Elisabeth Sabaditsch-Wolff : Condamnée en Autriche pour avoir qualifié la relation Mahomet-Aicha de pédophile

Nous reproduisons, traduit par une de nos lectrices, Jenny Marie, l’interview d’Elisabeth Sabaditsch-Wolff, publiée sur le site Frontpage. Rappelons à nos lecteurs que cette militante autrichienne était intervenue aux Assises sur l’islamisation de nos pays, le 18 décembre 2010, à Paris. Vous lirez donc qu’elle est condamnée, dans son pays, à 480 euros, pour avoir qualifié la relation sexuelle de Mahomet et d’Aicha d’acte pédophile, d’incitation à la haine ! A noter les méthodes utilisées : une journaliste a infiltré deux de ses conférences, les a enregistrées, et les a transmises aux autorités autrichiennes…

FP : Mme Sabaditsch-Wolff, bienvenue à Frontpage Interview.

Je voudrais vous parler aujourd’hui de votre procès et savoir où il en est maintenant. Mais pour commencer parlons brièvement de vous.

Sabaditsch-Wolff : Merci Jamie.

Mon père était en poste à l’ambassade d’Autriche à Téhéran avant la révolution iranienne. J’y étais aussi, j’avais sept ans, et j’ai vécu la période pré-révolutionnaire de l’Iran, un pays magnifique avec des gens chaleureux, une nourriture merveilleuse et y skier était encore plus formidable. J’ai fréquenté l’école allemande et en général je me suis bien amusée.

Puis vint la révolution et tout a changé. Il y avait de la ferveur religieuse dans l’air, des chants, des manifestations avec des femmes vêtues de noir. Et un jour à la fin de 1978, ma mère, ma sœur et moi avons été obligées de quitter Téhéran et nous avons rejoint les milliers d’hommes et de femmes désespérés, se bousculant pour quitter le pays, la seule différence étant que nous avions un pays où retourner. Je me souviens encore de tout cela comme si c’était hier.

Je savais que tout cela était en relation avec la religion, avec l’islam. Je savais ce que signifiait « Allahu Akhbar », tout comme je savais que notre employée de maison iranienne avais mis le feu à notre maison parce qu’elle ne semblait plus beaucoup aimer nos manières occidentales. (Bien que ma mère et ma sœur fussions à la maison à ce moment-là, nous avons survécu à l’incendie.)

Mon père est rentré en Autriche juste un peu avant qu’éclate la guerre entre l’Iran et l’Irak.

Les années suivantes je côtoierai le monde islamique, parfois plus, parfois moins. Mon père était en fonction à Bagdad à la fin de 1982, donc nous l’avons rejoint pour Noël et le Nouvel An. J’ai connu la vie de l’autre côté de la guerre, le côté de Saddam Hussein. Aussi étrange que cela puisse paraître, ce dont je ne me souviens pas, c’est de l’Islam. L’Irak du début des années 1980 était un pays laïc, bien que déchiré par la guerre. Ma mère a dû entasser de la nourriture et d’autres denrées alimentaires dans ses bagages afin que nous puissions célébrer Noël correctement. Je me souviens aussi avoir assisté à la messe de Noël à Bagdad.

Après quelques années de lycée à Chicago, nous sommes retournés à Vienne où j’ai obtenu mon diplôme et je suis devenue monitrice de ski. Au cours de l’été 1990, j’ai passé trois mois à l’ambassade d’Autriche au Koweït, retournant ainsi pour la première fois au Moyen-Orient depuis 1982-83. Les souvenirs ont inondé mon cerveau, tout semblait si familier. Mais alors Saddam est revenu dans ma vie : j’étais au Koweït le 2 août 1990 lorsque l’Irak a envahi le Koweït. Jusqu’au 26 août 1990 je n’ai pas pu retourner en Autriche, mais c’est une autre histoire.

En février 1997, je suis de nouveau partie pour le Koweït, cette fois comme agent des visas à l’ambassade d’Autriche. Pendant près de quatre ans au Koweït, j’ai pu pour la première fois faire l’expérience du vrai Islam. Parce que j’étais plus âgée – j’avais une vingtaine d’années- je réfléchissais davantage sur ce que je voyais et entendais. J’ai vu et entendu beaucoup de choses, et j’ai aussi vécu beaucoup d’expériences personnelles.  

