Egypte : pour les Frères musulmans, « le jihad est la solution »*

Publié le 20 février 2011 - par - 721 vues
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La révolution à laquelle nous venons assister au Caire a fait couler beaucoup d’encre quant au rôle des Frères Musulmans. Des plumes prolixes nous ont abreuvés de dissertations sur cette organisation fasciste qui aurait mis de l’eau dans son vin, se serait dépolitisée et embourgeoisée. Ce soi-disant « embourgeoisement des islamistes » serait « aussi un atout pour la démocratie » (1). C’est à voir …

Il s’agit, pour cette organisation, d’un enduit, d’un maquillage, qui la font admettre par le politiquement correct et obtenir le label de «modérée ». Or les écrits et les discours de cette organisation ne laissent planer aucun doute quant à son but ultime : la propagation de l’islam par le jihad sur tous les continents, l’instauration du califat et son corollaire, la charia.

Dans un petit livre retentissant de vingt pages, paru vers 1996, Le jihad est la voie  (Al-jihad houa al-sabîl), le 5e guide des Frères Musulmans d’égypte,  Moustafa Mashhour (1921-2002) détaille les objectifs de la mission  (al-da’wa) des Frères vers lesquels « nous devons avancer et œuvrer, éclairés par elle » afin de «  faire resurgir la vie dans la Oumma musulmane » et « lui donner la place qu’Allah lui a choisie comme la meilleure nation apparue aux humains ».

L’auteur, dans son introduction, veut « clarifier la position des Frères Musulmans sur le jihad, dans le passé, le présent et l’avenir afin de retirer toute ambiguïté sur ce sujet qui soulève questionnements et doutes… ». Ce livre-document vient confirmer le contenu de l’article que Riposte Laïque a publié le 29/11/2010 sous le titre Silence !  on islamise !  Le mémorandum explicatif des Frères Musulmans ».

http://ripostelaique.com/Le-Memorandum-explicatif-des.html

Nous avons sélectionné et traduit de larges extraits des pages qui ont trait à la stratégie des Frères Musulmans et qui se déploient en 7 points :

1. La voie pour réinstaurer le califat bien guidé : foi et travail, amour et fraternité …, préparation et jihad

La chute du califat (2) … est attribuée à l’éloignement des musulmans de l’essence de leur religion et à la faiblesse de leur foi ; … elle a ouvert la voie à une razzia idéologique économique et morale des musulmans pour d’extirper la croyance de leur esprit. Le fondateur [de la Confrérie], Hassan el-Banna (3), après  une profonde réflexion,  fut conduit par Allah  vers la seule voie choisie par Mahomet quand il fonda le premier état musulman. Pour cela, il faut que les musulmans reviennent vers le vrai, le total et le pur islam. Al-Banna avait touché du doigt, à cette période, que l’esprit du jihad était presque inexistant parmi les musulmans et que l’esprit servile et de soumission dominaient.

2. Le jihad est notre voie  est aussi le slogan de notre « mission » (da’wa)

Al Banna a accordé au jihad, dans la mission des Frères, l’attention qu’il mérite. Il insiste en s’exclamant : « Allah est notre objectif, le Prophète est notre chef, le Coran est notre loi, le jihad est notre voie. Mourir sur la voie d’Allah est notre plus cher espoir ». Il y a  aussi le logo de la Confrérie :

[Le logo des Frères Musulmans comporte la couleur verte, couleur de l’islam, le Coran, deux glaives et en dessous, le mot « Préparez », premier mot du verset coranique (Le butin, al-Anfal 8-60) :

« Et préparez (pour lutter) contre eux tout ce que vous pouvez comme force »]

Les deux glaives sont le symbole du jihad et de la force qui protègent la vérité représentée dans le Livre d’Allah ». Al-Banna qualifia aussi la mission des Frères comme « la mission de la vérité, de la force et de la liberté », le jihad étant l’un des dix constituants de l’allégeance. Dans ses lettres et ses discours, il a toujours exhorté au jihad et au martyr.

3. La réalité reflète l’expérience … le jihad se poursuit

Al-Banna avait saisi l’occasion du jihad en Palestine (4). Il en avait attribué l’échec à la trahison des gouvernements des pays musulmans. Les Frères Musulmans poursuivent leur combat avec leurs frères moujahidines  en Afghanistan et en Syrie contre le système communautariste, apostat et oppresseur.

4. Les Frères Musulmans sont-ils fatigués par les épreuves ? Ont-ils jeté les armes et abandonné le jihad ? La réponse des Frères est non.

Ainsi nous verrons que les Frères n’ont absolument pas changé et n’ont pas coupé leur présent de leur passé. Ils n’ont pas coupé leur avenir de leur présent ni de leur passé. Ils transmettront la mission, dans sa totalité et sa pureté, aux générations futures. Ils leur transmettent aussi l’esprit du jihad, l’amour du martyr et du sacrifice jusqu’à ce que la victoire d’Allah se réalise et que le verbe d’Allah domine.

5. Chez les Frères, les épreuves aiguisent l’expérience, augmentent la foi et renforcent le désir d’aller de l’avant

Les épreuves ne fatiguent pas les Frères. Ils ne jetteront pas les armes et n’abandonneront pas le jihad. Les épreuves les aiguisent et renforcent leur foi et leur détermination au travail pour la victoire de leur religion ; ils sont sans faiblesse, sans  défaillance sans résignation parce qu’ils ont dû souffrir sur la voie d’Allah.

6. Pas d’élan  fougueux, pas d’attente jusqu’à la mort : chaque chose en son temps

Malgré cela, les Frères ne se lanceront pas derrière certains jeunes fougueux (5) à commettre des actions brutales, mal étudiées, à modifier un présent pourri. Cela nuirait à l’action islamique et laisserait les gens du mal en profiter. Les Frères n’emprunteront pas non plus la voie de l’attentisme mortel qui fait rater des occasions et abaisser l’esprit jihadiste chez les jeunes.

