En Saoudie, on casse des guitares comme on brûlait des livres en Allemagne nazie

Publié le 28 mai 2012 - par - 1 061 vues
Share

Les chaînes de télévision sont assez généreuses dans la diffusion des images en noir et blanc montrant des jeunes nazis brûlant des livres en 1933. Ces autodafés occupent solidement nos mémoires, comme ils investissent, et c’est heureux, celles de nos enfants et petits-enfants.

Il est fort regrettable que le spectacle de prédicateurs saoudiens brisant des instruments de musique devant des foules hurlant « Allah akhbar » ne soient pas aussi massivement exploitées (Poste de Veille 25/05/12). Elles sont pourtant bien réelles, ces images-là, comme le sont celles des oeuvres de Thomas Mann ou de Stephan Zweig partant en fumée dans les cours d’universités allemandes. À près d’un siècle de distance, la nuit fond ces barbaries dans la même noirceur. La nuit, mère des angoisses, des colères et des crimes, autrefois striée par les torches des SS, aujourd’hui grise du halo de réverbères sur la terre du Prophète.

À Ryiad et à La Mecque, Satan reçoit en offrande les vilenies dont les purs esprits de la geste coranique version canal historique purgent les sociétés d’Orient. Et c’est, à défaut de les découvrir sur TF1 ou sur France 2, sur Internet qu’il convient d’aller chercher ces stigmates d’un authentique fascisme que tant et tant d »observateurs » s’obstinent encore à nier. Vous avez dit « Heil Hitler »?

C’est que, comprenez-vous, ces gens là sont nos alliés, à l’autre bout des pipe-lines et des conduites de gaz. Ils sont à ménager dès lors que leur décision de couper ces cordons ombilicaux nous obligerait à marcher pour aller faire nos courses, voire à prendre le train   pour échapper à la pollution des villes. Imagine-t-on une chose pareille?

Les barbus de Djeddah peuvent donc en toute quiétude continuer à fracasser des luths et des guitares au nom d’un Dieu ainsi privé d’un divertissement auquel je prétends, moi, qu’il est au fond de Lui-Même sensible. Ce ne sont pas les oracles du 20 heures qui les dérangeront, l’Arabie, c’est loin et tout bien considéré, ces petits détails de règlement intérieur ne concernent pas nos récitants de dépêches pré-mâchées par la censure.

L’Arabie, c’est pourtant tout près. Comme l’Iran des ayatollahs, l’Égypte des exciseurs de fillettes, la Tunisie des Salafistes et quelques autres contrées baignées par les Lumières chères à Monsieur Chebel. Des passerelles existent entre ces paradis et nous, qu’empruntent les porteurs de la bonne parole, les messagers de la Vérité incréée, les blanches colombes d’un idéal trans-national aimant, pacifique et tolérant. C’est par dizaines que les petits camarades des enkeffiés de Médine pénètrent la pâte molle de l’Occident.

De temps à autre, la grosse vache européenne chasse une ou deux mouches d’un vague mouvement de queue. Ainsi Monsieur Hani Ramadan, frère du phare illuminant nos pénombres, préfère-t-il différer une mission en terre chrétienne, remettant à plus tard sa plaidoirie pour la lapidation des femmes comme dissuasion du pêché qui les hante depuis l’origine. Ainsi semonce fut-elle adressée il y a peu à ses pairs étrangleurs d’homosexuels, conviés sur tapis rouge aux agapes de l’UOIF. Ainsi, d’un geste las, le pouvoir montre-t-il, entre deux somnolences, son profond souci pour les inquiétudes de ses administrés. « J’ai agi, maintenant, circulez! »

Nos enseignants savent mesurer assez exactement les ravages que les discours supposés lointains des « savants » de l’oumma  provoquent ici même, en France. Seulement, ils sont, comme les journalistes, les politiques, les gens de culture, scrutés en permanence par les cameras de l’omerta. Et ils se taisent, découragés au point de ne même pas réagir aux faits patents de collaboration de certains de leurs collègues.

Ils sont comme le furent en majorité les Allemands des années 30. Passifs devant le déferlement de la haine, de l’arbitraire et de la violence. Déjà prêts à en accepter les conséquences. Non pas qu’ils soient incapables d’analyser les évidences, de ressentir le danger, de redouter la catastrophe. Mais tout simplement parce qu’habités par un sentiment diffus, tenace, chaque jour plus présent en eux : la peur.

Alain Dubos

Print Friendly, PDF & Email
Share

Les commentaires sont fermés.