En affirmant l'égalité des sexes dans l'islam, une conseillère de l'ONU porte atteinte à toutes les femmes !

Selon Nafis Sadik, Conseillère spéciale du Secrétaire général de l’ONU, l’islam accorde les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes !

Pas mal, non ?

En tout cas, voilà qui va plaire aux apôtres de la cécité volontaire… et déplaire aux musulmans épris de justice divine : les premiers seront ravis qu’une personnalité de haut rang puisse faire allégeance à l’islam ; les seconds seront furieux qu’une «voix autorisée» – qui plus est une «femme» ! – puisse contrevenir de la sorte à la religion de Mahomet. Car enfin, que dit le Coran, sinon que «les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci» (4 : 34) ? Que dit-il d’autre en ce domaine, sinon que les femmes sont inférieures «dans leur intelligence» et même «dans leur religion» (sic) ? «Est-ce que, lorsqu’elles ont leurs menstrues – demande le Prophète – les femmes ne cessent pas de prier et de jeûner ? Certes (répondent les femmes). Eh bien (conclut le Prophète), c’est à cause de l’infériorité de leur religion» (Hadith 6 : 6).

Cette infériorité ontologique se retrouve dès qu’il s’agit d’héritage («Dieu vous commande, dans le partage de vos biens entre vos enfants, de donner au fils mâle la portion de deux filles» – Coran 4 : 11) ; ou lors d’un procès : «À cet effet, choisissez deux témoins parmi vous de sexe masculin ou, à défaut, un homme et deux femmes» (Coran 2 : 282). Elle se retrouve aussi dans la polygamie (Coran 4 : 3), et permet même à l’homme (et à lui seul, évidemment !) d’avoir des esclaves sexuelles (Coran 4 : 24, et 33 : 52).

Qui faut-il donc croire ? Nafis Sadik et sa conception «humaniste» du Coran, ou Aïcha, l’épouse favorite de Mahomet, qui connaissait suffisamment le Prophète pour lui lancer tout de go : «Tu nous as faites égales aux chiens et aux ânes» (Muslim 4 : 1039) ?

Or, cette question, apparemment toute simple, en appelle d’autres, et des plus inquiétantes : comment une femme cultivée, qui souligne sans relâche la nécessité de prendre en compte les besoins féminins dans les politiques de développement, peut-elle nier l’évidente inégalité de l’homme et de la femme telle que la décrète l’islam ? Comment la Pakistanaise qu’elle est explique-t-elle que dans la province pakistanaise du Penjab, les femmes hindouistes et chrétiennes soient converties de force à la religion de Mahomet ? Que pense-t-elle de l’obligation strictement féminine de porter la burqa ? Sait-elle que le crime dit «d’honneur» ne s’applique jamais aux hommes ? Peut-elle citer un seul passage du Coran où l’épouse est autorisée à frapper son époux ou à le contraindre à avoir des relations intimes avec elle ? Pourquoi les femmes sont-elles tenues à l’écart dans les mosquées ? Pourquoi sont-elles les seuls êtres humains à devoir se cacher aux yeux du monde extérieur ? Qui défigure-t-on au cutter ou à l’acide pour s’être promené à visage découvert Qui fouette-t-on pour être sorti sans accompagnateur ? Qui enterre-t-on vivant pour refus de mariage ? Qui répudie-t-on selon l’humeur ? Qui lapide-t-on pour adultère ? Si l’islam accorde les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes, pourquoi l’intégralité du monde musulman n’a-t-il pas donné son aval à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1) ? Pourquoi existe-t-il une Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en islam (2) ?

Pourquoi donc Nafis Sadik affirme-t-elle pareille contre-vérité ? Pour ne pas froisser le monde musulman ? Par peur d’éventuelles représailles ? Par fidélité à la takia ? Pour sacrifier à l’islamisme ambiant ?

Toujours est-il qu’elle incarne à merveille la fameuse dhimmitude – que des femmes admirables combattent pourtant au péril de leur vie.

Car ce n’est pas la Conseillère spéciale du Secrétaire général de l’ONU qui sert la cause des femmes, mais bien Ayaan Hirsi Ali, Wafa Saltan, Taslima Nasreen, Brigitte Gabriel, Mina Ahadi, Chahdortt Djavann, Irshad Manji, Necla Kelek, Nonie Darwish, Nyamko Sabuni et d’autres encore, toutes menacées de mort par les intégristes pour avoir dit, chacune à leur manière, que «l’islam est une torture contre les femmes, une torture que nous devons combattre» (3).

Maurice Vidal

(1) La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme a été adoptée le 10 décembre1948 par l’Assemblée générale des Nations unies. Si l’Egypte, l’Irak, l’Iran et la Syrie ont signé le texte, l’Arabie Saoudite s’est abstenue en raison de l’égalité homme-femme, qu’elle conteste.

(2) La Déclaration des Droits de l’Homme en Islam a été adoptée le 5 août 1990 par l’Organisation de la Conférence Islamique. 57 Etats musulmans l’ont ratifiée, parmi lesquels l’Arabie Saoudite.

(3) Taslima Nasreen.

 

 

 


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