Egypte : policiers et religieux appellent au meurtre de musulmans convertis au christianisme

Publié le 19 juillet 2010 - par

Voici une vidéo très interessante, signalée par l’Observatoire de l’Islamisation :

http://www.youtube.com/watch?v=MrjqyUQn3_s&feature=player_embedded

Au travers de l’exemple de Maher el Gohary et de sa fille, cette vidéo nous montre la situation dramatique des musulmans égyptiens qui souhaitent se convertir au christianisme, et à qui l’on rend la vie impossible. Non seulement, les Gohary ne réussissent pas à faire changer la mention de leur religion officielle sur leurs papiers d’identité, non seulement la jeune fille se voit interdire d’épouser un chrétien, mais en outre le père et la fille sont persécutés et menacés de mort.

Banal, me direz-vous. La violence contre ceux qui veulent “apostasier” l’islam n’est pas une nouvelle.

Certes, mais, ce que cette vidéo nous montre en plus, c’est l’aveu que les meurtres d’apostats, et les appels au meurtre, sont ordonnés au plus haut sommet de l’Etat et de l’Université Al Azhar, le “Vatican” de l’islam égyptien, et d’une bonne partie de l’islam sunnite.

Parmi les passages les plus éclairants, on note :

– à la minute 1.31, le Cheikh Al Badri dit que les convertis doivent être tués

– à la minute 2.12, un religieux en turban noir rappelle que le ministère de l’Intérieur l’a écrit également dans une lettre publiée dans la presse.

Qui est ce Cheikh Al Badri qui lance ainsi publiquement des appels au meurtre ? Un fou qui ne représente que lui-même ? Un hors-la-loi recherché par la police de son pays ? Un partisan de l’islamisme-qui-n’est-pas-l’islam ? Que nenni !

Professeur à l’université Al-Azhar et membre du Conseil suprême des affaires islamiques, Youssef al-Badri est connu pour la guerilla judiciaire qu’il mène à l’encontre des intellectuels égyptiens (les-artistes-egyptiens-se-debattent-entre-pouvoir-et-hisba-une-loi-censee-contrer-les-intimidations-des-islamistes-les-officialise). Ce harcèlement juridique est possible parce que le gouvernement égyptien reconnait la “hisba”, c’est à dire le “droit”, pour tout musulman, d’intervenir judiciairement pour défendre l’islam (http://www.yabiladi.com/forum/harcelement-juridique-islam-66-3849957.html).

En août 2007, Al Badri avait obtenu la condamnation pour diffamation du poète Ahmed Abdel Moaati Hijazi. Il a également exigé la peine de mort pour le journaliste Mohammed Ahmed Hegazy, qui avait demandé l’inscription de sa conversion au christianisme copte sur ses papiers d’identités. Il est connu pour ses positions en faveur de l’excision (http://www.masrifeki.com/french.4.025.0.htm) et du voile intégral (http://www.telquel-online.com/393/actu_monde1_393.shtml). Il a aussi lancé une fatwa contre Naguib Sawiris, le magnat copte des télécommunications ( http://www.esisc.org/pays.php?page=4&Id=39) ; Sawiris avait eu le tort de déclarer que les rues du Caire étaient en train de ressembler à celles de Téhéran.

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