En hommage à Bernard Maris, "Oncle Bernard"

BernardMaris
Gattaz, patron du Medef, par sa dernière intervention dénuée  de toute neutralité syndicale, m’a irrité. Comment Gattaz a-t-il pu agiter, sans doute sur ordre de Valls, sa propagande anti-FN indigne et inacceptable ?
Cette question m’a permis de saluer la mémoire de Bernard Maris, en citant  cet économiste éminent, pour sa position en faveur d’une dissolution de l’euro :
https://ripostelaique.com/gattaz-ne-serait-valls-aurait-demande-coup-de-main.html
Et ce beau texte de son ami Jacques Sapir, sur la même ligne, dans un ouvrage  qui sortira début 2016, en sa mémoire : « Le Tombeau de Bernard Maris ».
http://russeurope.hypotheses.org/4425
Aujourd’hui, je souhaite rendre hommage à ce très cher Oncle Bernard chroniqueur  à Charlie Hebdo dont j’ai apprécié la vision et partagé le constat au fil de ses billets. Dans son journal d’un économiste en crise, sa chronique d’une rare contrition « Requiem pour une monnaie » en décembre 2011 était sous-titrée : « Je faisais partie des idiots qui croyaient qu’une monnaie unique construisait une  zone politique ».
« J’ai voté oui à Maastricht, puis oui au référendum. J’avais tort. Je savais que la monnaie est le fait du prince, du souverain, et que, dès lors qu’on acceptait une monnaie unique, on accepterait un prince unique. Ce qui était idiot. On a la monnaie sans le prince, on ira donc à l’éclatement de la zone euro. »
Qu’en pensez-vous monsieur Gattaz ?
En mars 2013, dans sa chronique l’Apéro, il analysait ainsi :
« L’Europe n’est rien à cause de ceux qui crurent qu’une monnaie unique allait  conduire à une Europe politique, alors que ce fut l’inverse : la monnaie unique,  après l’élargissement, détruisit le peu d’Europe des fondateurs. L’Europe n’est rien parce qu’on ne bâtit rien sur le sable du commerce. L’Europe n’est rien parce que ce qui intéresse les marchands, ce n’est pas l’Europe,  c’est le monde.   L’Europe n’est rien parce que des « boutiquiers » (les Anglais dixit Napoléon) et des  vendeurs de grosses voitures culpabilisés jusqu’à la moelle (les Allemands) la dirigent. L’Europe n’est rien parce qu’elle méprise les plus civilisés, les Italiens et les Grecs, qui firent sa culture ».
Vous sentez-vous visé monsieur Gattaz ?
Et comment ne pas partager sa décapante interrogation en septembre 2013 : Hollande-Merkel, qui est le cocu ?
« Et si couple il y a, les Français sont les cocus. Ils ont payé leur prospérité et tué leur industrie pour une monnaie unique qui a exclusivement profité  à l’Allemagne ».
« En vérité, l’Europe est tout sauf un mariage d’amour. C’est un mariage forcé  avec une corbeille vide organisé par des vieux après une rixe. »
« Comme on est sympa, on laisse les Allemands traverser la France pour aller  se dorer en Espagne ».
Et là monsieur Valls, comprenez-vous la colère du peuple ?
En novembre 2014, Oncle Bernard s’attaquait à la fraude fiscale légale organisée au Luxembourg par Juncker, alors premier ministre du Luxembourg,  qui avait passé « plus de 340 accords secrets avec des multinationales pour leur  permettre une optimisation fiscale » faisant perdre au fisc français « quelque 60  milliards d’euros d’impôts sur les sociétés (plus la fraude à la TVA de l’ordre de 30 milliards) ».
Juncker, l’actuel président de la Commission européenne « est donc un agent de  l’escroquerie au fisc qui dirige l’Europe et nous demande avec sa commission  d’être un peu sérieux » et « toute cette ploutocratie hors-sol est en train de nous préparer un traité de libre-échange avec les Etats-Unis sous la bénédiction du fraudeur légal Juncker ».
Dites-nous monsieur Gattaz, comment et combien vous en avez profité ?
Enfin, le 31 décembre 2014, dans son billet « Mon amie la finance, mon amie la poésie » il écrivait cette tirade puissante mais bouleversante a posteriori :
« Alors vous avez levé les yeux vers la nuit rose, humide et mystique, la nuit qui  interdit de voir les étoiles, mais qui reste mystérieuse, et vous avez ressenti un drôle de sentiment de supériorité sur tous ces banquiers et ces hommes politiques…. Vous auriez presque pitié d’eux. Vous vous êtes dit que cette année serait différente. Demain n’est pas un autre jour. C’est aujourd’hui l’autre jour. C’est aujourd’hui demain. C’est maintenant toujours. Un sentiment d’éternité vous a envahi ».
Et ce dramatique 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo, le massacre d’Oncle Bernard et de ses potes par l’islamisme qui tue !
Alain Lussay

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1 Commentaire

  1. Bernard Maris nous manque beaucoup. Je ne ratais pas une émission de
    C dans l’air lorsqu’il y participait.

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