Élection présidentielle au Brésil : haro sur Bolso ?

Quatre ans, ça passe vite. Et dès le 2 octobre, Jair Bolsonaro, président en exercice, remet son titre en jeu. Eh bien, il semblerait que pour lui, les choses ne se présentent pas sous les meilleurs auspices : un certain Luiz Inacio Lula da Silva, anciennement chef de l’État et nouvellement désincarcéré, caracole en tête des sondages, à tel point que d’aucuns le donnent possible vainqueur dès le premier tour, avec 47 % d’intentions de vote, laissant le tenant loin derrière à 33 %. Deux autres candidats, crédités chacun de 5 %, luttent pour la médaille de bronze.
En cas de second tour, Lula l’emporterait par 51/41, les votes blancs ou nuls étant comptabilisés.
Note liminaire : les lignes à suivre ne reflètent aucunement la pensée du scribe, mais vont tendre à refléter le sentiment d’électeurs désabusés ou hostiles.

Bolso a été élu alors que le taux d’homicides battait son record historique – 30 morts par an pour 100.000 habitants, soit entre 12 et 15 fois plus qu’en France – tandis qu’éclataient deux scandales monstres, d’abord l’affaire du « Mensalão »(1) puis la gigantesque arnaque Petrobras où élus, politiciens et intermédiaires se sont goinfrés pour des milliards au détriment du peuple. Lequel, excédé, choisit la manière forte. Avec, dans ces deux domaines, violence et corruption, un succès certain pour le nouveau pouvoir.

Ajoutez-y l’attentat peu de temps avant l’élection, longtemps qualifié de « mise en scène » par ses opposants ainsi qu’une campagne volontiers tournée vers l’émotionnel – la photo d’une petite fille, adorable, tuée par un multirécidiviste de seize ans accompagnée de la légende « plus jamais ça », et vous avez le futur président.
Surtout face au finaliste du jour, Fernando Haddad, triplement pénalisé : candidat d’un Parti des Travailleurs en pleine turbulence, un charisme de batracien, et un malheureux ticket pris avec… une communiste !
Mais le temps fait son œuvre.
Le style, vulgaire, autoritaire, agressif et provocateur de Bolso passe très mal.
Beaucoup n’ont guère apprécié sa désinvolture au plus fort de la crise du Covid.

Que l’on soit pour ou contre la vaccination est une chose. On ne saurait obliger les gens à se vacciner, on ne peut pas non plus le leur interdire. Ainsi, bloquer des millions de doses pendant des semaines, alors que le Sinovac est un vrai vaccin, concocté à partir de virus désactivé et donc de nature à rassurer les sceptiques, reste incompréhensible. Et massivement critiqué.

L’implication de ses quatre fils dans des carambouilles assez graves – et rémunératrices – et dont Papa ne pouvait tout ignorer cadrent assez mal avec l’image de « Monsieur Propre » dont il aime à se parer.
D’autant que le « petit » peuple n’a pas oublié les avancées sociales capitales dont il a pu bénéficier sous Lula puis Dilma, notamment le « Bolsa Familia », un peu l’équivalent de nos alloc’s et qui a sorti des centaines de milliers de familles brésiliennes d’une misère noire, tout en coûtant assez peu aux finances publiques ; salaire minimum relevé, meilleures conditions de travail, le « Bolso-prolo » n’en disconvient pas.
Il semblerait que le climat social n’ait jamais été aussi délétère dans cette jeune république fragile. On déteste bien plus l’adversaire que l’on ne supporte son propre poulain. Les anciennes tables de copains se sont scindées en demi-tables. Avant-hier soir, les types en sont venus aux mains dans un bar à musique en plein air d’ordinaire super tranquille.

Le dimanche aprèm précédant le premier tour : manif bolsonariste en bas de chez moi (voir photos). À la brésilienne, por certo. Samba, forro (style musical du Nordeste), couleurs, exubérance et types sur le toit des bagnoles dans une ambiance débonnaire sous l’œil placide de quelques flics.

Large éventail de population : âge, origine sociale apparente ou ethnique, tout y est.
En dépit des sondages, ils gardent le moral, encouragés par une baisse très récente et significative du chômage, et l’absence particulièrement remarquée et commentée de Lula lors du dernier débat télévisé mettant aux prises les principaux candidats.
Maintenant, il est capital d’établir le distinguo entre la droite dite « extrême » au Brésil et notre droite zemmourienne, basée pour l’essentiel sur la défense de notre identité.
Les Brésiliens, qu’ils soient noirs, blancs, jaunes ou rouges à pois verts appartiennent tous au même peuple. Et ils se protègent.

Comme dans toute l’Am’Sud, la « préférence nationale » n’a rien d’un gros mot. Pour aller bosser au Brésil, il faut être employé par une société étrangère ou une multinationale, ou alors créer à grands frais sa propre boîte et embaucher des autochtones.

Autrement dit, Youssef et Mabruka, venus de Marrakech pour monter un kebab, ça le fait pas.
Le « Bolsa familia » mentionné plus haut est lié à l’assiduité des gamins à l’école.
Bref, que le gouvernement brésilien soit de droite ou de gauche, il met en œuvre ce dont rêve le Zem’, et sans aucun état d’âme.
J’ai montré à quelques copains (de tous bords) des vidéos du fameux match « amical » France/Algérie où une bande d’énergumènes envahit le terrain après avoir conspué la Marseillaise.
« Ils font ça chez nous, ils ne sortent pas vivants »
Comme l’écrit Driss Ghali, Marocain vivant à São Paulo et rédacteur au « Causeur » d’Élisabeth Lévy, « les Brésiliens sont tous zemmouriens sans le savoir ».
Les bienheureux !
Jacques Vinent
(1) Mensalão : Un des rares cas de corruption active chez les politiques.
Le parlement fédéral étant désigné à la proportionnelle et donc dégageant une majorité très volatile, certains élus achetaient les voix des indécis.
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4 Commentaires

  1. Je souhaite la réélection de Bolsonaro allié de Poutine , Bolsonaro à soutenu les traitements anti Covid comme L’ivermectine , Lula un autre gaucho pro mondialiste , Covidiste et ami de Soros

  2. Je souhaite la réélection de Bolsonaro allié de Poutine , Bolonaro à soutenu les traitements anti Covid comme L’ivermectine , Lula un autre gaucho pro mondialiste , Covidiste et ami de Soros

  3. Bref en résumé ….mieux vaut un Bolso qu’un Lula de retour .
    La « vulgarité » n’est rien comparée à la réalité dure .
    Quant aux sondages ….On connait le truc ( cf les élections US et …..françaises )

    • Comment « Lula » une crapule d’extrême gauche impliqué dans un nombre incroyable d’arnaques, dont l’affaire Petrobras 12 ans de prison annulés pour vice de forme par un juge gauchiste, peut-il être à la fois soutenu par les USA et aimé de son peuple ?
      Tout ça pue la manipulation macronesque avec des sondages bidonnés et des stories tellings propres à émouvoir les simples d’esprit.

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