Chouchou d’Oumma.com, Emmanuel Todd accumule les pires énormités sur l’islam

Amis de toutes conditions, opinions, origines et croyances, je vous invite à subir jusqu’au bout le concentré de désinformation que Monsieur Emmanuel Todd, historien, réussit à faire tenir dans ce quart d’heure d’entrevue accordé au site Oumma-TV. En question, une tentative d’explication de l’islamophobie dont souffre si atrocement une population victime de la mondialement célèbre xénophobie française.

Si vous n’avez jusqu’ici qu’une notion encore imprécise de la manière dont on peut trafiquer la réalité pour s’en faire un dogme imposable aux ignorants, vous serez, mieux que par un quelconque stage d’immersion, formés à la méthode. En seize minutes très exactement.

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Voilà. On respire un bon coup, on se sert un verre et on essaie de comprendre.

L’accumulation des contre-vérités, des approximations et des amalgames mixés par Monsieur Todd, le flou artistique dans lequel il noie son argumentation jusqu’à avouer qu’il est capable de dire le contraire de ce qu’il a énoncé quelques minutes auparavant, sont tels que l’on se demande par quel bout prendre un pareil salmigondis. Je choisis donc l’aléatoire, le picorage ici et là dans le brouet, la fantaisie du spectateur quelque peu sonné tout de même.

Monsieur Todd n’a jamais vu de burqa en France. De deux choses l’une, soit il souffre d’amblyopie, ce que je ne lui souhaite pas, soit il vit dans un monde, un quartier, un immeuble où pareils fantasmes ne pénètrent qu’à travers les reportages sur Ryad, Kaboul ou Doha. Monsieur Todd n’a donc jamais mis les pieds, oh, pas très loin de Paris, à la CAF d’Aubervilliers ou à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Plus près de lui encore, il ne s’est jamais offert une sortie de mosquée du côté de Barbés où, comme nul ne l’ignore, ces dames vont à l’office en chapeau à plume et sportwear de chez Balanciaga, histoire de marquer le coup à la saison de la chasse. Monsieur Todd n’est pas très regardant sur le vêtement féminin même s’il vit, je pense, dans un quartier où l’élégance se paie cher et se montre.

Monsieur Todd, historien, associe dans un crachotant anathème l’islamophobie et l’arabophobie. J’en conclus que notre histrion  a manqué un certain nombre d’épisodes, notamment celui de la chrétienté d’Orient dont subsiste, une épée au-dessus de la tête, un reliquat parfaitement arabe et néanmoins disciple de Jésus, de ses Apôtres et de leurs Évangiles, ceci dans des pays nommés Liban, Égypte, Irak, pour ne citer que les plus représentatifs. Les Français croyants, et les autres aussi s’ils le désirent, seront satisfaits d’apprendre qu’en sus de leur aversion pour l’Islam, ils éprouvent une haine tout aussi profonde pour leurs frères arabes non-musulmans du Levant, mais tant qu’on y est, autant haïr tout le monde, c’est tellement plus simple.

Être islamophobe, c’est être anti-Français, nous assène l’oracle. Foutre! Ca n’est pas rien dites donc. Et quel raccourci vers les christianophobes, depuis toujours assez nombreux je crois dans ce pays, ainsi cloués par affinité phobique au pilori de l’anti-France et puis aussi gare aux judéophobes, aux bouddhaphobes, enfin, je suppose, si je suis la logique du récitant. Par extension, gare enfin aux agoraphobes, aux claustrophobes, aux microbophobes et autres phobes, eh, Monsieur Todd, c’est le pays tout entier que vous aller ostraciser!

Du calme. On est dans le grand souffle de  l’Histoire, là.

Au détour d’un nuage de vapeur supposé charmer la muette qui lui tend son micro, Monsieur Todd, dont on peut se demander s’il s’est rendu compte qu’il avait quelqu’un en face de lui, nous informe que les classes supérieures, frustrées d’avoir si rapidement refoulé le christianisme dans les catacombes de l’Histoire, se sont tournées tout naturellement vers les musulmans pour assouvir leur vilain instinct de destruction. Monsieur Todd appartenant,  par sa culture (historique notamment) et son aura médiatique, à cette caste-là, nous voyons apparaître chez lui une étrange tendance schizoïde, peut-être liée à un état dépressif transitoire, et dont nous souhaitons sincèrement qu’il sorte le plus rapidement possible.

Comme thérapie, plutôt que les hôpitaux psychiatriques où l’on sent que Monsieur Todd abriterait volontiers ces foutus islamophobes qui tant le contrarient, nous conseillons à notre Lumière nationale un séjour dans un de ces faubourgs colonisés d’où le Droit se retire, abandonnant derrière lui un prolétariat devenu minoritaire, confronté désormais à ce qui usurpe son nom et bientôt se revendiquera charia, glaive d’Allah ou autre terre d’Islam. Monsieur Todd voudrait nous faire croire que ces endroits classés « quartiers populaires » par la bien-pensance, sont encore bercés par les refrains de Maurice Chevalier, les goualantes de Fréhel, dans les dessins de Poulbot et les photos de Doisneau d’une France et d’un Paris immuables. Je me dis que Monsieur Todd pense vraiment cela. Partant, et dès lors que les cris « Tuez les Juifs! », « Égorgez les Juifs, Allah Akbar! » proférés il y a peu dans les rues de sa ville ne sont manifestement pas parvenus jusqu’à lui, j’écris qu’il a pour de bon besoin d’autre chose que d’un simple ophtalmo.

Et lorsque nous apprenons bouche bée que là comme ailleurs, le Ramadan n’est plus qu’une pratique résiduelle vidée de son contenu religieux, la certitude nous vient dans un premier temps que passé ce cap de l’Histoire revisitée, Monsieur Todd déconne à plein tuyaux. Ou alors l’historien athée nous annonce-t-il sans le dire sa prochaine conversion. Plus sérieusement et parce que Monsieur Todd ressemble à tout sauf à un déconneur, il est permis d’affirmer, devant une telle contre-vérité, que par une sortie de ce calibre, il entre en désinformation comme on entre en guerre, que son discours colle comme un baiser de mort à celui des agents qui nous vantèrent Staline, Mao, Pol Pot, Mengistu et quelques autres tenants du bonheur universel, et que la takyia chère aux stratèges du Prophète est devenue pour lui le moyen de faire triompher une cause à laquelle je prétends qu’il adhère aujourd’hui.

On ne rit plus. Et pourtant! Ce quart d’heure à conserver dans l’azote liquide jusqu’à l’extinction de l’humanité nous réserve son meilleur pour la fin. « Bon Dieu mais c’est bien sûr! » eût soudain lancé l’inspecteur Bourrel. Le vrai coupable, l’instigateur criminel de l’incompréhension entre les gens, l’assassin du vivre-ensemble, c’est l’assimilation trop rapide des immigrés qui a fait exploser leur système familial. Si j’ai bien compris, l’Islam, assimilé par la même occasion à marches forcées, est haï par ceux-là mêmes qui avaient réussi ce prodige républicain.  Et qui lui en veulent encore de s’être si gentiment plié à la règle commune!

Bon. Vous avez vu et entendu comme moi. Que dire de plus? Ceci : s’il demeurait un doute sur les raisons de la vibrionnante autant que tranchante et parfaitement intolérante logorrhée de Monsieur Todd, sur son désir de dégommer les valeurs essentielles qui fondent notre société et sur son approche collaborationniste de l’offensive déclenchée contre elles depuis une trentaine d’années, il est levé.

Alain Dubos

 

 

 

 

 

 

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