Deux exemples : tout d’abord le Ramadan. Le premier fut une sorte d’amusement, une expérience différente, quelque chose de nouveau. Le second fut pénible, surtout après que j’aie entendu les récits de harcèlement, en particulier celui contre l’époux copte de ma collègue qui fut réprimandé pour avoir léché les timbres des cartes de Noël. Le Ramadan coïncidait avec Noël à la fin des années 1990. Et le troisième Ramadan m’a contrainte à me révolter : j’avais commencé à manger des sandwiches au salami dans l’unité des visas, bien en vue des pratiquants du jeûne. Je m’en suis tirée parce que l’ambassade d’Autriche est légalement sol autrichien.

J’ai commencé à me demander : quel était l’intérêt du Ramadan ? Notre traducteur jordanien, musulman fervent et gros fumeur, souffrait beaucoup pendant le Ramadan, mais il était incapable, peut-être même pas disposé à cesser de fumer pendant le mois d’abstention. Je ne comprenais pas le but de son jeûne et de l’abstinence si rien de bon n’en sortait. Ce sentiment fut favorisé par les articles de journaux sur le Ramadan et un Q/R. Une question m’est restée pour toujours : « J’ai accidentellement avalé une mouche alors que je faisais de la bicyclette. Est-ce que mon jeûne est encore acceptable ou dois-je le reprendre ? » Incroyable.

Le second exemple concerne la relation entre Mahomet et Aïcha, relation qui m’a valu la condamnation au tribunal. Une partie de mon travail consistait à lire les deux journaux en langue anglaise. Je ne me souviens pas du sujet de l’article, mais ce devait être à propos du mariage de Mahomet avec Aïcha et de la consommation ultérieure du mariage. Je me rappelle clairement de mon choc. Je me suis levée de mon bureau et je suis allée vers notre traducteur qui était aussi mon ami et confident. J’ai demandé : « Hussein, est-ce vrai ce que je viens de lire sur Mahomet et Aïcha ? A-t-il réellement eu une relation sexuelle avec elle quand elle avait neuf ans ? Mais c’est, c’est… » Hussein m’a regardée sévèrement. « Ne reparle jamais de cela. Ne fais plus allusion à cela à nouveau. » Maintenant, il ne l’a pas nié. Il m’a juste donné l’ordre de ne jamais reparler de cela. Bien qu’à l’époque je ne le sache pas, c’était en fait l’application de la charia.

Lentement, mais sûrement, j’ai commencé à me renseigner. J’ai ouvert les yeux. J’ai vu la souffrance des hommes homosexuels au Koweït, et pas seulement les expatriés, mais aussi les Koweïtiens. J’ai vécu l’indifférence des femmes koweïtiennes envers les droits des femmes.

Mais le moment n’était pas encore venu.

Je me suis mariée et j’ai déménagé à Tripoli, en Libye, où j’ai passé une année longue et difficile. Une année de charia appliquée, des attouchements du chauffeur de l’ambassade sur ma poitrine à mon propriétaire accusant les Juifs des attentats du 11 Septembre. Et puis j’en ai eu assez et je suis retournée à Vienne.

Après je suis devenue mère, j’avais plus de temps à moi. Un livre est entré dans ma vie, un livre en allemand, mais qui a depuis été traduit en anglais. Il s’appelle « Les murmures de Gabriel » (en allemand) et il raconte l’histoire de l’Islam et de Mahomet d’après les sources islamiques, rien d’autre. Le contenu de ce livre est dévastateur. J’ai été choquée, consternée et très effrayée.

Par hasard, j’ai été invitée ici à Vienne, à une petite réunion de quartier, une table ronde sur l’islam. Je me sentais très seule en y allant, mais je ne l’étais plus quand je suis repartie. Mes connaissances sur l’islam – très limitées en comparaison de ce que j’ai acquis aujourd’hui – m’avaient valu le respect du groupe déjà organisé mais minuscule d’Autrichiens critiques de l’Islam. Depuis ce jour je n’étais plus seule mais intégrée dans un groupe de fervents partisans et défenseurs de la démocratie, des droits humains universels et de la liberté qui, comme vous le savez, sont totalement contredits par les enseignements de l’Islam.  

En mai 2007, j’ai été invitée à l’émission de radio du blog Gathering Storm. Ce que j’ai dit a dû avoir un écho aux États-Unis car à la fin de septembre, j’ai été invitée à représenter l’Autriche à la conférence Counterjihad à Bruxelles, qui eut lieu dans le ventre de la bête. Mon discours a choqué les délégués et les autres intervenants. Et par conséquent j’ai eu du pain sur la planche. Bien sûr dans ce contexte mes compétences en anglais sont utiles.

Chez nous, le Parti libéral autrichien m’a approchée au sujet des séminaires sur l’islam qui se tenaient à l’institut éducatif du parti. (Note : tous les partis politiques possèdent une de ces institutions financées par l’argent des contribuables, c’est la raison principale de la rage du gouvernement concernant mon séminaire.)  

