1

Enquête sur le miracle coranique, par le couple Urvoy

Dominique et Marie-Thérèse Urvoy sont deux islamologues de renom que l’on ne présente plus.
Leur enquête historique et bien documentée couvre les 14 siècles de l’islam jusqu’à nos jours.
Elle concerne le dogme de l’iʿjâz, l’inimitabilité du Coran, comme preuve de la véracité de la révélation.
Dès le début de la prédication de Mohammad, ses opposants lui disaient : « tu prétends être un prophète, un envoyé de Dieu, mais Jésus et tous les prophètes faisaient des miracles. Où sont donc tes miracles ? Il répondit, mon miracle c’est ça : le Coran. »
Ce dogme de l’iʿjâz prend sa source dans le Coran, dans lequel on peut lire, étalé sur 5 sourates (17,88 ; 11,13 ; 2,23 ; 52,33-34 ; 10,38), un défi lancé aux contradicteurs de celui qui se présente comme l’envoyé d’Allah, celui de produire un texte comparable au Coran.

Dans les tout premiers siècles de l’islam, certains courants théologiques se sont opposés à ce dogme. Les Mu’tazilites refusaient d’admettre que l’ordonnance et la composition du Coran soient la preuve de la mission du prophète.
Les ismaéliens qu’on appellera ensuite chiites n’acceptaient pas ce dogme, ayant eux-mêmes une autre version du Coran.
Puis, sous l’effet de pressions politiques, toutes les écoles de l’islam ont fini par accepter un même Coran et au cours des siècles les théologiens ont utilisé divers arguments pour défendre ce dogme de l’inimitabilité. Étaient mis en avant, tour à tour, l’éloquence d’Allah, le style et la beauté du texte, l’ordonnancement des versets et la langue arabe devenue une langue sacrée.
Plus récemment, nous observons un tournant scientiste. Le monde musulman confronté à l’Occident ne peut que constater son retard dans les domaines scientifiques et technologiques. Il souffre d’un grave complexe psychologique.

Certains vont donc utiliser le miracle littéraire pour se justifier de leur retard.
Si le Coran est parfait, il doit contenir toutes les perfections, alors le Coran doit contenir toutes les sciences. De plus, le Coran est censé posséder la science du passé et du futur.
On trouve ainsi une compensation morale dans le fait de posséder une anticipation universelle contenu dans le livre sacré.
Depuis 1980, nous assistons à une surenchère de miracles coraniques. 117 ouvrages ont été publiés en langue arabe et une pléthore de sites internet. Je vous invite à aller visiter un site en français : miraclesducoran.com.
Les adeptes de ce « concordisme » se servent de « signes » ou d’ « allusions » contenus dans le Coran. Deux types d’arguments sont utilisés :
1/ l’anticipation supposée : c’est écrit dans le Coran. Qui pouvait savoir cela il y a 1 400 ans, à part Dieu ?
2/ la numérologie et le carré magique.
En plus de cela, ils utilisent un procédé de harcèlement mental par accumulation d’une multitude de « miracles supposés » dans le but de « sidérer » l’interlocuteur.
Ce qui ajoute à l’enseignement coranique qui utilise déjà beaucoup le procédé de « promesse et menace » avec « si… alors » comme par exemple dans les versets :
« si vous ne partez pas en campagne, Dieu vous châtiera d’un châtiment douloureux » (9,39) ou « si vous êtes infidèles, Mon châtiment sera terrible » (14,7).
Vous en saurez plus en lisant : Enquête sur le miracle coranique de Dominique et Marie-Thérèse Urvoy.
Louis Davignon