En France, il vaut mieux crier Mort aux juifs que se moquer de Taubira…

Publié le 17 juillet 2014 - par - 2 943 vues

israelssLes pogroms ne sont jamais surgis de rien, comme ce « temps du ghetto », -si bien montré en 1962 ou 1963 par le réalisateur Frederick Rossif-, n’a pas non plus surgi de rien.

Des prérequis moraux, des croyances, des convictions dévoyées, des relais et des complicités, actives et/ou passives, sont indispensables.

Cette nuit, me confiait ce matin un ami, ma petite fille s’est retrouvée dans un bus de nuit. Elle y a surpris une conversation entre deux gaillards vigoureux, de ces jeunes gens que – par souci de ne pas faire en sorte qu’ils soient cause de stigmatisation d’une population- l’on appelle des jeunes de la « diversité ».

Et de quoi parlaient-ils, ces jeunes de banlieues ?

« Le youpin, s’il avait été seul, je le saignais ».

C’est encore ce que notre bon Président et son charmant Premier ministre, flanqués de leurs ministres de l’intérieur et de la Justice, qualifieront peut-être de… « Débordements ». Ici, c’était un débordement…verbal, exprimant le regret de n’avoir pas saigné un Juif. Parce que chez ces gens-là, monsieur, on ne dit pas assassiner, on dit saigner.

Le temps du ghetto n’est pas encore revenu en France.

Ce n’est pas encore celui de la migration-expulsion, comme nos générations d’Israël le vécurent en France, à deux reprises au moins. Mais c’est déjà un temps inquiétant où il fait peut-être meilleur aller vivre ailleurs.

Vivre ailleurs, mais où ?

Le pays des Juifs, conquis par les sabres du Hedjaz au 7ème siècle, n’appartiendrait plus aux Juifs, ne cesse-t-on de nous répéter, de Canal+ à BFMtv, d’A2 à TF1, des dépêches de l’AFP jusque dans le quotidien « le Monde » et le mensuel le « monde diplomatique ».

Dans leur pays, les Juifs, les « youpins », ils seraient des « colons ». Dans leur pays, rendu en qualité de « Foyer national » en 1920-22 par les représentants légaux des différents peuples, ils ne seraient que des voleurs de terre, mêmes des terres qu’ils ont rachetées à prix prohibitif, du milieu à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème ; terres sorties de l’état de jachères stériles ou des miasmes putrides et malsaines. Ils seraient une permanente cause de conflits et de guerres. C’est le tableau brossé par le quotidien le « monde » et par les télévisions Canal+ et France2 (et de temps à autres Arte) ou par la radio France- Culture.

Chaque matin la télévision et la radio bruissent de ces propos excédés

Ah, encore eux, les Juifs, qui font parler d’eux ?!

D’accord, le Hamas il déconne. D’accord le Hamas ce sont des Frères musulmans qui veulent partout imposer une tyrannie « religieuse », y compris en France, mais quand même, mais pour Israël, c’est autre chose… c’est à peu près ce que voulait encore dire ce matin l’information de la matinale, qui nous dira presqu’à regret : qu’Israël avait accepté  le cessez-le feu, mais pas le Hamas.

Pour Lev Davidovitch Bronstein (Léon Trotski), après 1927, on parlera de « planète sans visa ».

En 2014, le fanatisme « palestinien » et pro-palestinien (ce fragment de peuples arabes ou arabisés, constitué en nation en 1967 pour contester la légitimité de la restauration d’Israël en tant qu’Etat souverain assurant la liberté personnelle et collective de ses citoyens) s’emploie partout à faire avaler un poison qui obscurcit la raison et ramène ici, en France, le temps des pogroms à grande échelle.

Je voudrais ouvrir une parenthèse

J’ai appris ce matin qu’une candidate du parti FN venait d’être condamnée… à 9 mois ferme de prison et plusieurs milliers d’euros d’amende, ainsi qu’à cinq années d’inéligibilité.

Son crime ou son délit grave?

