En niant le problème que pose l'islam à la France, Mélenchon devient un problème pour la France

Lors du face à face qui opposait, le 14 février 2011, Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, ce dernier a déclaré : «Dans ce pays, il n’y a pas de problème avec l’islam. Il y a un problème avec une poignée de fanatiques, que nous mettrons à merci comme nous l’avons fait exactement avec les catholiques intégristes, les juifs fanatiques, les bouddhistes exaltés, les évangélistes énervés. C’est-à-dire que d’une manière générale, les Français pensent comme moi, qu’ils en ont par-dessus la tête d’être obsédés par ces histoires de religion».

Stupéfiant, n’est-ce pas ? C’est stupéfiant parce qu’à une exception près, c’est le contraire qui est vrai : «Dans ce pays, il y a un problème avec l’islam. Il y a un problème avec les fanatiques de l’islam, que nous mettrons à merci comme nous l’avons fait exactement avec les catholiques intégristes, les juifs fanatiques, les bouddhistes exaltés, les évangélistes énervés. C’est-à-dire que d’une manière générale, les Français pensent comme moi, qu’ils en ont par-dessus la tête de ces obsédés de religion qui nous cherchent des histoires» !

Et voilà Jean-Luc Mélenchon remis sur ses pieds ! Le pire, c’est que Jean-Luc Mélenchon sait qu’il marche sur la tête. Mais il sait aussi que cette marche à l’envers est jugée de bonne tenue dans une France où il est devenu confortable de dire le faux, surtout lorsqu’il réconcilie, et inconfortable de dire le vrai, surtout lorsqu’il fâche !

Quoi de plus confortable, en effet, que d’espérer l’adhésion des musulmans à la France laïque et républicaine ? Quoi de plus confortable que de pérorer au nom de la tolérance ? Quoi de plus confortable que de se draper dans le prêt-à-porter politique du moment ?

Par contre, quoi de plus inconfortable que de résister aux chants des sirènes ? Quoi de plus inconfortable que de dire ce que l’on pense ? Quoi de plus inconfortable que de rester debout ?

Jean-Luc Mélenchon oublie que les Français veulent des dirigeants debout, c’est-à-dire capables d’appeler un chat un chat et de prendre les décisions qui s’imposent s’il s’avère que le chat est un tigre. Or, l’islam possède en lui la faim du tigre : tous les Français en ont conscience, et ce ne sont pas les mensonges et les non-dits qui les feront changer d’avis sur ce point.

On peut toujours jouer les intellectuels et faire la différence entre «l’islam» et «l’islamisme»(1). Mais si cette distinction sémantique a un sens, alors il faut s’empresser de distinguer «Mahomet» du «mahométisme», «Platon» du «platonisme», «Hegel» de «l’hégélianisme», «Marx» du «marxisme», «Darwin» du «darwinisme», «Lénine» du «léninisme», «Hitler» de «l’hitlérisme», «Staline» du «stalinisme»… mais aussi le «fanatique» du «fanatisme», «l’ange» de «l’angélisme», «l’athée» de «l’athéisme», «l’ascète» de «l’ascétisme», le «héros» de «l’héroïsme», le «snob» du «snobisme», le «pédant» du «pédantisme», le «prosélyte» du «prosélytisme», etc. Et je suis sûr qu’il se trouvera toujours de brillants esprits pour soutenir pareille gageure. Mais ces mêmes esprits ne tromperont jamais le bon sens populaire, celui qui, précisément, est en train de donner raison à Marine Le Pen ! Car c’est d’elle que parleront inlassablement les différents prétendants à la Présidentielle de 2012. D’ailleurs, cela a déjà commencé. Mais… à qui la faute ?

Il n’est même pas dit que cela soit une faute ! La faute, c’est l’état actuel de la France, par laxisme politique et confusion des genres. Si l’islam est une religion comme une autre, qu’attend-on pour la mettre au pas de la laïcité ? Si elle est une religion politique, qu’attend-on pour la combattre dans ses valeurs anti-républicaines ? Qu’attend-on pour comprendre que le discours social, tout indispensable qu’il soit, ne suffira plus à combler les attentes des Français s’il ne se double d’un discours ferme sur la laïcité et, par suite, sur l’islam ? Qui, dans la France de 2011, pourra nier longtemps encore les problèmes que pose l’islam à la France ? Qui osera dire ce que les Français veulent entendre en ce domaine ? Et que veulent-ils entendre sinon la voix de Marianne couvrant celle de l’islam ? En négligeant cette évidence, Jean-Luc Mélenchon se condamne lui-même… et nous condamne tous !

Maurice Vidal

(1) «Islamisme : (1765 ; de «islam»). Religion musulmane» (Petit Robert).

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