Mes séminaires ont commencé début 2008, devant un groupe de six ou sept personnes au plus, la plupart d’entre elles membres et sympathisants du parti. Les séminaires se composaient de trois parties : « Introduction aux fondements de l’Islam », « L’islamisation de l’Europe », et enfin « L’impact de l’Islam » (la charia, la Déclaration du Caire des droits de l’homme en Islam, l’OCI, Eurabia).

Au fil du temps ces séminaires ont encore plus suscité l’intérêt des gens et en octobre 2009, plus de 30 hommes et femmes de tous horizons ont écouté ce que j’avais à dire. Les réactions de ces personnes ont presque toujours été le choc et la consternation : pour la première fois ils avaient des réponses à leurs questions ; ils ont finalement compris ce qui se passait et se passe autour d’eux, mais ils étaient également consternés parce qu’ils ont vu à quel point la doctrine du multiculturalisme et d’Eurabia étaient si solidement ancrée dans la société autrichienne. Je n’étais pas d’un grand secours. Je ne suis pas politicienne et donc je suis incapable de fournir des solutions. J’ai la responsabilité et le devoir d’informer les citoyens sur la doctrine du suprématisme islamique et ses effets désastreux sur nos sociétés libres.

A la fin de novembre 2009, j’ai été informée d’une histoire qui était sur le point d’éclater :

« Détestez l’école au sein du Parti libéral autrichien (FPÖ) ! Découvrez la façon dont l’argent des contribuables est utilisé pour semer la haine contre les musulmans ! Le conférencier a dit : « les musulmans nous haïssent, le Coran est le livre du mal »!

Qu’est-il arrivé ? Une jeune femme, journaliste, avait infiltré deux de mes séminaires en octobre et novembre, elle avait enregistré illégalement ma présentation et ensuite elle m’a dénoncée aux autorités autrichiennes qui à leur tour ont commencé une enquête officielle. L’accusation : discours de haine.

Le débordement de critiques des autorités officielles de l’Autriche fut incroyable. Du vice-chancelier au grand rabbin, d’un évêque de haut rang aux chefs de parti : mes déclarations – toutes sorties de leur contexte – ont été condamnées de toutes parts. J’ai même été comparée à Ben Laden par un fonctionnaire musulman. Pas un de ces soi-disant dirigeants n’a pris la peine de me demander des précisions. Je devais être vilipendée, mes déclarations devaient être condamnées, pour deux raisons. Premièrement, j’ai donné ces séminaires au Parti de la Liberté, la « droite xénophobe » et deuxièmement, le contenu des séminaires décrivait l’islam.

FP : Parlez-nous de votre procès et dites-nous où il en est maintenant.

Sabaditsch-Wolff : Pour faire simple, j’ai été déclarée non victime. Le 20 décembre 2011, ma condamnation pour le dénigrement d’une religion reconnue légalement a été confirmée par la juridiction supérieure.

Vous pourriez me demander quelle était la raison de cette condamnation ? Eh bien, au cours de mes séminaires, j’ai mentionné l’asphyxiante directive de l’UE « Décision-cadre sur la lutte contre le racisme et la xénophobie », et afin d’illustrer mon propos, j’ai raconté au public une conversation avec ma sœur croyant qu’on devrait trouver un mot différent pour les actes de Mahomet avec Aïcha. J’ai dit : « Comment peut-on nommer ce qu’il a fait, si ce n’est de la pédophilie ? » Et cette phrase m’a condamnée, car je suis autorisée par la loi à dire que Mahomet avait des relations sexuelles avec une jeune fille, mais je ne peux pas qualifier ce comportement car c’est jugé « excessif » et par conséquent dénigrant. L’Etat autrichien a créé un crime sans victime et un criminel sans une seule victime.

Le procès est maintenant officiellement terminé. Il n’y a qu’une seule façon de faire appel, c’est de porter l’affaire à la Cour européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg. Mais cela va coûter beaucoup d’argent et prendra beaucoup de temps (6-8 ans au minimum).

FP : D’accord, donc qu’est-ce qui va se passer ? Allez-vous faire appel, aller en prison ? Dites-nous quelles sont les options et ce que vous allez faire.

Sabaditsch-Wolff : Il serait douteux de spéculer pour le moment sur les options car je dois attendre le verdict écrit et l’analyse et les suggestions de mon avocat. Donc je ne peux rien faire tout de suite, mais attendre et voir. Cependant c’est un fait, je peux avoir à payer les 480 € d’amende.

FP : Ah je vois, ok, je vais garder des questions à ce sujet pour notre prochaine interview et les développements qui s’ensuivent.

