Encore un effort, Christophe Barbier, et vous arriverez à dire toute la vérité dans vos chroniques !

Le journaliste Christophe Barbier, directeur de la direction de l’Express, est l’un des piliers des bistrots télévisuels, ce genre de « spécialiste » qui a toujours un avis sur tout.
Il a parfois des élans de lucidité, comme quand il a critiqué les Quick halal. Mais il reste d’une prudence excessive par rapport au système politico-médiatique qui le nourrit.
Christophe Barbier tient également une chronique vidéo régulière sur le site l’Express, où il ménage toujours habilement la chèvre et le chou, et qui me laisse systématiquement sur ma faim.
C’est le cas de sa dernière vidéo consacrée aux émeutes à Londres et dans d’autres villes d’Angleterre.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=hvYD5q1X5Ss[/youtube]
Abandonnant son costume cravate et son écharpe rouge (sans doute pour cause de vacances), Christophe Barbier se trompe dès le titre de sa chronique : « Emeutes : Londres aujourd’hui, Paris demain ? » Aurait-il oublié 2005 ou les pogroms anti-blancs de 2006, que rappelle Jeanne Bourdillon dans son article « Qu’ont retenu les dirigeants français des émeutes de 2005 ? Rien ! » Il faut croire que Christophe Barbier n’a rien retenu non plus, puisqu’il aurait dû titrer : « Emeutes, Paris hier, Londres aujourd’hui : ! »
Christophe Barbier demande : « Qui peut être sûr que les émeutes qui, en ce moment, ravagent Londres et ses environs ne pourraient arriver en France, et notamment dans nos quartiers d’Ile-de-France qu’aucune réforme urbaine n’a réussi à sortir de l’ombre ? »
C’est bien ce que je disais : Christophe Barbier a oublié 2005 et tout le reste…
Le chroniqueur poursuit : « Nous ne sommes pas à l’abri de cela parce que nous avons la même jeunesse non intégrée, la même jeunesse au chômage, la même jeunesse victime de la crise. »
Et voilà la première arnaque sémantique frisant l’excuse sociale. Il n’échappera à personne qu’à Londres en 2011 comme en région parisienne en 2005, les émeutiers provenaient essentiellement de l’immigration nord-africaine et subsaharienne. Ce sont eux qui sont « non intégrés », alors que le « chômage » et la « crise » touchent de nombreux « Français de souche » (ou Anglais de souche) ou d’immigrés de souche européenne, depuis la Creuse jusqu’à Liverpool, qui ne vont pas mettre leurs villes à feu et à sang pour autant.
Christophe Barbier : « Rien ne peut nous prémunir contre de tels incidents. Si, il y a une différence. Le communautarisme anglais qui a créé des cités encore plus ghettos que les nôtres, n’existe pas en France. »
Non si peu… Là, on se moque de nous quand on connaît les zones de non-droit (ou plutôt du droit de la mafia et de l’islam) dans quelques 1000 « ZUS » en France…. et même ailleurs.
Christophe Barbier : « Nous avons conservé l’idéal du creuset républicain, l’idéal de l’intégration. Je dis bien « l’idéal », car nous n’en avons pas préservé la réalité. Nous sommes incapables d’assurer un avenir d’intégration, d’assurer l’ascenseur social à ces jeunes issus de l’immigration. »
Ah ! Voilà que Christophe Barbier cite enfin les « jeunes issus de l’immigration », ce qui est l’aveu que le problème leur est partiellement spécifique. Mais il flagelle le « nous », c’est-à-dire que ce que serait « notre » faute à nous Français, et aucunement à nos politiques ni à ces populations immigrées. On retrouve là la haine de soi bien connue dans le discours officiel, qui est une porte ouverte à encore plus de revendications et de violence de la part des « jeunes issus de l’immigration ». Christophe Barbier bat sa coulpe pour nous. Nous ne le suivrons pas sur ce terrain.
Christophe Barbier : « Lors de la prochaine présidentielle, il faudra en parler, il faudra trouver de nouvelles solutions. Sans doute faut-il mieux contrôler l’immigration, toute les immigrations. Clandestine, bien sûr mais aussi l’immigration économique. Sans doute faut-il aussi de nouvelles règles pour le regroupement familial. »
C’est l’affirmation la plus courageuse de la chronique… sinon qu’au lieu de dire « sans doute faut-il », il fallait dire : « sans doute fallait-il, sans doute aurions-nous dû ». Ces regrets tardifs excusent bien mal 30 ans de laxisme et de la droite et de la gauche… que l’Express n’a guère dénoncé. Il n’est pas trop tard pour bien faire, mais encore faut-il faire amende honorable de ses propres erreurs passées.
Christophe Barbier : « Mais il faut d’abord et surtout assurer un avenir économique pour tous ces jeunes, qu’ils aient tous un emploi. Dussions-nous d’abord passer par des emplois publics, des emplois aidés par les collectivités locales, avant de pouvoir les mettre dans l’économie normale. »
Et là on retombe à nouveau dans l’excuse sociale et le bêtisier de gauche. On va donc encore créer des emplois fictifs payés par le contribuable pour « occuper » les « jeunes » à des activités ludiques ou communautaristes et non productives ? Et Christophe Barbier se trompe totalement en pensant que l’emploi – aidé ou non – va résoudre les problèmes de communautarisme et de non-intégration. Il n’est qu’à lire le « rapport Dénécé », ou de redécouvrir cette affaire d’une voilée faisant un « service civique » payé par nos impôts.
Christophe Barbier : « Pas d’emploi, pas d’intégration. Pas d’intégration, aucune assurance qu’il n’y aura pas bientôt chez nous des émeutes. »
La boucle est bouclée. Il n’y a qu’à donner du travail (même virtuel) à des jeunes casseurs et tout ira mieux. Comme si ces casseurs voulaient bosser !
Non, Monsieur Christophe Barbier, le problème est culturel, pas social. J’ai travaillé avec des musulmans et des Africains, en France et à l’étranger. Des ouvriers et des patrons remarquables… pour le boulot (parce que le social, ce n’était pas terrible…) Le produit de leur travail était sans reproche et ils étaient ardus à la tâche. Mais ils n’en demeuraient pas moins attachés à des cultures et des modes de société incompatibles avec le mien, et sans doute le vôtre.
Et dans le cas des émeutiers de 2005 en France et 2011 en Angleterre, nous ne ressentons même pas cette volonté de s’intégrer au monde du travail.
Encore un effort, Monsieur Christophe Barbier, et l’on vous saura gré de sortir de la pensée unique.
Roger Heurtebise

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