En quoi la libération du soldat Shalit devrait-elle être une affaire française ?

Certes on ne peut que se réjouir de la libération annoncée du courageux Gilad  Shalit, jeune soldat israélien enlevé  il y a 5 ans, alors qu’il défendait sa patrie,  et détenu depuis dans la bande de Gaza, mais l’affaire pose de graves questions.

 

La toute première est que les Israéliens, pour obtenir cette libération, vont devoir relâcher un millier de Palestiniens, dont plusieurs centaines de terroristes, ayant du sang sur les mains, et sans doute prêts à recommencer. On peut féliciter Israël de ne pas abandonner l’un de ses soldats mais on peut regretter que la pression internationale ait empêché ce qui aurait été la logique, que Israël enlève des responsables palestiniens pour obtenir en échange de leur libération celle de leur jeune héros qui se fait dans des conditions inacceptables… « On ne se bat dignement que contre de dignes adversaires. L’inverse serait une mortelle ânerie. » (1)

 

Oui, la notion de pression internationale est essentielle, et pousse Israël à sa perte. Tant les pays musulmans tentent d’obtenir, par l’intimidation, par les exigences perpétuelles, à l’ONU et partout dans le monde qu’Israël soit mis au ban de la planète, pour mieux l’exterminer… Tant Israël croit qu’on cédant aux pressions elle aura des soutiens dans sa.lutte contre ceux qui, comme le Hamas ou Ahmadinejad, veulent sa destruction. Grave erreur… Plus Israël recule plus on lui demandera de favoriser les terroristes.  

 

Le comble, c’est que les associations pro-palestiniennes ont effectué dans la population française et dans les médias un tel lavage de cerveau que les opérations de boycott d’Israël, les manifestations pro Gaza où l’on scande « mort aux juifs » ou les agressions contre les passagers israéliens dans les aéroports sont peu relayées, quasiment considérées comme normales, et nos autorités ont donc mis tout leur poids pour que les Israéliens acceptent les demandes scandaleuses du Hamas, ce qui conduit, ipso facto, les responsables de ce parti terroriste à chercher à renouveler l’opération… tant ces islamistes qui administrent Gaza au nom de la charia ignorent les lois de la guerre et celles de la loyauté.

 

Or, les autorités françaises ont fait pression sur le gouvernement israélien parce que saisies par les parents de Gilad Shalit au prétexte que celui-ci serait franco-israélien.

 

Si l’on peut, déjà, s’étonner de voir les parents d’un jeune homme, né de parents israéliens en Israël et qui y a toujours vécu, pousser la France à intervenir pour lui, au motif qu’il serait, aussi, français par sa grand-mère paternelle, on ne peut que s’élever avec force, une fois de plus,  contre ce concept de double-nationalité ! S’il paraît normal que l’on puisse vouloir changer de pays et donc de nationalité quand le pays dont l’on est  citoyen a des lois et des coutumes auxquelles on n’adhère pas, pour un pays plus conforme à son éthique, il est aberrant que l’on puisse jouer sur deux tableaux et ne pas avoir à choisir sa nationalité. Lire à ce sujet sur Riposte laïque  trois articles(2) qui  rappellent bien les droits et devoirs liés à la nationalité et qui montrent, à travers quelques exemples, que ce concept contribue à tuer les États-nations.

 

Ainsi ne peut-on que s’élever avec force contre les portraits de Gilad Shalit placardés sur la Mairie du XVI°. Ce procédé est inique parce qu’il tend à  considérer la double nationalité comme naturelle, comme s’il était normal que la France s’engage pour un jeune israélien engagé dans une guerre contre son pays à l’autre bout du monde, alors que, si la France était en guerre, ce jeune israélien ne serait pas tenu de venir la défendre, ayant l’alibi d’une autre patrie… Qui plus est, on entend déjà, sur les médias, certains réclamer la libération de je ne sais quel franco-palestinien retenu cette fois en Israël. Va-t-on voir le conflit israelo-palestinien, qui n’est déjà que trop évoqué en France, qui n’est déjà que trop prétexte à antisémitisme, marquer nos mairies sommées de prendre fait et cause pour l’un ou l’autre prisonnier selon la communauté la plus nombreuse ou la plus puissante dans la commune ? Va-t-on voir se généraliser les pratiques honteuses comme celles de ce maire de Vaulx en Velin qui avait hissé le drapeau palestinien sur sa mairie ? Va-t-on voir la France crier haro, elle aussi, sur Israël, le seul pays démocratique du Moyen Orient,  sous la pression de communautés pro-palestiniennes parce qu’un Français ayant des grands-parents nés à Gaza serait parti volontairement faire acte de terrorisme contre Israël ?

 

Ce serait un développement supplémentaire du communautarisme que l’on cherche de plus en plus à nous imposer alors qu’il est anticonstitutionnel, la République ne reconnaissant que des citoyens, indépendamment de leur origine ou de leur religion.

 

 

 

 (1)   D’un des héros du roman de Andrea Japp, Monestarium, page 351 Livre de poche

(2) a) http://ripostelaique.com/double-nationalite-on-ne-peut-pas-avoir-le-beurre-et-largent-du-beurre.html

b) http://ripostelaique.com/tout-elu-francais-ou-representant-de-l%E2%80%99executif-francais-doit-renoncer-a-sa-double-nationalite.html

c) http://ripostelaique.com/limpudence-deva-joly-face-aux-legitimes-questions-de-marine-le-pen-sur-la-double-nationalite.html

Christine Tasin

http://christinetasin.over-blog.fr/

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