En 2007, triomphant, Sarkozy annonçait la fin du Front national

Publié le 26 février 2015 - par - 1 495 vues
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VASarkozyOn se souvient du Nicolas Sarkozy triomphant, qui, au lendemain de sa victoire en 2007, clamait haut et fort qu’il n’y avait plus de Front National. Et en effet, bon nombre d’électeurs de ce parti s’étaient laissé abuser par son discours musclé et ses postures de chef à poigne. Mais tout cela ne fut qu’illusions et salades de bonimenteur. En réalité, Nicolas Sarkozy a été le plus laxiste des présidents en matière d’immigration, de naturalisations, de régularisations et de lutte contre l’insécurité. Un contre modèle d’autorité et de fermeté vis à vis des voyous et délinquants en tout genre. En cinq ans, l’autorité de l’Etat s’est littéralement effondrée, abandonnant des pans entiers de la République aux caïds des banlieues qui font régner leur propre loi.

Il ne faut donc pas s’étonner qu’en 2015 le FN soit devenu le premier  parti de France, tant les citoyens ressentent le besoin d’un pouvoir fort, seul capable de restaurer la sécurité  et de défendre leur identité, leur culture, leur histoire, tout un héritage trop souvent bradé par des élites qui méprisent le peuple.

Et le FN restant la bête noire de l’UMP, bien avant l’insécurité ou  la montée des communautarismes qui lézardent la société, la priorité de Nicolas Sarkozy est donc d’attaquer la crédibilité de Marine Le Pen. Programme qui ne manque pas de sel, avouons le, de la part d’un ex président qui a échoué sur tout et qui voudrait nous faire croire qu’il a changé et qu’il fera en 2017 ce qu’il n’a jamais eu le courage de faire en 2007, quand tout était plus facile !

Entendre Brice Hortefeux nous affirmer que le programme de Marine Le Pen aboutirait inéluctablement à l’isolement de la France et à l’appauvrissement des Français en dit long sur la bonne foi de l’UMP.

Rappelons que ce sont les pays hors de la zone euro qui s’en sortent le mieux depuis douze ans. Rappelons à monsieur Hortefeux, qui semble fâché avec les monnaies, qu’une dévaluation de 20% n’entraîne pas un  appauvrissement d’autant. L’euro vient de perdre 20% par rapport au dollar et au franc suisse, est ce la disette en France ? On importe moins et on exporte plus, c’est tout. Si tous les économistes plaident pour une baisse de l’euro trop fort, ce n’est pas pour appauvrir la zone euro !

Avant d’attaquer la crédibilité de Marine Le Pen qui n’a jamais gouverné et n’est donc aucunement responsable du pétrin où l’UMPS a enfoncé  la France, la droite serait bien avisée de faire le bilan de ses échecs, lesquels ont porté le FN à 30% des intentions de vote. Car c’est ça la vérité. Si Nicolas Sarkozy avait fait le travail pour lequel il a été élu, nous n’en serions pas là.

Ce que veulent les Français c’est une rupture totale avec la culture de l’échec, avec les recettes éculées qui ont mené au désastre. Et ce n’est pas en  faisant de la désinformation sur ses adversaires que Nicolas Sarkozy redorera son blason. Il eu sa chance, il l’a gaspillée en ne s’intéressant qu’à l’Europe et à la politique étrangère, abandonnant les Français à leurs problèmes quotidiens. Ils ne l’ont pas oublié. On n’attrape pas les électeurs en les méprisant.

Jacques Guillemain

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