Les Frères savent que la précipitation avant les préparatifs peut être comme un avortement. Ils savent aussi que toute négligence, toute hésitation après le moment propice et l’excuse présentée à Allah seraient mortelles pour le moral. Ce n’est que dans la concertation (shûra) et la confiance réciproque que la victoire sera réalisée par la volonté d’Allah.

Certains jeunes qui aspirent au jihad et au martyr croient qu’ils réalisent leur espoir dans des actions partielles […]. Quand les Frères présentent leurs jeunes au jihad au moment propice, ils ne les envoient pas à leur perte car leur perte, c’est le renoncement au jihad quand le moment  et les circonstances le rendent impérieux. Quand les ennemis d’Allah prennent le dessus, les musulmans s’exposent à la discorde dans leur religion et leurs enfants seront élevés dans une croyance autre que l’islam.

Il faut savoir aussi qu’il n’est pas nécessaire que les musulmans ripostent immédiatement à chaque agression ou dommage qu’ils subissent de la part les ennemis d’Allah, mais seulement quand la possibilité  et les circonstances le permettent. Au cours de la première période de la mission, quand les musulmans étaient peu nombreux et exposés aux attaques des associants (6), l’envoyé d’Allah n’avait pas donné l’ordre de riposter par la force mais il leur avait conseillé en ce temps de patienter et de persister, en leur annonçant la victoire et le paradis (al-janna). C’est avec la patience et la persistance dans la propagation de la mission, malgré les dommages subis, quand les circonstances se sont présentées que l’ordre au combat a été révélé [au Prophète par l’ange Gabriel NDT]. A la lumière de ces faits, la position d’attente des Frères, face aux agressions répétées, n’aura pas sur eux un effet négatif. Viendra le jour où ils s’excuseront auprès d’Allah, où ils répondront à l’agression et se défendront.

7. Le jihad n’est pas destiné à repousser le préjudice seulement … mais aussi  à instaurer l’état musulman

Il faut savoir que le jihad et les préparatifs ne sont pas destinés à repousser l’agression et le mal auxquels s’exposent les musulmans de la part des ennemis d’ Allah mais à finaliser la grande mission qui est l’instauration de l’état de l’islam, la consolidation de cette religion et sa propagation dans les contrées du monde. En raison de cette mission grandiose, les préparatifs seront en conséquence, de même en temps et en effort. Le temps ne se mesure pas par l’âge des individus mais par l’âge des nations et des missions.

Cette allégation de dire que le jihad vise à obliger les gens à être incorporés par le glaive, nous n’avons pas besoin d’effort pour la déclarer fausse. Beaucoup ont écrit à son sujet. Elle contredit la parole divine, qui suffit : « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement […] (Sûrat al-Baqara, la vache, 256) (7).

La réalité et l’histoire réfutent cette allégation mensongère.

En France, comme partout en Occident, les officines des Frères Musulmans (CFCM, UOIF, CRCM, les nombreuses mosquées et centres islamiques dits culturels) tissent leur toile pour parvenir, par étapes, sournoisement et avec la complicité de nos élus, de nos médias, de nos syndicats, à nous cerner pour nous imposer leur diktat dès que le moment sera devenu propice et leur démographie suffisante. Qu’attendez-vous pour agir, Monsieur le Président de la République ? Si nous laissons l’islam politique se propager sans vergogne, polluer notre République encore libérale et ouverte, les décisions de l’état ne seront plus prises à l’élysée et au Palais Bourbon mais dans les mosquées où prêchent en langue étrangère des imams étrangers et à la sortie de la grande prière du vendredi …

Bernard Dick

Nous venons d’apprendre par l’intellectuel égyptien Kamal Ghobrial  (2), ce matin 15/02/2011, en provenance d’Alexandrie, la nouvelle et le commentaire suivants : « La confrérie des Frères Musulmans vient de présenter une demande officielle afin de modifier l’article 2 de la Constitution [égyptienne] rendant la charia, la loi islamique, seule source des lois. Si cela doit intervenir, l’égypte sera transformée en Afghanistan, en Iran, en Gaza, et les égyptiens seront dominés par ceux qui parlent au nom d’Allah et qui deviennent les surveillants autoproclamés du peuple. Ainsi en s’opposant à toute la planète ces derniers fermeront toutes les fenêtres du progrès. L’égypte entrera dans un tunnel obscur dont on ne sait quand elle en sortira. L’égypte sera asservie, sera un nid pour le terrorisme, perdra tous ses acquis civilisationnels.».

(*) Texte en arabe : http://www.daawa-info.net

(1) Olivier Roy, Révolutions post-islamistes, Le Monde, 13-14/02/2011

(2) En1924, en Turquie par Mustafa Kemal Atatürk

(3) Hassan el-Banna a fondé la Confrérie des Frères Musulmans en1928. Il est le grand-père maternel de Tarek Ramadan

(4) En 1948, 1ère Guerre israélo-arabe. En 1967, pendant la guerre de 6 jours, les Frères Musulmans appelaient de leurs vœux la victoire d’Israël sur leur propre pays afin de voir s’écrouler l’arabisme et le socialisme arabe laïque. Quel cynisme !

(5) Les Frères sous-entendent ici les jeunes qui veulent en découdre avec les incroyants

(6) L’existence chez les chrétiens de la Trinité, d’un Dieu en trois personnes, est considérée par l’islam comme un polythéisme. Pour l’islam les chrétiens sont des associants.

(7) La référence du texte originel est erronée : 256 au lieu de 265.

(8) Kamal Ghobrial, correspondance d’Alexandrie


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