En exonérant les candidats à la francité de toute contrainte culturelle, Valls accélère la désintégration

Publié le 30 juillet 2012 - par - 699 vues
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En quelques heures, Monsieur Valls a indiqué le cap qu’il comptait suivre pour mener le navire France au havre des démocraties apaisées. Une mesure (parmi quelques autres) et un souhait font partie du projet : dispenser les candidats à la naturalisation de toute éventuelle connaissance de leur pays d’accueil et instaurer enfin un véritable « Islam de France ».

Quelle relation entre ces faits ? Celle-ci, pour la simple anecdote : comment notre Ministre de l’Intérieur et des Cultes va-t-il s’y prendre pour persuader une clientèle dès lors aimablement préservée de toute pollution par une culture et une histoire autre que la sienne, qu’elle doit plonger sa croyance religieuse dans un bain étranger où la Loi ne l’oblige même plus à tremper ne fût-ce qu’un orteil ?

Un peu de clarté ne nuirait pas. Mais lorsque les politiques vous disent « il faut être clair », c’est qu’ils se préparent à vous enfumer. Cela dit et sans illusion, une simple et brève réponse satisferait mon souci de logique.

La liberté laissée aux naturalisables de ne strictement rien savoir du pays dont ils vont devenir les citoyens correspond assez fidèlement au désert cognitif dans lequel leurs enfants scolarisés errent depuis quelque temps déjà. Tout se tient dans cette affaire que des analystes bien plus fins que moi dépiautent avec talent sur ce site. Je laisse donc le lecteur tirer une désolante conclusion de plus sur le massacre en cours, tragédie en plusieurs actes dont Monsieur Valls accélère, à sa manière un rien désinvolte de seigneur catalan traversant les pauvres Cévennes pour se rendre à Versailles, la fin.

Ayant exonéré les candidats à la francité de toute contrainte culturelle, notre sémillant promeneur entend donc pourtant plier leur très majoritaire religion aux règles de la République. Là, ça se corse un peu tout de même.

Ses premières approches de l’animal lui valent d’ores et déjà quelques coups de griffe. À Rabat, le Roi lève un sourcil malgré les fortes chaleurs invitant à la sieste. De quoi de quoi… ? La greffe musulmane sur le vieil arbre gaulois, célébrée tel un succès militaire par Monsieur Lasfar, Recteur de la Mosquée de Lille, serait ainsi destinée à régénérer le tronc épuisé du chêne et non à le remplacer ? Mais alors, ce n’est pas une greffe et ce n’est pas dans les plans, ça, dites donc !

Tsst, tsst ! Le Ministre de l’Intérieur de la République Française (une, indivisible, démocratique, laïque et sociale) ignorerait-il que le défunt Hassan II avait estimé ses sujets inaptes à toute démarocanisation ? Fait-il l’impasse sur la gravissime accusation de son collègue Erdogan : « l’intégration des Turcs dans la société allemande est un crime contre l’humanité » ? Mésestime-t-il à ce point les menaces de tous ordres et de toutes provenances, avec passage à l’acte, pesant sur les Vrais Croyants tentés par l’aventure mentale de l’Occident ?

Un Islam de France ? Tenu, géré, animé par des prélâts formés dans la matrice républicaine ? Manuel, Manuel, il faut lire les textes de base, mon petit, car j’ai bien peur que votre ignorance de ce monolithe qu’est l’Islam vous soit aussi commensale que Colbert ou Napoléon Bonaparte pour un prochain Français de papier. Et je vous plains, sincèrement, car vous allez devoir, dans le brouillard frontalier de Schengen qui va s’épaississant, explorer la nébuleuse protégeant le minéral sacré, la noire pierre qui tue quiconque s’en désattache ou l’approche de trop près.

Dur mais beau métier que le vôtre. Et non sans danger.

Soyez prudent ; c’est vrai, vous êtes joli garçon (dixit ma femme), vous avez la tête d’un guitariste de flamenco, ou du gendre idéal, enfin, de quelqu’un dont on se sent capable de vouloir devenir l’ami. Finalement assez sympa au premier abord. Vos entrechats sont d’un danseur mondain, vous vire-voltez avec grâce, quand vos policiers se font mordre en tentant de faire appliquer la loi sur le voilage intégral et très calculé de citoyennes françaises (ou non).

Là aussi attention ! On ne joue plus tout-à-fait, Monsieur le Ministre. Pas de tensions inutiles en période de ramadan, faites-vous savoir. Et pourquoi cela, s’il vous plait ? Si telle est la nouvelle règle, prendrai-je la liberté de rouler à 200 sur l’autoroute le jour de Pâques (pour aller chercher des œufs en chocolat en province par exemple) ? Ou de gratifier le hall de ma mairie (espace public) d’une crèche de ma fabrication, fin Décembre ? Et, pour clore le débat, serai-je en droit, sans prendre aucun risque, de mordre l’insolent(e) qui prétendrait m’en empêcher ?

Monsieur Valls, prenez garde à la diffusion et à l’encouragement du pire ennemi du politique : l’injustice. C’est elle, beaucoup plus certainement que la misère, qui fait naître dans le cœur des gens les plus pacifiques le sentiment de la révolte. Et c’est si je ne m’abuse, pour prévenir ses funestes conséquences que l’on croit au discours de gauche jusqu’à lui offrir le pouvoir.

Non ?

Alain Dubos

Le pire : des collégiennes sous-chiennes sont interrogées à la télévision sur leurs habitudes vestimentaires, sous l’œil des machos de quinze ans qui leur déconseillent formellement de porter des jupes. Elles sont donc en pantalon, par force, ce qui ne leur pose pas de problème particulier. Du moins l’affirment-elles.

Si quelqu’un cherche un exemple tragique de l’entrée en dhimmitude, il est là. Ces gosses plutôt jolies ne sont pas gênées qu’on leur interdise, par d’amicales pressions, de s’habiller comme elles le désirent. Elles obéissent. Et pas un parent, pas un enseignant, pas un politique pour leur rappeler qu’elles jouissent, en France, de la liberté de se vêtir comme elles l’entendent. Pas un de ces cadres pour se dresser face à l’inacceptable.

Cette abaissement m’humilie, comme humilia bien des gens, je le sais, le port de l’étoile jaune par des collégiens. Laisser des petits fascistes triompher ainsi en 2012, au nom d’une coutume sortie tout droit de la nuit antique, est ce que je me sens en droit d’appeler un crime.

Pour l’instant impuni, hélas.

 

 

 

 

 

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