Enseignement de l’arabe à l’école : une fumisterie qui confirme l’incompétence de Peillon

Publié le 5 mars 2014 - par - 1 303 vues
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L’article de Jacques Guillemain m’amène à faire part de mon expérience dans le domaine.

C’est quelque chose qui restera une fiction quoi que fasse M. Peillon, l’idéologue fou resté au XIXè siècle, tout simplement parce que c’est un enseignement qui ne fonctionne pas.

J’ai dirigé pendant 7 ans un collège (en zone sensible, prévention violence etc.) où l’arabe était enseigné dès la 6ème (en plus de l’anglais, on faisait la même chose avec l’allemand, qui avait d’ailleurs plus de succès et qui avait un profil d’élèves un peu différents, cela va sans dire), l’initiative ne venait pas de moi (cela va mieux en le disant) mais de mon prédécesseur qui prétendait combattre ainsi l’enseignement dans des lieux cultuels du quartier ; j’avais moi parié avec une amie que je me débarrasserai de cet enseignement, pari gagné mais je n’y ai pas été pour grand chose finalement. Il m’a suffi d’accompagner la tendance.

Il faut savoir qu’il y a sur les académies de Créteil et Versailles un certain nombre de professeurs certifiés et même agrégés (les recrutements ont toujours lieu malgré le manque criant d’élèves) et les titulaires tournent à 6/18ème ou 6/15ème, 12 dans le meilleur des cas, payés à plein temps bien sûr. A concours de recrutement égal, les niveaux de compétence pédagogique des professeurs (tous évidemment d’origine maghrébine) parfois au français incertain mais de nationalité française bien sûr puisque titulaires, plutôt neutres religieusement et travaillant, dès qu’ils le pouvaient, des textes profanes au grand dam des parents. Ce sont les parents qui choisissaient dans 90% des cas, parce que c’est la langue du Coran, bien sûr.

Mais il se révéla vite que l’effort à fournir pour sortir de leur patois maghrébin et apprendre l’arabe littéral était trop pour la plupart des élèves. Je n’ai vu qu’une exception, une fille très brillante et qui en voulait mais que le choix de la langue avait mis dans une classe de cancres même si je n’ai jamais vu plus d’une douzaine d’élèves (une demi-classe donc). Et en 4è où l’arabe devenait la 2è langue, la moitié des élèves, qui n’avaient pas appris grand chose, voulaient arrêter pour faire de l’espagnol, tout simplement par conformisme adolescent. Ça leur était refusé. Par principe de rigueur.

Mais problème pour les élèves allant au lycée, pas de continuation possible, j’avais alerté l’inspection (j’avoue, sans zèle) qui n’avait rien réussi à faire. Ceci dit sur la première promotion, les élèves sont tous allés en lycée professionnel à l’exception près (celle dont je parlais) qui s’en sera très bien sortie par correspondance. L’année suivante, effet automatique, aucun recrutement en 6è et c’est ainsi que l’option arabe s’est éteinte.

Tout ça pour dire que cette histoire d’enseignement de l’arabe est une vaste plaisanterie qui prouve, une fois de plus, l’incompétence absolue de celui qui, pour avoir été brièvement enseignant n’en connait pas moins strictement rien au fonctionnement de l’éducation nationale (comme on l’a vu avec la réaction des professeurs des écoles à sa réforme débile des rythmes scolaires qui avait pour seul effet de les aggraver). Les élèves d’origine arabe n’en veulent tout simplement pas. Il y aurait par ailleurs le risque de faire des classes ghetto, où, qui plus est à l’intérieur d’un établissement ghetto, les quelques bons élèves se démotivent totalement, phénomène que j’avais vu il y a 30 ans avec des élèves faisant Portugais en 6è. L’arabe ? Il n’y aura tout simplement pas suffisamment d’élèves volontaires et encore moins d’élèves motivés. Quant aux enseignants (les deux que j’ai vu passer n’étaient pas d’égale valeur mais tout à fait sympathiques et absolument pas prosélytes, gênés d’ailleurs par un élève mauvais partout mais bon en arabe et qui délirait sur Ben Laden dans ses copies) il n’y aurait pas besoin d’aller en chercher parce que aucun n’est à temps plein sinon au niveau du salaire.

Eric Vaer

 

 

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