Enfants de clandestins ou de mère porteuse : deux poids, deux mesures

Publié le 11 avril 2011 - par - 419 vues
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La Cour de Cassation, ou quelque instance du même type, vient une fois de plus de refuser un état civil à deux enfants nées aux Etats-Unis de père français, de mère d’ »intention » française, mais nés par mère porteuse. Ce type de conception est légal aux Etats-Unis mais illégal en France.

Lorsque des immigrés clandestins viennent en France, ils commettent un acte illégal en France. Mais aussitôt toute la bien-pensance, ainsi que la Justice française, s’arrangent pour que la loi ne soit pas appliquée. Ces « pauvres immigrés » doivent être accueillis au mépris de la loi ! Ils sont peu à peu régularisés, sous un prétexte ou un autre, toujours au mépris de la loi.
Par ailleurs, il ferait beau voir qu’on refuse ensuite le regroupement familial à des enfants d’immigrés régularisés. Atteinte aux droits de l’homme, atteinte au droit à vivre en famille ! Hurlements d’indignation….. Même une vérification génétique de leur parenté réelle serait une atteinte aux droits de l’homme !
Quand à la polygamie, pratique parfaitement illégale en France, il n’est pas question de se mêler de l’intimité des gens, voyons, cela va à l’encontre des droits de l’homme !
Que la Justice se mêle de question d’état civil, quelle horreur. Cela serait « nauséabond »

Mais par contre, toute la rigueur de la loi doit s’abattre sur des enfants nées à l’étranger de mère porteuse, et de parents français. On leur refuse un état civil, ce qui est clairement l’une des pires atteintes aux droits de l’homme. On leur dit : vous n’existez pas.
Là, pas de grand débat médiatique pour en faire un scandale international. Pas de grande révolte des « intellectuels ». Silence général devant cet acharnement.
Bon sang, mais c’est bien sûr, ni ces parents, ni ces enfants ne sont des immigrés de pays du Sud ! On peut donc sans problème exercer envers eux un déni d’existence.
Que fera-t-on de ces enfants lorsqu’elles auront atteint l’âge de 18 ans ? On les expulsera pour séjour irrégulier en France ? On en fera des apatrides, ce qui est strictement interdit par les lois internationales ? Il est d’ailleurs tout interdit par les lois internationales de priver quelqu’un d’état-civil.
De la même manière, on refuse l’accès au territoire français à d’autres enfants de parents français nés en Ukraine de mères porteuses avec le même acharnement judiciaire. C’est bien la seule fois où le « contrôle des frontières » s’averre aussi strict !
Tous ces gens ont commis un acte qui n’avait rien d’illégal dans les pays où ces enfants ont été conçus. De quoi se mêle la justice française sur le « résultat » de ces actes, la vie d’enfants bien réels, à qui on dénie le droit à l’existence. Rien d’illégal n’a été commis en France, et de même rien d’illégal n’a été commis à l’étranger. C’est du « contrôle des ventres ».
A ma connaissance, même lorsque l’avortement était interdit en France, on ne « contrôlait pas les ventres », au retour, de celles qui étaient parties avorter à l’étranger. On ne les a jamais poursuivies pour « défaut de fœtus ».

Conclusion : lorsqu’il s’agit d’immigrés du Sud, la loi est constamment contournée, au nom de l’humanité et autres droits de l’homme. Mais la loi la plus rigoriste, la plus insensible et la plus extrêmiste s’abat , par contre, systématiquement sur les Français « autochtones » ou d’origine européenne. Là, il n’est plus question « d’humanité » et de droits de l’homme. A eux seuls, la Justice dit « La loi est la loi », quitte à aller elle-même au-delà de la loi, qui n’a en principe pas à connaître de faits parfaitement légaux dans le pays où ils se sont déroulés.

Clothilde Delarive

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