Eh oui, M. le président du CFCM, ces sondages "interpellent" !

C’est peu de dire qu’il y a un abîme entre les discours de la caste politique dans son ensemble, des média qui leur servent de caisse de résonance, des « faiseurs d’opinions » bien pensants, humanitaristes et communautaristes….et la majorité des citoyennes et des citoyens de notre pays quand il s’agit de tout ce qui touche à la vie de notre société, à son mode d’organisation et de fonctionnement laïque et démocratique (Voir « Riposte Laïque » n° spécial 112 bis ) !
Eh oui, mesdames et messieurs les « élus », y compris celles et ceux qui, plus lucides ou plus courageux, siègent à la commission « anti-burqa » :
S’il y avait un référendum sur la place que doit avoir l’islam en France, la réponse serait celle de sa maintenance dans la sphère privée, la sphère publique étant laïque – « l’Etat n’est pas religieux ou antireligieux : il est a-religieux » Aristide Briand – …
C’est-à-dire qu’une religion voulant imposer sa loi particulière à la loi générale démocratiquement élaborée,… ou s’efforçant de faire accepter ses symboles conquérants architecturaux et/ou vestimentaires… ou exigeant l’application de ses principes, coutumes, habitudes dans l’espace public au détriment de ce qui relève de l’équilibre pacifique instauré par l’Histoire… doit être ramenée à la discrétion qui sied à la sérénité du vivre ensemble de tous, croyants, agnostiques, athées, dans ce même espace public.
Et Monsieur Mohammed Moussaoui a bien raison de dire que le vote suisse interpelle d’abord les musulmans (1)… Que n’aurait-il dit s’il avait eu en sa possession les résultats du sondage initié par « Le Figaro » !!! Car l’interpellation de la « communauté musulmane » y est bien plus vigoureuse, mettant en cause même la construction des mosquées(2) !
A ce propos, dans un espace laïque, il faut être clair : la République garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées dans l’intérêt de l’ordre public (article 1- loi de 1905) -ce qui, au passage, rend illégales les occupations de rues pour des prières islamiques – mais elle « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (article2- loi de 1905). Un culte peut donc bâtir un lieu pour sa célébration, il doit le faire sur ses fonds propres et ceux de ses fidèles, respecter les lois et règlements civils et urbanistiques édictés par les pouvoirs nationaux et locaux, satisfaire à un cahier des charges de gestion compatible avec le respect de l’ordre public…tout en veillant à ce que la parole répandue en ce lieu ne nie pas (pour ensuite en demander l’altération ,voire la suppression) les principes, lois et valeurs sur lesquelles se fonde la Nation républicaine.
Aussi quand le président actuel du CFCM demande, pour les besoins des prières musulmanes, un espace vital minimum (cela nous rappelle quelque chose…), il devrait ajouter que cela doit se faire sans aucune aide des ressources publiques, et en tenant compte des vrais besoins : il n’y a pas lieu de construire un lieu de culte pour les musulmans marocains, un autre pour les algériens, un troisième pour….la « religion de tolérance, d’amour et de paix » devant être apte à faire prier ensemble ceux qui se réclament d’elle…
Il aurait pu ajouter qu’il ne s’agit pas de construire des mosquées qui seraient les marques du communautarisme musulman en excédant les limites du culte, quitte à revenir sur ce qu’il avait précédemment demandé : la construction de « grandes mosquées » avec commerces, lieux « culturels » pour « parler avec les autres religions » (les 30% de Français qui n’en ont aucune ne semblent pas l’intéresser), école coranique et autres espaces « communautarisants » ( voir « La Provence » du 12/12/08).
Mais, pour être crédible, ce ressortissant marocain en instance de naturalisation au moment de son élection en 2008 ( obtenue depuis ?) et qui a préféré rester en France plutôt de retourner dans son pays de naissance et de formation pour l’aider à sortir du sous-développement ( un professeur de mathématiques, ça a une valeur…) aurait dû affirmer nettement son opposition à toutes les marques exhibitionnistes et agressives de l’islam en France, plutôt que de louvoyer maladroitement entre le souci d’apparaître ouvert à l’esprit démocratique et la volonté profonde de creuser le sillon de sa religion dans la société française…
Il aurait dû, pour être crédible, marquer son opposition ferme à la burqa et au voile stigmatisant… à la demande incessante « d’accommodements raisonnables » : viande hallal dans les services publics, horaires « féminins » dans les espaces sportifs, refus de la mixité homme-femme à l’hôpital ou à l’école, censure sur certains enseignements…. à l’intrusion de la religion dans l’entreprise (3)…
Il aurait dû affirmer son attachement à la liberté de conscience qu’assure la République (article1 de la loi de 1905) et qui garantit le droit de « croire », de « ne pas croire », de « ne plus croire ».
Il aurait dû énoncer son refus du statut humiliant et second de la femme (polygamie, excision, mariages forcés….) qui caractérise la religion musulmane à travers les pays où elle s’exprime.
Force est de constater que rien de cela ne transpire du « talk-show » auquel « Le Figaro.fr » a convié ce monsieur, par ailleurs bon chic-bon genre…
Aussi n’est-il pas fondé à s’étonner de ce que la religion qu’il est chargé de représenter ait « mauvaise presse » auprès des citoyens et des citoyennes de ce pays, qui, un jour (et sans doute assez proche) sauront demander des comptes à la classe politique française, honteuse de « dhimmitude », pusillanime et aveuglée par sa volonté d’imposer l’Europe mondialiste, atlantiste, libérale, à un peuple qui n’en veut pas !
C’est vrai que quand on doit son élection à l’intervention royale marocaine, quand on cohabite avec l’Union des Organisations Islamiques de France – dont la charte signée avec 400 autres associations islamiques européennes demande l’application de la loi islamique partout où les musulmans résident-, on a sûrement du mal à avoir les « mains libres »…
Mais quand on prétend vouloir insérer pacifiquement dans un espace sociétal laïque et démocratique une religion dont on affirme qu’elle en respectera les principes et fondements, on ne doit pas hésiter à dénoncer tous ceux qui ( et tout ce qui) au sein de cette religion, et où que ce soit, mettent en péril ces mêmes principes et fondements.
Désolé, Monsieur Mohammed Moussaoui, mais on vous attend encore sur ce terrain, qui est celui de la sincérité !
Empédoclatès
« du bon usage de la raison »
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1 – http://www.lefigaro.fr/le-talk/2009/12/01/01021-20091201ARTFIG00583-minarets-le-vote-suisse-doit-interpeller-les-musulmans-.php
2 – http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/12/02/01016-20091202ARTFIG00629-les-francais-de-plus-en-plus-hostiles-aux-mosquees-.php
3 –http://www.islamisation.fr/archive/2008/06/26/islamisation-des-entreprises-francaises-les-echos-lance-un-p.html

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