Elire le chef de l’Etat n’a de sens que si la France impose chez elle ses propres valeurs

Publié le 21 avril 2012 - par - 2 039 vues
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A l’approche du premier tour de l’élection présidentielle, je ne puis m’empêcher de songer à la France et aux dangers qui menacent ses valeurs.

Ces dangers viennent des hommes, évidemment, et d’abord de ceux qui, faute de retrouver en France leurs valeurs d’origine, rejettent les valeurs de la France.

Mais à ces hommes s’ajoutent ceux qui, bien qu’approuvant nos valeurs, corroborent ce rejet par je ne sais quel angélisme : si des Français s’opposent à nos institutions, ce serait parce que notre société les a condamnés à ne pas être des Français «à part entière» !

Et nos bienpensants de soutenir ces Français qui refusent la France, en présentant cette condamnation comme l’unique vérité et ce refus comme une indignation légitime.

La conséquence d’une telle appréciation ne s’est pas fait attendre : nos valeurs se débattent désormais dans la mollesse, alors même que nous avons besoin de fermeté pour défendre Marianne, et pour la défendre par delà l’inévitable tollé général qu’une telle défense provoque, car il suffit, en ce domaine, de parler sans détour pour être voué aux gémonies !

Mais jusques à quand allons-nous tenir pareille position ? Qui, d’entre les bienpensants, osera enfin dénoncer l’incroyable «défrancisation» à laquelle nous assistons ? Et qui en souffre : les bienpensants et autres fossoyeurs de la France, ou les honnêtes gens, que les bienpensants qualifient invariablement d’«obscurs» ?

Qu’on puisse, sur le sol national, oublier ces «obscurs lumineux» qui, par le respect des lois républicaines, contribuent au rayonnement de la France, est une des fautes majeures de notre temps. Sans eux, la France serait-elle encore la France ? Aurait-elle encore sa place dans le concert des nations civilisées ?

Or, cette place est désormais comptée, comme est comptée notre civilisation. Car il ne saurait y avoir de civilisation sans êtres humains capables de soutenir majoritairement les mêmes valeurs. Toutes les civilisations savent cela. Toutes sont suffisamment fières d’elles-mêmes pour vouloir rester ce qu’elles sont. Toutes affirment clairement leur identité. Pourquoi donc la France ferait-elle exception ? En a-t-elle seulement le droit aux yeux du monde libre ?

Si la France appartient au monde libre, c’est parce qu’elle est la France. Si la France n’était plus la France, ce n’est pas la France que perdrait le monde libre : c’est le monde libre qui serait perdu !

Maurice Vidal

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