Elle avait donné, dans le mode polémique moqueur, contre la Dame Taubira. Elle avait renoué avec le genre Daumier et les moqueries imagées des 18-19ème siècles. C’était comme les caricatures  représentant le Roi Louis-Philippe, la tête et le corps confondus en forme de Poire, ou de cet autre caricaturiste-libelliste qui représentera Thiers… en singe.

Sous l’ancien régime, les libellistes s’en livraient à cœur joie, à l’encontre d’un Louis XVI ridiculisé, moqué pour son impuissance amoureuse, sapant la réputation morale d’une Reine Marie Antoinette trainée dans la boue et représentée tendrement avec ses suivantes, ou dans les positions les plus scabreuses.

C’était l’ancien régime de l’absolutisme, de l’absolutisme…

Ce n’était pas encore le temps et le régime de la « démocratie », revue et visitée en permanence par une équipe gouvernementale qui normalise les mœurs politiques en donnant aux mots,- normal, normalisé, normalisation-, ceux qu’ils auront, en 1969-1971, dans cette Tchécoslovaquie que voulait punir et briser, la bureaucratie totalitaire et corrompue cherchant à effacer jusqu’aux traces du printemps du socialisme à visage humain.

Au gnouf ! Inéligible !! Ruinée, au profit du Ministre ou de l’Etat ou encore d’une association amie, l’impertinente qui croyait avoir encore, au moins autant de liberté que sous Louis-Philippe ou que sous Louis-le seizième.

Dans le même temps que les médias annonçaient la fermeté exemplaire du jugement du tribunal de Cayenne, prononcé à l’encontre de l’impertinente et « raciste » candidate, se produisait un « dérapage » resté sans riposte des autorités gouvernementales et judiciaires.

Ce que l’équipe gouvernementale et les médias ont appelé un dérapage, ou un débordement, se déclinait ainsi : une manifestation autorisée, une manifestation « non-raciste », une manifestation scandant « à mort les Juifs ! », répétant ce slogan jusqu’à plus soif, assortie de… « Égorgez les Juifs », pouvait avoir lieu sans être dispersée. Là, nous n’avions plus affaire à « des sauvageons », ni à des voyous de banlieue successeurs des anciens voyous de barrières.

Nous étions face à ce que Marx, Lénine, Martov, et même tout démocrate en Russie, appelaient, la lie, les bas-fonds activés et devenus les hommes de mains de nouveaux Kmielnicki, de ces hommes qui, ailleurs, dans l’Allemagne de 1930, s’enrôlèrent sous l’uniforme brun SA pour aller, comme dimanche, briser les vitrines des « magasins juifs », molester des passants pas enthousiastes, chercher à « saigner du Juif » si c’était possible.

A la station de métro Sébastien Froissart, devant l’entrée de l’ancien Pletz’l, on entendra, dans la manifestation, rapporte un ami présent : « Tous sur le marais ! », « Rue des rosiers ! », « C’est là qu’il y a des Juifs ! ».

Débordements ? « Heurts » ou pogrom?

Ici, c’était déjà « sus aux Juifs ! ».

Sur ce Boulevard parisien, nous étions déjà entrés sur les territoires qui devinrent ceux de la Russie des pogroms des années 1881-1882 ; nous étions en avril 1903, dans les rues de Kichinev.

Le prétexte n’était pas le même

Il ne s’agissait pas d’un crime rituel. Il ne s’agissait plus d’accuser un Juif en particulier, Beilis à l’automne 1913. Ici, il s’agissait, effrontément, avec un fanatisme débridé ne permettant d’opposer ni aucun argument rationnel, ni aucune information contradictoire, d’accuser le Juif collectif – l’Etat national d’Israël restauré- et de lui reprocher de commettre des forfaits qu’il n’a pas commis et ne veut pas commettre.

C’est ainsi, que les candidats égorgeurs d’Israël montrent : des images de civils et d’enfants tués à Alep par le djihadisme sunnite et/ou chiite, pour produire des visages enfantins de victimes du sionisme, de victimes du Juif.

