En Égypte on ne viole pas des femmes, on agresse des journalistes blondes pas suffisamment voilées !

Publié le 25 novembre 2011 - par - 4 996 vues
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En ce jour de Journée Mondiale de Lutte contre les Violences faites aux Femmes,  l’ONU a organisé un concours d’affiches auprès des citoyens européens. Ça tombe bien, justement on a encore violé des femmes cette semaine en Égypte. Le calendrier est vraiment bien fait cette année.

Notre chère Martine Aubry est montée au créneau et a exprimé son indignation pour le viol d’une « journaliste ». Elle n’a pas parlé de femme non, pour elle c’est une journaliste qui a subi ce viol en réunion et elle en appelle à défendre la liberté d’informer « Ces violences inacceptables portent atteinte à tous les journalistes et doivent être fortement dénoncées. Il faut sans relâche, partout dans le monde, défendre la liberté d’informer ». Un viol sur une femme ? Où ça ?

Bon alors c’est vrai, la liberté d’informer c’est important même si nous savons tous que l’information aujourd’hui n’a plus rien de libre, mais le fait qu’une femme se soit fait violer par des dizaines de pervers en rut pendant que d’autres pervers se rinçaient l’œil sans bouger semble avoir totalement échappé à la mère Aubry. Car c’est bien ce qui s’est passé. Il ne s’agit pas d’une journaliste qu’on empêche de faire son travail mais d’une tournante comme on les pratique par centaines chaque jour dans nos caves de France ! Tournantes banlieusardes importées via des coutumes barbares et sur lesquelles Mme Aubry ne s’exprime jamais. Il est vrai que plaindre une journaliste reste assez peu compromettant et permet de se faire un peu mousser à peu de frais, alors que plaindre des centaines de gamines ou de femmes des banlieues qui subissent des viols quotidiens ne ferait que lui apporter des ennuis, voire des fatwas et en cette période pré-électorale mieux vaut caresser ses électeurs chéris dans le sens des poils de barbe.

Seraient-ce les soirées orgiaques particulières que certains membres de son parti pratiquent qui font perdre à Mme Aubry cette capacité à percevoir la monstruosité douloureuse et effroyable d’un viol commis sur l’une de ses congénères ? Est-elle à ce point insensible pour n’y voir que l’agression d’une journaliste au lieu d’une agression sur une femme comme elle ?

Les quotidiens semblent eux aussi s’aligner sur la même trajectoire car que ce soit pour Lara Logan agressée en février dernier, Caroline Sinz ou Mona al-Tahawy, leurs viols ne sont pas exprimés en tant qu’agressions sexuelles sur des femmes mais sur des journalistes. La grande question du jour dans Libé était de savoir s’il était judicieux de continuer à envoyer des femmes journalistes dans les zones dangereuses « Il n’appartient qu’aux rédactions de choisir les journalistes à envoyer dans les zones de conflits »… Par conflits on pense généralement aux pays en guerre où tous les repères se perdent et où on risque une balle entre les deux yeux ou un enlèvement permettant un échange juteux. Or en Égypte ce n’est pourtant pas la guerre même si c’est l’agitation et la place Tahrir est devenue en quelques mois le lieu en vogue des violeurs décomplexés.

C’est tout de même curieux que personne ne semble s’offusquer ni s’interroger sur ce grand nombre de violeurs au m2 ni sur l’origine de leurs déviances. On sait juste qu’il faut cesser d’y envoyer les journalistes blondes même si elles ne portent pas de jupes, même si elles se cachent les cheveux. C’est vrai quoi, elles exagèrent aussi à montrer aussi ostensiblement qu’elles sont du sexe faible. D’ailleurs le témoignage d’un certain Karim est très clair, c’est de leur faute à ces aguicheuses occidentales « la journaliste, en plein milieu de la foule avec ses cheveux dorés, on ne voyait qu’elle. Il faut qu’elle accepte aussi les mœurs qu’il y a là-bas, être un peu plus discrète ». Femme et blonde… vraiment il y en a qui cherchent les emmerdes !

On peut dès lors s’interroger sur la pertinence de continuer à aller en vacances dans ce pays où les femmes occidentales se font violer dans la rue devant tout le monde, où des hommes ont des mœurs si bestiales qu’ils ne voient dans les femmes que des sex-toys fonctionnant sans piles, utilisables à volonté et qu’on peut se repasser de l’un à l’autre en toute convivialité. Un pays où 91% des femmes sont encore excisées parce que leur clitoris les rend impures, que lorsqu’elles en sont pourvues elles sautent sur les hommes… et pendant ce temps la marmotte emballe le chocolat dans le papier d’alu !

Des excisions qui sont pratiquées généralement à domicile, avec parfois des décès de petites filles, et avec la complicité inavouée des ONG plus soucieuses de conserver leurs subventions que de juguler ce fléau humanitaire comme le confiait il y a quelques années le Dr Ahmad Abdel-Moneim responsable du projet de la santé de la famille arabe : « Certaines ONG tirent profit de ce phénomène, non seulement pour exister, mais aussi pour recevoir des aides provenant de l’étranger ».

Le refus d’appeler un chat « un chat » et la volonté de laisser se perpétuer des mœurs criminelles pour en tirer profit contribuent à la perte de la moitié de l’humanité et à son intégrité. Nier la femme, son corps, son individualité, sa liberté, c’est se nier soi-même en tant qu’être humain. Que ce soit les violeurs, les exciseuses ou leurs témoins silencieux, tous détiennent en eux cette part obscure qui contribue à jeter un voile noir sur celles qui portent la Vie depuis la nuit des temps, celles qui ont engendré même ces monstres, cette moitié du ciel que l’autre moitié s’obstine à vouloir écraser au seul prétexte de posséder 15cm de chair pendouillant entre les jambes. Et dire que leur vaste connerie est contenue toute entière dans ce tout petit morceau de rien du tout. Dingue…

Caroline Alamachère

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