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En prétendant défendre les immigrés, Dupont-Moretti les méprise

Il y ceux qui voient dans les migrants de « futurs Montaigne », ceux qui rencontrent « des Afghans connaissant Victor Hugo sur le bout des doigts » et il y a les autres. Comme, par exemple, Eric Dupont-Moretti, celui qui défend « une personne » et non « une cause ». Et avec lui, pas de sentiment idéaliste sur l’immigré vivant dans notre pays mais une vision exclusivement utilitariste.

Retour sur l’émission. Interviewé le 14 avril par un Thierry Ardisson dithyrambe dans Salut les terriens, Acquitator, le surnom de Dupont-Moretti (144 acquittements), ne pouvait que s’y sentir comme dans un poisson dans l’eau.

« Grand invité d’honneur », « Meilleur avocat de France », « Vous êtes une star parce qu’à chaque fois vous donnez tout », Ardisson ne s’en prive pas, il la passe et la repasse, la brosse à reluire. Formidable Dupont-Moretti, il peut défendre absolument tout le monde en ne ménageant jamais sa peine. Il aurait même pu avoir Hitler comme client puisque que « défendre un type n’est pas défendre une cause », répond-il à l’animateur, qui lui pose justement la question.

Alors, il accepterait de défendre Jean-Marie Le Pen ? EDM, qui n’est pas né de la dernière pluie, a flairé le piège au quart de tour et se garde bien de répondre : « JMLP ne viendra jamais me chercher », conclut-il d’une pirouette. Ardisson, évidemment, ne demandera pas : « Oui, mais s’il le faisait ? ». Défendre le « type » Hitler, ce n’est pas défendre le nazisme mais défendre JMLP, ce serait prendre la défense du Front national, on a compris. Belle démonstration d’honnêteté intellectuelle !

Pas très honnête mais loin d’être bête, Dupont-Moretti. On pourrait même croire, si nous n’étions pas lucides, qu’il s’inquiète à peu près des mêmes choses que nous, les patriotes ! Sur la judiciarisation de la société (qui doit bien arranger son business), sur « les communautarismes vachement inquiétants, qui n’ont jamais été aussi puissants », sur « une sorte de maccarthysme » qui s’empare de la société, sur « l’époque de délateurs », sur le fait de ne plus pouvoir  » siffler une femme  » dans la rue sans être poursuivi, énumère-t-il, d’un air savamment préoccupé.

Ben oui, la judiciarisation à outrance, le retour implicite du délit de « blasphème », ce ne serait pas la faute aux lois entravant la liberté d’expression, peut-être ? Mais monsieur Dupont-Moretti aurait dû alors, depuis belle lurette, se proposer de défendre Riposte Laïque, de plus en plus harcelée et croulant sous les procès !

Et les communautarismes, de plus en plus hargneux, la faute à quoi, si ce n’est à une immigration massive, à qui l’Etat ne demande même plus de s’intégrer ? Sauf que le cerveau de l’avocat, dès ce moment-là, se replie confortablement au creux sa douillette idéologie.

L’immigration, bien sûr que c’est « une chance pour la France », affirme t-il, depuis son quartier bourgeois ultra sécurisé, aux trois codes à l’entrée de son immeuble luxueux. Comme c’est commode, de vanter l’immigration dans de si sécurisantes conditions…

Une chance, comme pour l’Allemagne et la Suède avec leurs innombrables viols ? Pour l’Angleterre, avec une attaque à la machette toutes les 90 minutes – toutes récentes statistiques officielles ?  Une chance pour l’Italie et tous les pays d’Europe, qui appliquent sadiquement les plans de submersion migratoire européen et onusien ?

L’immigration une chance : pour sûr qu’elle l’est pour l’avocat ! Sans elle, il ne prendrait plus de « taxi arabe »  et serait obligé de faire lui-même son ménage (à Eric Zemmour en février 2017) ! Les immigrés, en somme, ne seraient bons, dans l’esprit humaniste de Moretti, qu’à faire des petits boulots ! On devine en quelle haute estime il porte les immigrés…

C’est bien de cela qu’il s’agit, en Boboland : de faire venir une main d’oeuvre payée au lance-pierre, pas regardante, baragouinant le français (qu’on ne leur apprend plus, l’Etat préférant qu’ils apprennent à l’école leur langue maternelle ! ) juste ce qu’il faut pour ne pas les mettre en position de se rebeller, habitant dans des logements sociaux ni trop près ni trop loin de leurs quartiers communautarisés huppés.

Il a donc, en cas d’utilité, tout à disposition, EDM. La nounou africaine, la femme de ménage portugaise, les éboueurs maghrébins, l’épicier arabe du coin ouvert jusqu’à 3h du matin, le livreur de pizzas afghan se déplaçant jusqu’à point d’heure… mais, puisque jamais il ne donne ces exemples, il ne consulte son médecin algérien, son notaire malien ou son banquier japonais…

C’est qu’en Boboland, on crie sur tous les toits le merveilleux vivre ensemble, on hurle que les races n’existent pas, que « nous sommes tous des humains » mais, dans le plus grand en secret, on se garde bien, aussi, de mettre Manon et Paul dans l’école du quartier où « dans la cour les élèves sont presque tous noirs ».

Il est comme ça, Eric Dupont-Moretti, on ne le refera pas. Sous le vernis soi-disant humaniste perce sans aucun fard, un égoïsme phénoménal et le plus grand mépris pour les immigrés.

Caroline Artus

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