En Europe, plus personne ne fait confiance à Merkel

Publié le 25 juin 2018 - par - 6 commentaires

J’ai vécu de nombreuses années en Allemagne et y reste très attachée, j’écoute le JT sur plusieurs chaines, et voudrais vous faire part de ce que j’ai entendu ce matin même au premier programme de la télévision allemande, l’ARD  au sujet du mini-sommet européen sur la migration.

Dans l’UE, plus personne ne fait confiance à Merkel.

La rencontre européenne n’a donné aucun résultat. Avec sa politique, la chancelière Merkel sème la mauvaise humeur sur la scène européenne. Pour la chancellerie, un nouveau départ est indispensable.

C’est une déclaration de faillite de l’UE : pour l’un des domaines politiques majeurs de notre époque, rien ne va plus dans le traitement de la migration. Hormis les discours bien intentionnés tels que “à présent, les frontières extérieures doivent vraiment être protégées”, les chefs d’Etat et de Gouvernement restent les bras ballants. Plus personne ne fait confiance à personne. Et surtout pas à la Chancelière. Dans plusieurs pays d’Europe, prononcer son nom provoque immédiatement la mauvaise humeur.
Comment cela a-t-il pu arriver ? C’est simple, en fait : le problème réside dans le style de politique d‘Angela Merkel. Dans le pragmatisme avec lequel elle aborde les problèmes, frénétiquement fêté par la plupart de ses adeptes. Depuis toujours, lorsque la situation manque de clarté, en cas de brouillard, Merkel actionne tout simplement les phares antibrouillard. Elle navigue à vue et espère que le vent arrangera les choses. Mais lorsque le brouillard épaissit, comme aujourd’hui, avec la crise des migrants, approcher pas à pas ne sert à rien, on s’égare tout au plus, aveuglé, et on se perd.

Merkel et la “solidarité européenne”

Exemple : lorsqu‘en 2011 et 2012 le nombre de personnes fuyant vers l’Europe commence à augmenter lentement mais sûrement, Merkel fait simplement savoir que ce n’est pas son principal souci, mais bien celui de l’Italie et de la Grèce. La Chancelière ne découvre pour elle-même la “solidarité européenne”, si souvent évoquée, que lorsque l’exode atteint les frontières de la Bavière. Là, à l’automne 2015, la “solidarité” devient tout à fait urgente. Car maintenant, elle a le problème en Allemagne et pas le temps d’engager de longues négociations.
Sous pression, Merkel s’accommode même de la division de l‘UE, met les Européens de l’Est au pied du mur, veut les forcer à la solidarité et à l’accueil des réfugiés. Imaginons un moment ce qui se serait passé si quelqu’un avait traité l’Allemagne de cette manière !

Des terres brûlées, partout où le regard se pose

Précédemment, lors de la crise de l’Euro, c’est avec la même hostilité qu’elle avait remis la Grèce à sa place. Ou fait savoir aux états riverains de la Méditerranée, frappés par le chômage des jeunes, qu’ils feraient bien de suivre l’exemple de l’Allemagne. Merkel laisse des terres brûlées, partout où le regard se pose.
Fruit de cette politique du non-compromis et donc également des non-accords, de plus en plus de pays basculent vers la droite, voire l‘extrême-droite. En Allemagne également, l’AfD bondit de victoire en victoire et plusieurs opportunistes prennent le dessus, pour qui tous, mais vraiment tous les moyens sont bons tant qu’ils leur apportent le succès, même à court terme.

La chancellerie a besoin d’un nouveau départ

Mais les solutions communes, européennes, sans lesquelles on ne pourra résoudre le problème de la migration, se voient repoussées au lointain à cause de la culbute à droite.

Madame la Chancelière, après 13 ans de pouvoir il n’y a pour vous, outre une tangible aversion, plus rien à goupiller au niveau européen. C’est ce qu’ont démontré toutes les rencontres des derniers mois. Contribuez donc à enfin renverser la tendance apparemment inévitable d‘une division de l’Europe ! Débarrassez le plancher, faites place à un successeur dont le nom est moins honni que le vôtre. A quelqu’un qu’on écoutera en Europe. A qui on pourra faire confiance, qui tiendra vraiment compte de l’intérêt de tous ! Osons un nouveau départ.

Anne Schubert

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Notifiez de
Penelope

Elle a foutu le bordel en Europe cette servante du capitalisme sans frein. Elle a osé faire partie du machin contre le pseudo réchauffement climatique. Les cons ça osent tout c’est à çà qu’on les reconnaît ! Rauss !

DUFAITREZ

Atilla est de retour, Attali lui succède, Merkel sème l’herbe fraiche…ouvrant le chemin !
Les éléphants d’Hannibal (califats cannibales) passent les Alpes…
L’Histoire est de retour…
Occident super armé, mais Volonté et Valeurs défoncées !

wika

Oui faire place à un successeur, oui mais lequel?
Car en Allemagne c’est comme en France : personne de compétent ou sérieux à l’horizon.

Louise

Elle est chouette Mutti Angela en photo avec ses foulards. Achtung Mutti : il y a des cheveux qui dépassent !

Simone GUTIERREZ

Macron se retrouve d’ ores et déjà absolument SEUL et sans allié sur la scène européenne , tant Merkel est hors circuit
Son arrogance ( Macron ) et surtout son amateurisme vont se révéler fatals .
Pour lui qui se voyait déjà ” Roi d’ Europe ” …. c’ est plutôt raté .

jeanne

Puissiez vous dire vrai !

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