Elections européennes : quand certains républicains privilégient les gauchistes

Une pétition fort étonnante vient de voir le jour, à l’initiative d’une revue se disant « républicaine », qui réclame la constitution de listes communes pour que le non de gauche soit représenté au Parlement européen. Partant du constat que le P.S comme l’UMP ont été et sont favorables au Traité de Lisbonne et donc à l’Europe libérale et anti-sociale qui sévit à Bruxelles, les auteurs de cette pétition se veulent pragmatiques, prônent des listes d’union de toutes les forces politiques qui, en mai 2005, ont dit non au TCE et oui à l’Europe sociale, et nomment clairement ceux qu’ils visent : les partis ou candidats de l’extrême gauche aux européennes : LCR, PCF, Bové, LO, Schivardi…
On reste pantois. Trois ans après, certains continuent de penser qu’il y aurait un non de gauche et un non de droite ??? Trois ans après, ces inconscients persistent à faire le jeu des Européistes de tout poil qui se jouent des divisions ! Ils n’ont toujours pas compris que, à droite comme à gauche, il y a consensus et URGENCE sur la disparition de la souveraineté nationale et sur les atteintes de l’Europe au modèle français issu du Conseil National de la Résistance ! Trois ans après, il y a toujours des sectaires aveugles pour refuser des tribunes en compagnie du républicain (1) authentique Nicolas Dupont-Aignan mais pour accepter celles en compagnie d’un José Bové qui passe son temps à nier la République française !!! On ne peut donc que s’étonner qu’un site qui se veut (qui se nomme) républicain appelle à des listes d’union avec les plus anti-républicains de nos concitoyens sans même, d’ailleurs, évoquer le non républicain de gauche, celui de Chevènement, celui de Mélenchon ou celui de Marie-Noëlle Lienemann … C’est fort de café !

