman, en modèle d’un « islam de France » qui n’existe pas.

Le bourrage de crâne pro-musulman se sert aussi d’une campagne médiatique britannique.

Qu’est-ce que la nation islamique ?

Depuis deux jours, la campagne anglaise baptisée « Not In My Name » lancée sur les réseaux sociaux surgit à chaque journal télévisé.

Il s’agit de nous faire croire à un succès planétaire : « Déluge de tweets » (40 000) , « vidéo vue plus de 130 000 fois depuis le 10 septembre ». Mais ces chiffres modestes présentés à longueur d’antenne comme extraordinairement importants sont une manipulation supplémentaire.

La campagne est censée dénoncer la barbarie de l’État islamique. Les médias oublient de traduire ce que disent certains figurants. Certes, il y a « Ne tuez pas d’innocents en mon nom », mais aussi « Ceci n’est pas cela la nation islamique ». Je serais curieux de savoir à quoi ressemble une nation islamique ? D’habitude, les musulmans ne l’appellent-ils pas « oumma », cette communauté des croyants qu’ils placent très largement au-dessus des pays où ils se sont installés. A moins qu’ils ne pensent à ces Etats comme l’Arabie Saoudite où règne la charia. Des Etats peu différents de l’Etat islamique.

Le système médiatico-politique va continuer son boulot. Demain, ce seront des manifestations des musulmans de France, après-demain des manifestations de fraternisation franco-musulmane. A quand l’invitation à tous se convertir à l’islam pour qu’il n’y ait plus de problèmes ?

Marcus Graven

[1] Lire l’excellent papier d’Henri Dubost :  http://ripostelaique.com/ben-jelloun-tahar-ta-gueule-a-la-recre.html

[2] La Société nationale de construction de logements pour les travailleurs (Sonacotra) est une société d’économie mixte française. L’entreprise devenue Adoma construit et gère des foyers de travailleurs migrants, des résidences sociales,des  pensions de famille, des centres d’hébergement, des centres d’accueil de demandeurs d’asile, des aires d’accueil de gens du voyage.

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