Emmanuel Macron ou l’ignorance de l’histoire de France et d’Europe

M. Macron est un brillant économiste dont le Dieu est le commerce international. Il a sans aucun doute été mal conseillé par des libéraux sans culture historique. Il faut dire à M. Macron de faire un peu d’histoire.
Dans « Une histoire de la marine de guerre française » publiée en 2016 aux éditions Perrin, l’amiral Rémi Monaque rappelle les conditions dans lesquelles s’est déroulée la « prise d’Alger », moment inaugural de ce crime contre l’humanité.
Depuis des siècles, rappelle cet historien, les puissances barbaresques razzient les côtes des Etats européens, elles s’emparent de leurs navires de commerce et accessoirement, elles mettent en esclavage des milliers de chrétiens. C’est une ancienne coutume : Cervantès a passé quelques années dans les geôles d’Alger…

Face à ces pratiques tout de même contestables, les trois puissances maritimes que sont l’Espagne, la France et l’Angleterre sont intervenues fréquemment auprès du Maroc – Etat indépendant- et des trois régences d’Alger, Tunis et Tripoli, qui dépendent nominalement de l’Empire ottoman. Cela, c’est la diplomatie… En vain.

La réponse suivante est la réponse par les armes. La dernière expédition d’envergure pour mettre un terme à l’esclavage des chrétiens dans les trois régences est conduite le 27 août 1816 par lord Exmouth, mandaté par le congrès de Vienne. Les deys de Tripoli et de Tunis acceptent de libérer leurs captifs sans résistance. Celui d’Alger ne s’y résout qu’après un bombardement d’une rare violence, qui détruit les navires corsaires présents au port et met le feu aux entrepôts.
Mais les pratiques de piraterie sont trop lucratives pour cesser.

Les accords passés avec la Sublime Porte confèrent à la France un statut de protectrice des chrétiens d’Orient et mettent théoriquement ses côtes et ses navires marchands à l’abri des entreprises turques et, à un moindre degré, de celles des trois régences. Depuis l’Empire, elle a des liens commerciaux avec une Algérie grande productrice de blé : elle se montre peu regardante sur les activités des corsaires algérois.

Financés par des emprunts contractés auprès du dey par l’intermédiaire de négociants juifs de Livourne, le remboursement des achats de blé faits dans les régions de Bône et de Constantine donne alors lieu à des tractations interminables. La crise devient aigue.
Que dit l’opinion publique sur la question d’une intervention militaire ?
Depuis la lutte des populations grecques pour leur indépendance, – on se souvient des « massacres de Chio », popularisés par la poésie de Victor Hugo – l’opinion publique européenne se montre très favorable à l’éradication de l’esclavage en Méditerranée. En Angleterre, Sydney Smith, amiral britannique connu pour sa participation aux guerres de la Révolution et de l’Empire, mène une véritable croisade en faveur de cette cause.

Un parallèle s’établit alors entre l’abolition de l’esclavage des Noirs et celui qu’il faut accomplir en Afrique du Nord au profit des Blancs. L’idée d’une intervention française en Algérie rencontre en France la double approbation des ultras, partisans d’un retour à l’Ancien Régime, et celle des libéraux, favorables à des réformes « progressistes ». A l’étranger, la gauche européenne, avec Simonde de Sismondi (1773-1842), penseur de nationalité suisse (que Lénine qualifiera de socialiste romantique), lui donne sa bénédiction : la France, libératrice des États-Unis, génitrice de la république d’Haïti et rédemptrice de la Grèce, avait particulièrement vocation à « ramener la civilisation dans la patrie de saint Augustin ».

Le mythe d’une Afrique du Nord très riche et très mal mise en valeur vient soutenir le désir de doter la France de nouvelles colonies, et lui éviter de se voir devancée par l’Angleterre. Sans parler au niveau strictement politique, du désir du dernier gouvernement de Charles X de redresser par un succès militaire une situation intérieure très compromise.
C’est dans ce contexte que va se dérouler la « prise d’Alger ».

Peut-être que la lecture de cette page d’histoire ramènera M. Macron à une vision plus claire de ce qu’est un crime contre l’humanité. Oserais-je lui donner un exemple récent : le génocide des chrétiens d’Orient….

J’espère accessoirement fournir aussi la preuve éclatante que la culture française – dont la culture historique est l’un des constitutifs – existe bel et bien, quoi qu’en pense ce présidentiable inculte.
La guerre d’Algérie, comme toute guerre, est désolante, navrante, c’est une triste page de notre histoire. Certainement pas un crime contre l’humanité.
A ce propos, l’esclavage des chrétiens, c’est quoi alors pour M. Macron?
Un effet collatéral peut-être…

Laure Fornes

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7 Commentaires

  1. Manipulateur au service de la finance apatride qui le propulse
    Activiste antifrançais forcené prêt à tout pour réussir à nous berner
    Criminel de paix nous préparant la guerre avec l’islam à travers ses propos
    Racaille en col blanc se reniant d’un jour sur l’autre par exemple avec Bayrou
    Ordure patentée insultant les rapatriés d’Algérie et leur passé
    Nullité absolue concernant l’Histoire de France et sa culture.

    Voilà ce qu’il est, ce misérable petit dandy prétentieux à qui, comme pour Valls, beaucoup de Français aimeraient administrer les baffes qu’il mérite…

    Et j’espère que cela va lui arriver, sous une forme ou une autre, très prochainement.
    Et qu’enfin il retourne d’où il vient et finisse dans la poubelle de l’histoire.

  2. Pendant longtemps l’Europe a tenté des expéditions pour faire cesser les raids des corsaires. Dès 1505 Diégo Feernandez de Cordoba occupe Mers-el-Kébir puis Oran en 1507. puis sur l’îlot en face d’Alger et à Bougie et Tripoli. En 1541 une tentative de Charles Quint contre Alger échoue. En 1582 et 1583 Louis XIV fait, mais en vain, bombarder Alger par Duquesne pour faire cesser les raids barbaresques. Comme 130 américains ont été capturés en tre 1785 et 1793 la jeune amérique entre en guerre contre Tripoli puis en 1816. En 1816 l’expédition maritime anglo hollandaise de Lord Escmouth arrive à faire cesser momentanément les raids. En 1818 au Congrès d’Aix la Chapelle les grandes puissances européennes

  3. suite
    évoquent la nécessité de mettre fin une fois pour toutes au fléeau et Chateaubriand appelle la France à prendre la tête de ce combat. La France mandatée par le congrès tente la négociation mais le refus d’excuse pour le coup d’évantail entraine un ultimatum au dey en juin 1827 puis un blocus jusqu’en 1830. Après une bataille navale l’armée française débarque à Sidi-Ferruch en jun 1830.

    • Vincent-Yves Boutin (né en 1772 à Le Loroux-Bottereau près de Nantes, France – mort en août 1815 en Syrie) était un colonel français du génie de la Grande Armée durant le Premier Empire. Par ailleurs il remplit plusieurs missions d’espionnage en Afrique du Nord, dont une à la régence d’Alger en 1808 qui servit de plan d’invasion posthume lors de la conquête de l’Algérie par la France en mai 1830.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent-Yves_Boutin

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