Faut-il rappeler les œillères dommageables des eurodéputés européens qui, le 20 janvier 2000, ont refusé de voter pour une résolution demandant à la Commission européenne de se pencher sur la faisabilité de la taxe Tobin ?
Le texte a été repoussé de seulement 6 voix ! Or 4 députés LO/LCR ont voté contre ou se sont abstenus, au motif qu’ils n’étaient pas là « pour améliorer le capitalisme » (2) ou parce que la commission responsable du sujet, dirigée par Charles PASQUA – circonstance aggravante ! – ne remettait pas en cause l’objectif de stabilité des marchés financiers (3). Plusieurs députés communistes (dont Robert Hue) et socialistes n’ont pas pris part au vote. Ainsi, cette « taxe Tobin », qui aurait pu modérer la spéculation et ses effets n’a même pas été étudiée au Parlement grâce à ses plus fervents défenseurs !!! Idéologie, quand tu nous tiens … Extrémisme, quand tu nous tiens… Stupidité, quand tu nous tiens…
Et ce sont ces gens-là que la revue « républicaine » veut à nouveau promouvoir pour nous représenter !!!!
Faut-il, également, rappeler les discours antirépublicains (4) de Bové ou de Besancenot, leur complaisance pour les discours haineux des Indigènes de la République, leurs attaques systématiques contre la citoyenneté, la laïcité, la sécurité et la nation française, leurs luttes âpres pour défendre les délinquants qu’ils transforment en victimes, au mépris du simple principe d’égalité et leur défense sans concession de tous les communautarismes et du régionalisme ???
Et ce sont ces gens-là que la revue « républicaine » veut à nouveau promouvoir pour nous représenter !!!!
Faut-il, également, rappeler que Schivardi, malgré des idées intéressantes et, pour une grande partie, républicaines, roule pour le défunt Parti des Travailleurs, qui vient de se muer en Parti Ouvrier Indépendant ? Or, ce parti de lutte des classes, qui présente l’immense avantage de proposer de sortir de l’Europe, a hélas inscrit dans son Manifeste (3) cette phrase inacceptable pour un républicain respectueux de la loi, de la liberté et de l’égalité :
La reconnaissance de la lutte de classe signifie de manière immédiate que le parti ouvrier considère toute question qui lui est posée du point de vue des intérêts des exploités et des opprimés, et non d’un intérêt prétendument général.
Or, si on peut comprendre que l’on se réclame de la lutte des classes pour lutter contre les inégalités de notre société qui s’amplifient, un véritable républicain ne saurait voir renié ce qui est l’âme de la Res Publica, l’intérêt général
Ainsi ces pseudo-républicains, assoiffés d’exister dans le paysage politique montrent-ils, en initiant cette pétition, qu’ils sont prêts à toutes les compromissions, à tous les reniements, en se contentant de réclamer du social et en refusant de considérer les républicains authentiques, qu’ils soient de droite ou de gauche… Oui, mesdames et messieurs les rédacteurs, vous usurpez le nom de votre revue, elle ne défend en rien la Res Publica, la chose publique, le bien commun :
La laïcité ? Bonne à jeter. Mieux vaut un femme voilée qui a droit au RMI qu’une femme libre, qui vit dans une société qui lui procure du travail …
La sécurité ? Bonne à jeter. Mieux vaut des fauteurs de trouble qu’on aide et protège que de simples citoyens qui ont le droit de vivre en paix.
L’égalité ? Bonne à jeter. Mieux vaut des revendications identitaires, communautaristes, ethniques ou de classes sociales que des citoyens qui se valent tous.
La liberté ? Bonne à jeter. Mieux vaut des gens qui refusent de parler la langue nationale et se réfugient derrière leur langue maternelle qu’une langue officielle, canal privilégié de communication. Mieux vaut donc des régions inféodées à une Europe des régions qui fait disparaître la souveraineté nationale pour mieux imposer ses diktats que des Etats-Nations qui suivent la volonté populaire.
Bref, la République et ses lois ? Une fauteuse de trouble qu’il faudrait faire disparaître !
Honteuse. Il n’y a pas d’autre mot pour qualifier cette pétition, qui laisse délibérément dehors tous les républicains authentiques, de gauche comme de droite, qui pourraient pourtant, et je l’appelle de mes vœux ici, se réunir et s’allier pour offrir une véritable alternative, d’authentiques députés européens garants de notre souveraineté nationale et des valeurs républicaines…
Partout, des initiatives intéressantes, constructives, voient le jour et appellent à une autre Europe, voire à en sortir, ce qui est un objectif beaucoup plus crédible que de mettre les Républicains de gauche à la remorque de l’Europe en réclamant l’Europe sociale et en s’alliant avec ceux qui veulent les Etats-Unis d’Europe, donc la fin de la nation France ! On peut à cet égard consulter sur le site de Debout la République le Manifeste des Européens pour une autre Europe. (4)
On n’y évoque pas l’Europe sociale mais on fait beaucoup mieux, on donne les solutions économiques, politiques, financières, pour sortir de la crise qui nous mine et redonner ainsi les moyens à chaque pays, dont la France, de sa politique sociale.
Il faut en effet être aveugle ou stupide pour croire qu’élire quelques députés pleurnicheurs bêlant « du social » en refusant toute implication politique pourrait suffire à infléchir la situation actuelle. On peut aussi consulter l’excellente initiative du M’PEP (7) fondé par Jacques Nikonoff et quelques autres, qui vient de lancer une pétition (8), à signer d’urgence, pour  » bouger l’Europe ou sortir de l’Union Européenne » -comment, d’ailleurs, des pseudo-républicains peuvent-ils imaginer qu’un Nikonoff qui a subi les attaques et les ambiguïtés erratiques des gauchistes au sein d’Attac pourrait s’associer avec l’extrême gauche ?- D’autres, encore, se mobilisent pour que l’on sorte de cette Europe des technocrates et du monétarisme : le Parti des Travailleurs, le Comité Valmy (voir dans ce numéro de Riposte Laïque l’interview de Claude Baulieu), l’UPR etc.
Comment, enfin, pourrait-on faire cohabiter, rassemblés sur une même liste, des gens qui militent pour que l’on sorte de l’ Europe comme le Parti des Travailleurs et Nikonoff et d’autres qui accepteraient volontiers une Europe qui soit simplement un peu plus sociale ??? Autant marier la carpe et le lapin !!!
En fait, ce n’est pas en mettant du fil de fer barbelé autour d’un supposé « non de gauche », ni en courant après les gauchistes, ni en préférant Bové-Besancenot à Dupont-Aignan que les républicains qui se réclament de la gauche ébranleront ce gouvernement et ses complices de Bruxelles.
C’est dans le rassemblement de ces mouvements ou partis, qu’ils soient de gauche ou de droite que nous pourrons espérer, enfin, offrir des perspectives à ceux qui ont voté non le 29 mai 2005.
Christine Tasin
http://christinetasin.over-blog.fr
1) http://www.ripostelaique.com/Peut-on-etre-republicain-si-on-n.html
(2) Arlette Laguiller
(3) LCR
(4) http://www.ripostelaique.com/Les-republicains-doivent-attaquer.html
(5) http://www.conventionouvriereetsocialiste.com/
(6) http://www.debout-la-republique.fr/Manifeste-pour-l-autre-Europe.html
(7) http://www.ripostelaique.com/Jacques-Nikonoff-bouger-l-Europe.html
(8) http://www.m-pep.org/spip.php?article813

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