Pour en rajouter une bonne louche, le nouveau Stürmer, je pense ici à l’ancien quotidien dit de référence, ose écrire, sans vergogne, qu’Israël n’a jamais cessé d’occuper Gaza… Pour ce torchon digne de « je suis partout », Israël n’occuperait pas Gaza si… il se contentait, sans maugréer, de fournir le courant électrique, d’entretenir les routes par lesquelles passent quotidiennement les centaines de semi-remorques de ravitaillement offerts par la communauté mondiale, s’il continuait de soigner gratuitement les familles ou les voisins gazaouites de ceux qui ont envoyé pas loin de deux mille missiles en quelques semaines et surtout…s’il supportait, sans jamais réagir, l’envoi quotidien de missiles capables, aujourd’hui, de frapper jusqu’à Jérusalem et même Haïfa.

Peut-être qu’en ce cas, pour ce genre de « journalisme »-Pravda 1967, Israël « n’occuperait plus », s’il consentait, avec l’Egypte néo-nassérienne, à laisser grandes ouvertes les portes de Gaza pour que le Hamas reçoive les toutes nouvelles générations d’armes que le djihadisme chiite veut entreposer dans la bande pour éradiquer le Yahoud.

Là, peut-être que le nouveau Stürmer dirait… qu’Israël n’occupe plus Gaza, puisqu’en effet, il aurait péri sous un déluge de flammes ou se serait provisoirement réduit à l’état de dhimmi collectif exigé par Hamas.

Du sein du cortège autorisé dimanche par le Préfet, ont pu se former des groupes de jeunes gens munis de battes de base-Ball ainsi que de haches, se dirigeant à plusieurs centaines, en cortèges hurlants, vers une synagogue où il y avait un office, en attaquant les devantures de magasins au passage.

La veille, c’était rue de Belleville et à Aulnay, que des groupes de « jeunes de banlieue » violents et équipés cherchaient à se jeter sur une synagogue.

Pour les autorités et les médias, ce ne sont que des « débordements », que des « heurts »

Honte à ces politiques, indignité à ces « journalistes », les uns et les autres détestant les faits qui contredisent leur idéologie et leurs a-priori, reprenant en 2014 le chemin qu’ils font par ailleurs semblant de condamner, quand il s’agit des années trente ou pour interdire de « stigmatiser » des populations que l’on pourrait rendre responsables des tueries génocidaires du Chef djihadiste soudanais El-Béchir.

Demain, le Président Hollande va commémorer la rafle des 16 et 17 juillet 1942

Il va discourir, sangloter peut-être, sur les milliers de Juifs, parents et enfants, enfermés dans le vélodrome d’hiver, sans eau et sans provision, par un mois de juillet 1942 à la chaleur accablante, jusqu’à ce qu’on les emmène à Drancy puis à Auschwitz pour y être gazés.

L’action finale de mise à mort fut partout précédée d’actions spéciales

L’organisation de l’industrie de mise à mort de la nation juive fut partout précédée de précautions langagières. On faisait des actions spéciales. On traitait des pièces.

À Aulnay, à Paris, le temps des pogroms, rue de la Roquette, rue des Rosiers, les moments où s’affûtent poignards et haches, ce temps est appelé, par la Préfecture ayant perdu pieds, par les ministres et les journalistes, « débordements », « heurts ».

Je terminerai sur ce point, sur ce mot : heurts

En effet, quand des pogromisés ne se laissent pas faire, qu’ils ne se comportent pas en dhimmi soumis à la violence du maître, ce sont des rebelles impolis et à peine défendables. Ils se défendent peut être avec …disproportion ou manque de retenue. Auquel cas, la violence du pogromiste n’est plus un pogrom ; elle nous est vendue comme n’étant qu’une banale, qu’une simple grosse bagarre de rue, expression inadéquate, musclée et regrettable, sans plus, d’une divergence d’opinion, au sujet de certains événements.

Honte à ceux qui, demain, discourront sur nos six millions, sur nos 76000 déportés depuis la France et qui, dans le même temps, continueront de laisser mentir les médias sur ce qui se passe à Gaza,  favoriseront le développement de la haine à développements criminels et continueront à camoufler, en « heurts » et en « débordements », les trois premiers pogroms que la France a connu depuis des siècles.

Alon Gilad

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