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Entre 30 000 et 300 000 morts possibles : intox ou réalité ?

Suivez la propagation du coronavirus.

Quand on lit les estimations du nombre de décès potentiels qui circulent à la direction générale de la Santé, on ne peut que souligner le caractère criminel de l’inaction gouvernementale qui a prévalu depuis le 25 février.

Cette prise de conscience tardive de la dangerosité du virus sera fatale à des milliers de citoyens. Affichant calme et sérénité, Macron a joué les apprentis sorciers en gérant  une crise majeure avec légèreté. Car le « en même temps » s’est traduit par un flop, avec des demi-mesures inefficaces qui ont accéléré la contamination.

Et finalement, l’hypothèse basse admise aujourd’hui au sein de la DGS est de 30 000 morts, soit trois fois plus qu’une mauvaise grippe. L’hypothèse haute fait frémir : 300 000 décès ! ( source JDD )

Évidemment, on peut s’étonner de tels chiffres annonçant une hécatombe, si on les compare à ceux de la Chine, qui totalise à ce jour 81 000 cas et près de 6 000 morts, pour une population 20 fois supérieure à celle de la France. Mais peut-on se fier à la parole officielle d’une dictature communiste ?

Dans les campagnes chinoises, combien de milliers de morts n’ont pas été comptabilisés comme victimes du Covid-19 ?

En Allemagne, Angela Merkel a annoncé que le virus toucherait 70 % de la population (83 millions d’habitants). Avec un taux de mortalité de 1 % chez les contaminés, cela donnerait 600 000 décès. Un chiffre astronomique qui a aussitôt déclenché la polémique outre-Rhin.

En Angleterre, Boris Johnson mise sur une contamination de 60 % de la population, ce qui conduirait à une extinction de l’épidémie. Mais ce pari sur une « auto-vaccination » de la population devenue naturellement immunisée est risqué. Rien ne dit que ce pic sera vite atteint. D’ici là, il peut y avoir des morts par dizaines de milliers.

Ce qui est certain, c’est que la lutte contre le Covid-19 est une course contre la montre et que tout retard  pris pour les contrôles aux frontières ou les mesures de confinement, ne peut que se traduire en milliers de morts supplémentaires.

Le ministre de la Santé et le président du Sénat viennent de souligner à nouveau la prétendue inutilité de toute fermeture des frontières ! On se demande quelle compétence médicale peut avoir Gérard Larcher pour émettre un avis sur un sujet aussi grave, mais passons… Avouons que leurs explications alambiquées n’ont rien de convaincant.

Qu’on nous explique pourquoi tous les pays ferment leur frontières si cela ne sert à rien ? Car le virus ne circule pas de lui-même mais franchit les frontières uniquement avec les individus contaminés.

Qu’on nous explique pourquoi l’arrivée en France de nouveaux porteurs du virus, donc contagieux, ne serait aucunement dangereuse, alors qu’une personne infectée en contamine trois autres et déclenche ainsi  une réaction en chaîne : 1-3-9-27-81…

Qu’on nous explique pourquoi Macron et Ursula von der Leyen jugent qu’il faut  fermer les frontières extérieures de l’UE pour se protéger des « zones à risque », alors que se protéger de l’Italie, deuxième foyer mondial, ne sert à rien ?

Qu’on nous explique pourquoi on a mis en quarantaine les Français revenus de Chine fin janvier, alors que les compagnies chinoises déversent leur flot quotidien de voyageurs sans aucun contrôle aux aéroports ?

Tout cela est totalement incohérent et relève d’un amateurisme sidérant de la part de l’exécutif. Combien de morts aurions-nous pu éviter en contrôlant les frontières et les aéroports dès que la situation s’est aggravée en Chine et chez nos amis italiens ?

http://www.fdesouche.com/1348359-coronavirus-fermer-les-frontieres-une-reponse-qui-scientifiquement-na-pas-dinteret-assure-olivier-veran

https://twitter.com/gerard_larcher/status/1238002382908395520

Ce qui est certain, c’est que les pays qui ont pris des mesures rapides de confinement et de protection ont limité le nombre de morts. Et la Chine, qui sort de l’enfer, n’entend pas rechuter à cause des pays étrangers.

« La ville de Pékin a décidé que toutes les personnes arrivant dans la capitale chinoise à partir de lundi seront placées dans des centres de quarantaine pour protéger le pays des cas importés. Jusqu’à présent, les voyageurs en provenance de l’étranger devaient se placer en auto-quarantaine durant deux semaines, mais désormais seules les personnes faisant état de « circonstances particulières » ne seront pas envoyées dans ces structures où elles devront s’acquitter du prix de leur séjour, a rapporté dimanche le Beijing Daily, un quotidien officiel. »

Mais cédons la parole aux professionnels de la santé.

« On approche du point d’inflexion, ce moment où la courbe n’est plus linéaire mais exponentielle et où la situation peut devenir incontrôlable, comme en Italie. » (William Dab, épidémiologiste)

« Les services de réanimation des hôpitaux de Mulhouse, de Colmar ou de Strasbourg sont sous l’eau. » (médecins de la région Grand Est)

« Il peut y avoir une augmentation des cas graves de 20 % à 30 % par jour. » (Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP)

« On s’attend à une catastrophe sanitaire : beaucoup de morts et de larmes »  (professeur Jean-François Timsit, chef du service réanimation de l’hôpital Bichat )

« Je prépare mon équipe pour un marathon d’au moins trois mois. » (William Dab)

« Avant que la majorité de la population soit immunisée, ce qui freine la circulation du virus, il faut au minimum 6 semaines, si on a de la chance. Sinon, cela peut traîner jusqu’en juin ou juillet. »

« J’ai peur d’un tsunami », « Mon service sera plein ce soir » (Éric Caumes, chef du service infectiologie à la Pitié-Salpêtrière)

« Les courbes statistiques d’épidémiologistes sont catastrophiques. Il y a des pics qui vont jusqu’à 15 millions de gens contaminés en France. On n’a même pas commencé l’ascension de la courbe, on est au bas du pic. » (Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France)

De son côté, Jean-Michel Blanquer déclare que le virus peut toucher plus de la moitié de la population.

https://www.20minutes.fr/monde/2740227-20200315-coronavirus-direct-coronavirus-touchera-probablement-moitie-francais-selon-jean-michel-blanquer

La France doit s’apprêter à vivre des semaines difficiles, voire tragiques pour beaucoup.

C’est la conséquence d’une gestion désinvolte de la crise sanitaire, orchestrée par Emmanuel Macron, qui a pris la menace à la légère, en croyant  pouvoir préserver les forces économiques du pays. De plus, nous payons les politiques de restriction menées par les différents gouvernements depuis 20 ans.

Avec des coupes budgétaires multiples, la suppression de 75 000  lits, les diminutions drastiques d’effectifs, le numérus clausus, le système de santé français, naguère réputé mondialement pour son efficacité, est déjà à bout de souffle avant le pic de la pandémie.

Nos personnels soignants vont affronter la plus grande crise sanitaire depuis la grippe espagnole, en 1918, avec une pénurie de moyens dramatique.

Ce sont les politiques qui sont responsables et coupables de la tragédie qui s’annonce. Il conviendra de s’en souvenir en 2022…

En attendant, espérons que le Cod-19 va perdre de sa virulence avec les beaux jours, ce qui n’est pas acquis.

Jacques Guillemain