Élections en Bavière : fronde contre la politique de Merkel !

Katharina Schulze, look de petite bourgeoise, candidate des Grünen, a hurlé de joie devant les micros et les caméras de la télévision quand son parti a obtenu pour la première fois 18 % des suffrages (38 sièges) dans un Land traditionnellement très conservateur. « Maintenant, je pense à faire la fête », dit-elle à la publication des résultats montrant l’esprit « écolo ». L’AfD ne gagne que 10,2 % (22 sièges), arrive tout de même avant le SPD (devenu que le 5e parti en Bavière) qui a perdu la moitié de ses électeurs avec 9,7 % (22 sièges). La CSU, avec 37,2 % (obtient 85 sièges) en perdant la majorité absolue, a pris une claque salutaire et devra faire une alliance avec le parti des Freie Wähler Bayern (une AfD plus populaire, proche du peuple, aussi très conservatrice et nationaliste) avec ses 11,6 % (27 sièges). Le FDP à 5,1 % (11 sièges) et les Linke à 3,2 % montrent bien que les Libéraux et les gauchistes n’ont en tout cas rien à dire dans ce Land. Le SPD et les Linken ont été  totalement vaporisés durant ces élections. La victoire des Grünen surprend cependant mais reflète la peur face à la montée du nationalisme. Est-ce-que la création d’un parti des juifs au sein de l’AfD, le JAfD, a fait perdre des voix à ce parti ? Est-ce-que la tête de liste de la CSU Markus Söder accusé d’avoir fait du business avec les migrants, avec Seehofer qui baisse le pantalon devant Merkel, ont fait fuir les électeurs de la CSU ?  Rien ne va plus en tout cas dans toute l’Allemagne ou en Bavière. Ces élections montrent un changement du paysage politique qui aura des répercussions considérables sur le plan fédéral. La CSU serait sur la voie de sa refonte et vers son retour historique très conservateur. La Bavière étant le ventre de l’Allemagne, ces élections impactent le paysage politique sur toute l’Allemagne.

La chute de la CSU, c’est plutôt sa refonte. La mise en place des nouvelles lois de police permettant de mettre en prison en Bavière un citoyen sans une décision de justice a produit une fuite des électeurs de la CSU vers les Grünen. La CSU, qui était un parti garant de la défense des valeurs traditionnelles, a convolé trop longtemps avec la CDU de Merkel qui a fait venir en masse les migrants. La figure de la CSU en Bavière, Markus Söder est accusé de faire de l’argent avec l’arrivée des migrants ce qui a fini de briser la confiance des électeurs bavarois envers l’actuel CSU. D’ailleurs le parti des  Freie Wähler avec Hubert Aiwanger  va former par une alliance avec la CSU une refonte idéologique de ce parti car les Freie Wähler sont les véritables CSU-istes qui quittèrent le navire en raison des désaccords politiques dans le passé.  Hubert Aiwanger réclame trois postes de ministres pour son parti. Les Freie Wähler sont comme l’AfD mais d’origine bavaroise et veulent plus d’enfants allemands, plus de policiers, l’expulsion des migrants, le refus du regroupement familial. Les nouvelles lois de la police permettant d’arrêter une personne sans une décision de justice se trouvent ainsi doublement validées. Pour les Bavarois, l’AfD fait trop cosmopolite encore pour être un parti nationaliste. Chez les Freie Wähler nous trouvons des entrepreneurs locaux, des propriétaires terriens et pas des banquiers à la Goldman et Sachs comme chez l’AfD.

La victoire des Grünen, un effet de fin de régime. C’est une nouveauté dans un Land placé très à droite surtout à un moment historique de l’Allemagne où des millions de migrants sont rentrés dans le pays. Durant les élections de 2013, un an avant l’arrivée des migrants, les Grünen faisaient seulement 6,8 %. Avec l’obtention des 18 % on semble marcher sur la tête quatre ans après l’invasion migratoire. Mais ce résultat ne peut rien faire craindre des Grünen car dans le passé ce parti a montré qu’il n’était en rien écolo ou pacifiste mais plutôt un sous-marin de la politique allemande.  Son fondateur historique, Joschka Fischer, a bien été le premier à autoriser les bombardements sur un pays et des civils : la Serbie. Le parti des Grünen n’est donc pas un parti sérieux mais plus un parti politique comme au temps de la République de Weimar qui est composé de bourgeois déconnectés des réalités et de parasites parvenus comme en France pour les socialistes et les Insoumis. C’est d’ailleurs ce que Meuthen, chef de file de l’AfD, a dit dans la conférence de presse de l’AfD ce lundi matin : « Des bougeois ont voté pour les Grünen »…

Changement de politique, l’AfD pas encore prête. « Le temps pour l’AfD de diriger n’est pas encore arrivé. C’est encore trop tôt », dit Alexander Gauland dans une conférence de presse à Berlin ce lundi matin. L’AfD va enfin cependant faire son entrée dans le parlement de Bavière. La CSU sous sa forme actuelle, le SPD, les Linke, le FDP, bref les partis traditionnels, ont largement perdu ce qui prouve que nous avons affaire à un changement politique et que le slogan « Merkel muss weg » porte ses fruits. La CSU devant effectuer une alliance avec les Freie Wähler, la parole de l’AfD est assurée au sein du parlement bavarois tout comme celle du nouveau nationalisme allemand. La victoire des Grünen étant un vote protestataire, n’est que l’expression d’une bourgeoisie déconnectée des réalités qui reviendra bien vite au fait de la réalité. De toute manière, les Grünen sont aussi sous leur étiquette « Grünen » les garants d’un nationalisme à visage caché dans le pays. L’Allemagne, tout comme la Bavière, a besoin d’un tel drapeau « écolo » pour faire croire que la démocratie existe dans un pays qui n’a jamais eu une tradition démocratique n’étant pas en accord avec l’anthropologie allemande.

En outre, il est à signaler qu’une figure allemande du nationalisme va devenir un conseiller politique de Jair Bolsonaro, candidat d’extrême droite brésilien à la présidence : Götz Kubitschek. Götz Kubitschek est un publicitaire, éditeur et fondateur de la maison d’édition « Antaios » qu’il vient de vendre. Juscelino Kubitschek, le grand-père de Götz Kubitschek fut de 1956 à 1961 président du Brésil. Jair Bolsonaro se dit ravi d’avoir à ses côtés un membre de la famille de l’ancien président brésilien et un expert de la communication au sein de la droite nationaliste allemande. Le réseau nationaliste allemand s’internationalise et son modèle s’exporte.

Olivier Renault

image_pdf
0
0

6 Commentaires

  1. Les Bavarois sont des faux jetons. Comme si dans le contexte actuel l urgence était à l écologie…
    Ils en ont peut être marre d être le pays le plus polluant d Europe avec leurs centrales a charbon alors qu ils sont systématiquement cités en exemple pour les énergies vertes ?? (grosse imposture médiatique)

  2. extrême droite, nazi, raciste, sexiste, toujours les mêmes insultes tenant lieu d’argument

  3. Angela Merguez peut commencer à préparer ses valises : c’est pour bientôt ! 😀

  4. L’AFD quoi que l’on puisse dire est un sacré cailloux dans l’engrenage . Merkel restera aux commandes mais n’aura plus les pleins pouvoirs !!! il va falloir en faire des concessions pour établir un programme politique qui tienne la route

Les commentaires sont fermés.