Emmanuel Todd n’a jamais vu une burqa de sa vie et voit dans l’islamophobie un problème psychiatrique…

Publié le 8 juillet 2011 - par - 989 vues
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Emmanuel Todd passe beaucoup de temps auprès du site islamique Oumma-TV en ce moment. Une première interview-vidéo a été mise en ligne par Enquête et Débats :

Emmanuel Todd : Je lutte contre l’idée très française que la religion et la démocratisation sont opposées.

Voici une seconde vidéo. Todd, décidément en pleine crise de mysticisme, y est encore interviewé par Oumma.com. Ils ne peuvent plus se passer l’un de l’autre !

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Mais commençons par nous intéresser à la « journaliste », actrice de cette interview au moins autant que Todd. De sa petite voix flûtée, elle nous déverse des propos d’une haine tranquille, sûre d’elle, sûre de d’être pas du racisme puisqu’elle vise des Européens :

 » A l’heure où l’Europe semble rattrapée par ses vieux démons que sont le populisme et la chasse aux sorcières en l’occurrence contre les musulmans, comment expliquez-vous l’ampleur de l’ islamophobie auprès d’une certaine élite française et surtout la manière dont elle frappe avec autant de violence ? »

Plus tard, elle dira :

« L’histoire se reproduit inlassablement, reproduit les mêmes schémas ; certains disent qu’une victime en l’occurrence juive a été substituée à une autre. »

On dit parfois que le racisme consiste à essentialiser l’autre, à lui prêter une personnalité négative, mais surtout permanente. C’est bien ce que fait notre journaliste. Le populisme, perçu négativement, la chasse aux sorcières, sont présentés par elle comme des « vieux démons » qui appartiendraient en propre à l’Europe. Comme s’il n’y avait pas eu de chasses aux sorcières ailleurs. Et comme si les bûchers de sorcellerie brûlaient encore en Europe. Comme si nous étions des nazis. On a envie de demander à cette dame de réviser son histoire : la France n’a pas produit le nazisme, mais elle en a été victime , et la collaboration islamo-nazie a été un phénomène important (voir le dossier à télécharger sur le site de l’Observatoire de l’islamisation).

Nous sommes donc, au mépris de toute vérité, portraiturés en nazis, sournoisement, sans que le mot soit prononcé, grâce à l’expression « vieux démons » et à la comparaison avec les juifs. Nous sommes mêmes des nazis éternels, cycliques, puisque l’histoire reproduit les mêmes schémas. Nous sommes comme l’essence du nazisme.

Les vieux démons se voient attribuer une sorte d’immortalité. Ils sont toujours là, même quand ils dorment. Quand ils lâchent une victime, c’est pour mieux en guetter une autre. Ils ne disparaissent pas. Ils changent simplement de forme et de cible. On dirait qu’ils sont l’essence de l’Europe.

Todd commence par la contredire un peu. Même lui se rend compte qu’elle fabule ; il accroche sur le mot « violence » et sur la comparaison avec le nazisme :

« Violence … »

Todd n’en dit pas plus sur « violence ». Il se contente de prononcer le mot d’un air dubitatif, avec des points de suspension sans la voix. Alors, dans ma tête, je complète. A cette donzelle qui nous parle de la violence de l’islamophobie, j’ai envie de lui demander : où sont les morts côté musulman ? où sont les blessés ? où et quand avez-vous observé une ratonnade ?

Todd poursuit :

« Pour les comparaisons historiques, je dirais pas que c’est les vieux démons ; c’est assez nouveau ; c’est pas la même chose que l’antisémitisme … ça peut pas marcher comme ça. »

Non, ça peut pas marcher comme ça. Quand on est, comme lui, historien (il sait nous le rappeler) on ne mélange pas les périodes historiques de façon sauvage.

Mais il finira par lui concéder quelque chose, sans même qu’elle ait eu besoin d’insister, par simple emballement de son propre discours.

Car il s’est lancé dans une grande théorie historico-métaphysico-psychiatrique, qu’il découvre lui-même en même temps qu’il la formule, et on ne l’arrête plus :

« L’ islamophobie c’est une maladie de l’âme »

Pour lui, elle vient du « vide religieux » qui s’est produit en France quand le catholicisme s’est effondré. Depuis, les Français deviennent dingues à être toujours confrontés au vide, et ils grossissent des problèmes infinitésimaux :

« Il y a une interprétation métaphysique ou même psychiatrique ; le nombre de burqas … quand même, j’ai pas souvenir d’en avoir vu une dans mon existence en France ; les mecs qui s’agitent autour d’un problème qui n’existe pas, les hôpitaux psychiatriques en son remplis … »

D’avoir trouvé cette idée de folie le relance sur le nazisme. Finalement oui, puisqu’il y a ce point commun  de sociétés devenues folles par vide spirituel, on peut, contrairement à ce qu’il  disait au départ, faire une comparaison avec le nazisme :

« Alors là d’accord ;  le nazisme a existé … des sociétés qui deviennent folles … vous voyez j’ai changé mon interprétation ;  il y a tout à fait un rapport et d’ailleurs on aurait retrouvé, à l’époque du nazisme, un phénomène de vide métaphysique dans les milieux protestants. »

Son mépris des autres éclate :  » Les islamophobes ont déjà perdu » ; « Sarkozy a été élu par des vieux apeurés ».

Pour lui, donc, pas de problèmes (autres que spirituels, métaphysiques et psychiatriques) :

« Au niveau pratique religieuse, le nombre des gens classés comme musulmans en France est à peine supérieur à celui des gens classés comme chrétiens. La pratique religieuse est extrêmement basse ; il y a la pratique résiduelle du ramadan et des résistances en termes de pratiques alimentaires mais qui, pour un anthropologue » (car il est aussi anthropologue »), « ne sont même plus religieuses ».

Non, ces pratiques ne sont pas ou peu religieuses ; elles sont politiques et c’est bien là le problème !

A ces emballements, s’ajoute une arrogance incroyable. Todd est historien ! Todd est anthropologue ! Todd fait le psychiatre ! Todd fait le curé inquiet du vide spirituel !

Malgré les apparences, Todd, entre les deux vidéos, a fait un petit pas vers l’humilité. Dans la première, on l’entendait dire :

« Le problème, quand on a fait des prédictions réussies … »

Au fond, sa modestie l’empêche de trop le dire, mais on s’en rend compte quand même : Todd est prophète !

Léonidas

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