Ainsi, dans le contexte de tout ce que vous avez partagé avec nous, que pensez-vous des perspectives pour la liberté d’expression en Autriche ? Pour le reste de l’UE ?

Sabaditsch-Wolff : Il n’y a pas de liberté d’expression en Autriche ou dans l’UE. Je ne sais pas combien de vos lecteurs sont au courant d’une directive européenne qui limite fortement la liberté d’expression.

Une étape importante dans cette tendance inquiétante totalitaire a été atteinte le 28 novembre 2010, lorsque les États membres de l’Union européenne ont été mobilisés pour mettre en œuvre une disposition légale à consonance anodine, connue sous le nom de « Décision-cadre sur la lutte contre le racisme et la xénophobie », ou plus précisément, la « Décision-cadre du Conseil 2008/913/JAI du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal. » Selon le dernier article de la Décision-cadre, « les États membres prennent les mesures nécessaires pour se conformer aux dispositions de la présente Décision-cadre avant le 28 novembre 2010. »

Pourquoi est-ce important pour la cause de la liberté d’expression en Europe ?

Si vous lisez le texte intégral de la Décision-cadre (qu’on peut trouver dans la section de la législation du site web de l’UE), vous apprendrez que « Chaque État membre prend les mesures nécessaires… pour s’assurer que les comportements intentionnels suivants soient punis. » Tel « acte intentionnel » inclut « un comportement qui est prétexte à mener des actions contre un groupe de personnes ou un membre d’un tel groupe défini en référence à la race, la couleur, l’ascendance ou l’origine nationale ou ethnique ».

Basé sur ce qui est arrivé récemment à Geert Wilders et à moi – et antérieurement à Gregorius Nekschot, Jussi Halla-aho et de nombreux autres – nous pouvons tous deviner qui sera puni conformément à cette disposition de la Décision-cadre : ceux qui critiquent l’islam.

Jamie, ce sont les méthodes d’un État totalitaire. Elles ont plus de réussites que celles des nazis, des fascistes et des communistes parce qu’elles sont accomplies calmement et pacifiquement, sans avoir besoin de camps de concentration ou de goulags ou de fosses communes ou de la balle dans le bas de la nuque au milieu de la nuit. Ce sont des frappes chirurgicales exécutées via nos systèmes juridiques et elles sont très efficaces. Entre la punition sommaire menée contre Théo Van Gogh et la Décision-cadre appliquée par nos tribunaux, il n’y a pas de place de manœuvre pour nous.

Nous sommes systématiquement réduits au silence.

FP : Comment répondent les Autrichiens ordinaires à ce genre de choses que vous dites dans vos séminaires ?

Sabaditsch-Wolff : Ils sont choqués et consternés. Ils se sentent impuissants et souvent désespérés.

FP : A quoi Vienne ressemblera dans 20 ans selon vous ?

Sabaditsch-Wolff : Même aujourd’hui, la ville de Vienne est complètement différente de la ville que j’ai quittée en 1997 quand je suis partie pour le Koweït. A l’époque, il n’y avait guère de femmes en hijab, alors qu’aujourd’hui on peut les voir partout et en grand nombre. J’ai vu trop de jeunes filles en hijab, parfois plus jeunes que ma fille.

Il y a des zones à Vienne où un non-musulman autrichien sentirait qu’il est très mal accueilli. Le taux de criminalité a grimpé en flèche, le plus souvent les auteurs sont « turcs » ou « tunisiens » ou « bosniaques » d’origine. Alors qu’au début les médias ne rapportaient pas leur origine, de nos jours presque tous le font. Et encore, les politiciens choisissent toujours d’ignorer cette situation, appelant à encore plus d’intégration (c’est-à-dire plus d’argent de contribuables). Le mantra est le suivant : l’intégration peut et doit avoir lieu et la clé c’est l’éducation. Seule l’éducation aidera ces pauvres émigrés. Seule une plus grande bienveillance les aidera. Seul davantage de cours de langue turque les aidera.

J’imagine une ville gouvernée par un maire turc où les Autrichiens sont en minorité et où la charia est strictement appliquée. Les tendances actuelles vont dans ce sens et l’indifférence de la population indigène à la situation rend ce scénario possible.

FP : Mme Sabaditsch-Wolff, merci d’avoir accordé une interview à Frontpage.

Nous sommes tous derrière vous, mon amie. Merci d’être une telle héroïne, courageuse et noble et une combattante de la liberté dans notre monde moderne. Nous vous souhaitons la force, la persévérance et la chance dans la lutte à venir.

http://frontpagemag.com/2011/12/26/the-persecution-of-elisabeth-sabaditsch-wolff/

Traduction par Jenny Marie

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