En tenant une conférence au « Local », j’ai vécu une expérience magnifique

Publié le 12 mars 2010 - par
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J’ai lu que Riposte Laïque était invité au Local, à Paris, le 18 mars prochain, et que cela avait été le prétexte de quelques articles insultants à votre encontre, qui n’honorent pas leurs auteurs. Je souhaiterais apporter mon témoignage, ayant moi-même tenu une conférence, il y a quelques mois, dans ce lieu tant décrié par la bien-pensance sectaire et gauchisante

Je suis allée au Local le 16 septembre 2009 faire un exposé sur la crise identitaire, à l’invitation du Cercle Aristote, présidé par Pierre-Yves Rougeyron..

Comme je ne connaissais ni le lieu ni l’homme qui m’y conviait, je suis allée jeter un coup d’œil sur internet.

Je découvris alors la réputation sulfureuse du Local, associé au nom de Serge Ayoub, qui s’était illustré dans ses jeunes années au sein de la mouvance « skin-head ».

Je remarquai par contre que les invités du Cercle Aristote, qui étaient précédemment intervenus au Local, étaient tous des intellectuels et hommes politiques de grande qualité, connus pour leur étique 1. C’est ce qui m’a décidée à accepter l’invitation.

Le 16 septembre, j’arrivai donc vers 19h dans ce quartier commerçant et résidentiel (tendance « bobo ») du XVe arrondissement. Le Local présente la façade close et noire d’une boîte ou d’un bar de nuit. La porte était ouverte et j’entrai. Dans la semi-obscurité je crus tout d’abord que les lieux étaient vides. Mais je distinguai vite, à gauche de l’entrée, un bar imposant où officiait un barman en jean et T-shirt. Deux hommes vinrent à ma rencontre et se présentèrent : Pierre-Yves Rougeyron et Serge Ayoub.

J’étais surprise de l’étroitesse des lieux et pensais qu’il existait sans doute une arrière-salle pour les conférences. Mais ce n’était pas le cas. Le décors, sombre et kitch mais réalisé avec soin, me mettait plutôt mal à l’aise. « Tout a été fait par les jeunes qui viennent ici », m’expliqua Pierre-Yves Rougeyron. Tandis que j’avisais les peintures à l’huile exposées au mur, je compris dans son propos qu’il assumait avec Serge Ayoub une fonction salutaire d’animation et d’encadrement pédagogique dans ce lieu où des jeunes, victimes de la conjoncture économique et politique, viennent chercher dialogue et refuge.

Dans cet espace anachronique, je pensais à mes invités. Le premier arrivé, un psychologue, le regard inquiet et hagard, bredouilla des excuses et préféra illico s’éclipser. Cette piteuse capitulation donna une telle consistance au politiquement correct et à la force des préjugés que ça m’aida à me débarrasser des miens.

Ensuite, c’est avec bonheur et surprise que je vis tous les autres invités entrer et prendre place sur les chaises et banquettes de velours rouge. La salle était maintenant pleine. Quinze ou vingt jeunes étaient sagement agglutinés au bar. Ceux-ci s’en détachèrent et firent cercle quand on annonça le début de mon intervention. Elle se réalisa dans le plus grand silence.

Le débat qui suivit fut animé par de nombreuses et intéressantes questions. Elles témoignaient de l’intérêt soutenu d’une audience de très grande qualité qui devint activement participante.

Les jeunes restèrent pour la plupart attentifs et silencieux, mais certains attendirent la fin du débat pour venir me parler. J’ai alors découvert, tant dans leur écoute silencieuse que dans leurs questions, cette jeunesse française issue des milieux populaires dont on ne parle jamais, parce qu’elle ne fait partie d’aucune « minorité » et à ce titre abandonnée à son sort par les institutions.

Une jeunesse qui subit de plein fouet les conséquences d’un enseignement public dégradé, le chômage occasionné par la course au profit, les délocalisations, la concurrence et la baisse salariale engendrées par l’immigration de masse. Une jeunesse exposée au quotidien et en première ligne à la violence ethno-religieuse encouragée par la politique racialiste menée par les pouvoirs publics et relayée par les médias. Cette violence qui a cours dans les « cités » où ces jeunes résident et sont minoritaires, parce que leur situation économique ne leur permet pas de les quitter.

Je garde de mon passage au Local le souvenir ému d’un lieu où il y eut une véritable communion entre des gens d’horizons les plus divers. Une mixité sociale inouïe, comme je n’en avais jamais vu. Magnifique.

Véronique Hervouët

Lire interview de Pierre-Yves Rougeyron accordée à Riposte Laïque, où il cite le nom de tous les intervenants qui ont animé une conférence au Local.

http://www.ripostelaique.com/Pierre-Yves-Rougeyron-president-du.html

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