Elections invalidées : enquête sur la France qui meurt….

Publié le 3 novembre 2014 - par - 1 575 vues
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Les centaines d’élections municipales invalidées par les juges ces dernières semaines témoignent de la France qui meurt. Toussaint oblige, notre enquête plonge dans ces communes où les électeurs ne croient plus en la démocratie et ne vont plus voter, par dégoût, où certains élus « bourrent » les urnes pour assurer leur réélection, sans oublier les communes où les élections municipales sont annulées pour absence de candidat.

Pour le seul département de la Moselle, les juges viennent d’annuler les élections dans 50 communes. Etrangement, les médias nationaux n’ont évoqué, pour ce département, que le cas de demande d’annulation affectant une ville désormais tenue par le Front National. Bel exemple de désinformation.

Dans les autres régions de France, les jugements prononçant l’annulation des élections municipales sont légion, à l’image de la Haute Savoie où le maire socialo-communiste pro-mosquée Dupessey devra repasser devant les électeur à Annemasse, ou encore dans la Somme où l’élection du maire PS d’Abbeville Nicolas Dumont et de sa liste a été annulée par le tribunal administratif d’Amiens à la suite de deux recours de l’UMP et du FN. Selon le tribunal. «L’élection municipale d’Abbeville est totalement annulée au titre des deux recours, qui ont été joints, ayant fait l’objet d’une instruction commune», indique l’AFP. En effet, le tribunal administratif avait examiné le 30 septembre les deux recours en annulation de l’élection de la liste conduite par Nicolas Dumont, le maire sortant, réélu avec 51,53 % des suffrages au premier tour, face aux listes UMP de Stéphane Decayeux (27,62%) et Rassemblement Bleu Marine de Patricia Chagnon (20,85%).

Ariège : des élections annulées faute de candidat

Après Châtelus dans la Loire, gérée par délégation spéciale durant plusieurs mois, le coeur de l’Ariège est lui aussi confronté au « cimetière démocratique ». Avec des électeurs et des candidats dégoûtés, les élections municipales qui se déroulaient dimanche à Sorgeat ont été annulées faute de candidat. La commune continue d’être administrée par une délégation spéciale en attendant peut-être une fusion avec un bourg voisin. C’est du moins ce que révèle le quotidien la Dépêche, qui explique :

« Le deuxième tour des élections municipales de Sorgeat qui devait avoir lieu dimanche a été annulé par la préfecture. Comme la semaine dernière, aucune candidature n’a été déposée en préfecture. Il n’y aura donc pas de scrutin et Sorgeat se trouve toujours privé de conseil municipal suite à la démission de l’assemblée élue lors du scrutin de mars 2014 en solidarité avec l’ancien maire condamné. C’est la délégation spéciale nommée par le préfet de l’Ariège qui va continuer d’administrer. »

En 1995, le compte de campagne du PS Robert Borrel (Annemasse) déjà rejeté puis invalidé

En Rhône-Alpes, où des dizaines d’élections sont annulées, les médias nationaux et régionaux se focalisent sur Vénissieux et Annemasse, en imputant la responsabilité de ces annulations aux listes conduites par le Front National, alors que les recours dans ces villes ont été initiées par les seuls candidats UMP, qui ont été « éplucher » le statut de tous les candidats non élus des listes patriotiques, pour tenter d’obtenir l’invalidation des seuls élus FN ou RBM. Ce qui aurait permis de les écarter des débats et des dossiers municipaux. Là aussi, les juges n’ont pas été dupes, et ils renvoient tout le monde devant les électeurs.

Depuis plusieurs mois, les tribunaux administratifs Français sont surchargés, car ils doivent, après les élections municipales de mars 2014, se prononcer sur des soupçons d’infractions et de violations des règles de financement des campagnes électorales. Les juges s’appuient notamment sur les avis émis par la commission nationale des comptes de campagne et du financement des partis (CNCCFP).

Le cas 2014 d’Annemasse est particulièrement flagrant. Tous nos confrères journalistes semblent avoir oublié les antécédents de fraude de l’équipe municipale Annemassienne socialo-communiste, actuellement aux manettes de la ville, sans interruption, depuis 1977 ! En effet, à l’occasion des élections municipales de 1995, sur 4 110 comptes examinés, la CNCCFP en a rejeté 245, dont celui de la liste conduite à Annemasse, en Haute-Savoie, par le maire socialo-communiste Robert Borrel. Peu de rejets par rapport au grand nombre de communes concernées (36 000) et par rapport au nombre de comptes examinés.

En 2001, la même CNCCFP en a rejeté 140 alors qu’elle en avait examiné 3 963. Pour 2014, la commission n’a pas encore publié ses statistiques. Parmi les multiples raisons qui incitent la CNCCFP à rejeter des comptes de campagne lors des scrutins figurent notamment des paiements directs du candidat hors mandataire financier, des dépenses significatives omises, des dons de personnes physiques supérieurs au montant légalement fixé, des dépassements de plafonds, sans oublier des dissimulations et des fraudes intentionnelles.

Depuis dix jours, dans une France en plein désarroi, où nos paysans se suicident pour échapper aux huissiers, les chiffres des annulations d’élections de 1995 et de 2001 semblent multipliés par dix ou vingt et témoignent de la mort programmée de nos communes et d’une certaine démocratie locale.

Francis GRUZELLE

Carte de Presse 55411

- Les magistrats Français très pointilleux sur le financement des campagnes électorales, notamment après les élections municipales. (Photo Francis GRUZELLE)

– Les magistrats Français très pointilleux sur le financement des campagnes électorales, notamment après les élections municipales. (Photo Francis GRUZELLE)

- En cet automne 2014, les juges paraissent déterminés à trouver et à punir les fraudeurs aux municipales, en annulant les scrutins.

Après les municipales de 2014, les magistrats Français procèdent à l’annulation de milliers d’élections, dont 50 pour le seul département de la Moselle, en examinant recours et comptes de campagne.

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