En cas de guerre entre musulmans et non-musulmans, Dounia Bouzar a choisi son camp…

Dans une vidéo parue sur Dailymotion (1), Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux, nous livre son devoir de musulmane. Qu’est-il donc ?
«C’est – dit-elle – d’être au milieu de la cité, mélangée avec les autres».
Humilité ? Egalité ? Fusion ? Reconnaissance d’autrui comme un autre soi-même ? On le voudrait, mais la suite tempère quelque peu cette noble interprétation : «Plus je me rapproche de Dieu – précise-t-elle – plus je suis en symbiose avec le monde, plus je suis à l’intérieur, oui, mais à l’intérieur mélangée parce que mon rôle c’est de travailler pour l’intérêt collectif».
–- Et alors, me direz-vous, où est le problème ? N’est-ce pas être mal intentionné que de voir le négatif dans cette magnifique symbiose avec le monde, c’est-à-dire avec l’humanité, toutes religions confondues ? Si chacun se donnait comme tâche première de «travailler pour l’intérêt collectif», les rapports humains n’en seraient-ils pas meilleurs ?
–- Vous avez raison, cher lecteur, à ceci près que le besoin éprouvé par Dounia de répéter le terme «mélangée» me gêne : pourquoi lui faut-il être «à l’intérieur», mais «mélangée» ? Autrement dit, pourquoi le fait de se vouloir «à l’intérieur» du monde ne suffit-il point à définir une action citoyenne ?

Dounia Bouzar a dû sûrement se poser la question, puisqu’elle ajoute avec une franchise qui pulvérise jusqu’à la takia («al-Takia» ou «l’Art de tromper l’ennemi») (2) : «Je vais mieux me faire comprendre : ça fait dix ans que je publie des livres maintenant sur le croisement entre la laïcité et l’islam de France. Donc beaucoup de frères et de sœurs musulmans m’envoient des mails de nature très différente. En ce moment, c’était un peu tendu à cause du niqab, et pour la première fois en dix ans, j’ai reçu un mail où on me dit (c’est un homme et une femme qui m’ont envoyé le même mail) : «Dounia, quand il va y avoir la guerre entre les musulmans et les non-musulmans, tu vas te mettre de quel côté ?». Je vais répondre directement à la caméra aujourd’hui parce que je n’ai pas répondu par écrit. Je vais répondre : je vais me battre du côté de la justice, pour la justice et contre les gens injustes, et si parmi ces gens injustes il y a quelques musulmans, je me battrai contre eux au nom de la justice que me demande le Seigneur» !
Je ne ferai aucun commentaire sur cette authentique profession de foi, car je ne saurais ajouter plus de lumière à autant de lumière : si cette déclaration n’est pas limpide, c’est qu’aucun discours n’a de sens, pas même les mots les plus explicites – tel celui de «guerre» – dont un discours peut être émaillé !
Oui, l’homme et la femme qui ont adressé ce fameux mail à Dounia savent ce qu’ils affirment quand ils annoncent la guerre entre les musulmans et les non-musulmans ! Oui, Dounia Bouzar tient pour certain ce type d’événement ! Elle a beau souligner la compatibilité de l’islam avec les valeurs de la République («Une voilée, l’autre pas», Albin Michel, 2003), affirmer que «l’islam n’existe pas» et plaider, de ce fait, pour une «désislamisation des débats» (Hachette Littérature, 2004), se dire «à la fois française et musulmane» (La Martinière, 2002), elle n’en demeure pas moins une soldate d’Allah. D’où le calme avec lequel elle exprime sa foi sous l’œil de la caméra… et du «Très-Haut». Comme «beaucoup de frères et de sœurs musulmans», Dounia est confiante. Elle n’a pas besoin du parapluie nucléaire : elle a celui de Dieu !
Les Occidentaux que nous sommes risquent d’en rire, mais se trompent lourdement sur cette foi – dont ils avouent néanmoins qu’elle soulève des montagnes ! Ils croient toujours qu’ils pourront l’emporter sur l’intégrisme par le dialogue et la rationalité. Quelle erreur ! Ils ne sont même pas capables d’interdire la burqa – qui nie dialogue et rationalité – et vont jusqu’à trouver seyant le voile ordinaire ! Ils n’ont toujours pas compris le message que véhicule un attentat-suicide ! Ils évitent de réfléchir sur le sens politique des prières qui envahissent leurs rues ! Ils ne veulent pas voir que le fascisme vert est en marche, et qu’on n’arrête pas de tels marcheurs par des «accommodements» prétendument «raisonnables» ou je ne sais quelle bienveillance : «tendre la main» à l’autre ne signifie rien tant que l’on ignore ce que signifie pour l’autre «tendre la main» !
Un rappel historique sur les serrements de mains ne serait ici d’aucune leçon, car il n’y a pas de leçons de l’Histoire. Je m’en tiendrai donc au présent, et notamment à ce qui se passe à Drancy, où les musulmans viennent de porter plainte pour diffamation contre le maire, Jean-Christophe Lagarde – qui leur a pourtant offert une mosquée de 2 millions d’euros ! Mais, forts de leur nombre et des constants reculs de la République, ces mêmes plaignants n’ont pas hésité à lancer, par la bouche d’Hassan Chalghoumi, un appel «à tous les musulmans» pour que les «mosquées reviennent à Allah et que seule Sa loi y soit appliquée et défendue», autrement dit «pour qu’elles soient libérées de la mainmise politique de droite comme de gauche qui sévit sur elle, et pour qu’elles se débarrassent de l’infiltration croissante des organisations sionistes telles que le CRIF, l’AJMF, etc.». Voilà pourquoi les musulmans sont conviés à la prière du vendredi 19 février 2010 dans la mosquée de Drancy afin de défaire «une bonne fois pour toutes le traître soumis aux sionistes et aux pouvoir mais pas à Allah, qui défend les intérêts des ennemis de l’islam mais pas les musulmans » !

«Elève des corbeaux : ils te crèveront les yeux» – dit le bon sens populaire ! C’est ce bon sens qui manque à la plupart de nos politiques et de nos intellectuels, et c’est bien parce qu’il leur fait défaut qu’ils sont dans l’incapacité de voir en Dounia Bouzar la fille spirituelle d’Hassan Chalghoumi, à l’instar de toutes les personnes qui, en France et hors de France, exigent l’application immédiate de la loi d’Allah !
Maurice Vidal
(1) http://www.dailymotion.com/video/xc4bcm_dounia-quand-il-va-y-avoir-la-guerr_news
Dans le monde arabo-musulman, la takia désigne le «mensonge proféré dans l’intérêt de la religion».

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