Egypte et destitution de Morsi : un nouveau mur de Berlin est tombé

Publié le 12 juillet 2013 - par - 1 056 vues
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Je ne suis pas le seul à l’avoir fait observer : la manifestation des anti-Morsi, celle ayant fait choir le chef de la dictature « élue » de la secte politico-religieuse des « Frères musulmans », est la plus importante manifestation de rue, en nombre de participants, que l’on ait jamais connu jusque-là sur cette planète. En effet, c’est entre 13 et 15 millions d’Egyptiens qui gagneront les rues de plusieurs villes d’Egypte, pour y scander inlassablement : dehors, dégages Morsi ! Frères musulmans, dégagez ! Dehors du gouvernement les frères musulmans !

Oh ! Pas bien, réponds, la bouche en cul de poule, le Président Obama…

Le cousin spirituel du Président américain, l’homme du Plan du même nom, Juppé, un autre amoureux de la confrérie, n’a encore rien dit. Son icône, le Recteur Obrou, ne s’est fendu d’aucun communiqué concernant l’Egypte et sa division en deux parties inégales en nombre : d’un côté ceux qui n’en peuvent plus de l’hégémonie des « frères » avec leur charia constitutionnalisée, de l’autre, la minorité menaçante.

La majorité de l’Egypte : ce sont les musulmans -nés musulmans sans avoir le choix de décider de le rester ou de devenir autre chose, ce sont les aborigènes de l’Egypte -restés chrétiens depuis quatorze siècles, malgré l’infériorité institutionnelle produite par le pacte d’Omar (les Coptes)-, et ce sont les femmes, les voilées, les dévoilées, les non voilées, mais toutes lasses de leur infériorité qu’aurait décidé de tous temps la conscience de l’univers (Dieu/Allah) et des brimades et violences plus ou moins graves.

Pas bien, qu’il a dit le Président Obama…

Vous, les Egyptiens, vous ne deviez surtout pas chasser un tyran, que vous avez élu, explique et fait expliquer le Président des USA.

Obama, manifestement, il n’a pas lu la constitution française de l’an II qui affirme : le droit à l’insurrection contre un pouvoir infidèle, contre des dirigeants ne se conformant pas aux attentes du Souverain (le Souverain, dans la constitution de l’An II et le langage de la 1ère République, c’est le peuple, sans distinction de sexe). Il n’a pas lu non plus, ou il a oublié, le Président Obama, le deuxième amendement à la constitution américaine.

Droit constitutionnel américain, le droit à l’armement de chaque citoyen de la libre république américaine, décline précisément le droit démocratique à l’insurrection du Peuple souverain, s’il juge que le pouvoir le bafoue.

« Respecter la démocratie, respectez vos votes de 2012 », qu’il dit aux Egyptiens, Obama

Quel grossier subterfuge : La dictature « élue » des Frères musulmans est autant une manifestation de la démocratie politique, autant une expression vivante de la souveraineté populaire, que ne l’était le régime gouvernemental allemand né de l’élection du chancelier Hitler, que ne l’était la victoire électorale de son parti le NSDAP.

Un nouveau mur de Berlin est tombé.

Les voies pour la démocratie s’ouvrent en Egypte ; mais la noire réaction, les forces de la dictature constitutionnalisée de la charia, n’acceptent pas. Elles veulent vivre et dominer. Elles poussent le cynisme jusqu’à se prétendre l’émanation du choix démocratique. Elles tentent, par la violence, de restaurer le mur de la dictature morale.

Le peuple égyptien est à une croisée des chemins.

Dans son combat pour la liberté personnelle et collective, dans son action pour ériger un pouvoir respectueux et soucieux de la vie quotidienne et du bien-être de chaque égyptien, il est devenu patent qu’il ne pourra pas compter sur les gouvernements se prétendant démocratiques, comme celui des USA. Comme toujours, le Peuple ne pourra compter que sur lui-même pour briser les vieux démons de l’oppression morale et ceux de la misère économique.

Il ne pourra pas compter sur Obama, dont le petit cœur de midinette souffre des déboires des frères musulmans, massivement rejetés par le peuple égyptien.

Obama et quelques autres s’inquiètent pour ce parti* rejetés aujourd’hui aussi radicalement que ne le furent, en 1989 le SED est-allemand et en 1991 le PCUS.

Un nouveau mur de Berlin est tombé. Ne le laissons pas reconstruire !

Alon Gilad

* Ce parti n’est pas qu’égyptien. Son effondrement impacte directement d’autres pays. En effet, en France, pour ne prendre que ce pays, la confrérie rejetée par la nation égyptienne a développé un complexe et diversifié réseau d’influence : depuis l’UOIF jusqu’au recteur de la mosquée de Bordeaux, en passant par des groupes d’opinions intégrant des intellectuels et des politiques officiellement non-musulmans mais passant leur temps à plaindre les fidèles ne disposant pas suffisamment de mosquée, à inviter à amender la loi de 1905, et à consacrer beaucoup d’efforts à trouver aux Frères musulmans toutes sortes de talents et de qualités. La chute des « frères » au Caire, sera à l’UOIF et tutti quanti, comme la chute du SED et l’effondrement du PCUS.

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