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Elle n’a pas vu de voiles en France : de Fontenay travaille du chapeau !

Il n’y a pas de voiles en France.

Qui donc tient de tels propos ? Quand ça ? Où ça ?

Un malvoyant, peut-être.Un expatrié de longue date en Terre de Feu ? Un adepte à temps plein du naturisme ? Un ermite ? Un cénobite ?

Rien de tout cela. C’est une spécialiste qui nous le dit. La dame au chapeau en personne. J’ai nommé Geneviève de Fontenay, dans l’Heure des Pros, l’émission de Pascal Praud du 20 avril sur CNews.

Nul n’envisagerait de remettre en question les compétences de cette dame dans le domaine de l’élégance et de la féminité, sans rien céder à l’impudeur ou à la vulgarité ; Geneviève de Fontenay n’avait pas apprécié qu’une Miss France ait, dans le passé posé pour des photos à connotation pornographique, et cela pouvait se concevoir. Plus récemment, elle a critiqué le bikini très échancré des candidates qui frôlait l’exhibitionnisme. C’est un point de vue défendable.

Mais s’agissant du voile ou plutôt de son absence dans l’espace public, on est en droit de s’interroger.

Que sont donc ces tissus  qui fleurissent dans nos rues et indiquent aux passants, qui n’en demandent pas tant, que la personne est musulmane ?

Eh bien, ce ne sont pas des voiles.  Ce sont des foulards ou encore des turbans.  Nuance ! Un sacré distinguo que Geneviève s’empresse de nous apprendre à discerner.

Le foulard, assure-t-elle, est un accessoire de mode, un ornement, un signe de coquetterie, destiné à mettre l’ovale du visage en valeur. Le turban est une coiffe élégante, portée même par des prêtresses de la haute couture. Tout comme la jeune fille, si belle, …là.  Geneviève de Fontenay veut certainement parler de Mennel, la candidate enturbannée de The Voice.

Le voile, lui, cache le visage. Et Geneviève d’accompagner ses dires d’un geste de la main passant devant le visage comme pour évoquer le voile intégral que l’on peut voir dans certains pays musulmans ou comme en portaient nos aïeules mais exclusivement aux enterrements des membres les plus  proches de leur  famille… En signe de deuil, justement.

A ce compte-là, notez bien, Simone de Beauvoir portait le voile sans le savoir. Et pourtant, n’est-elle pas un des piliers fondateurs du féminisme ! Comme quoi, cella n’empêche pas.

Ouf ! Nous sommes soulagés. Nous voyons s’éloigner définitivement la menace d’un choc – pire, d’un conflit – inter-civilisationnel.

Nous nous étions inquiétés pour rien. Ce n’était qu’un malentendu sémantique.

Florence Labbé