Entretien avec Guy Sorel autour de « Psychanalyse d’Allah »

Dans un ouvrage qui vient de paraître aux éditions Perspectives libres, Guy Sorel se propose « d’analyser le mode de relation entre Allah, ses fidèles et les non musulmans, afin de comprendre son influence sur la conception du monde islamique », ainsi qu’il est expliqué en quatrième de couverture. À travers une approche scientifique et non outrancière, l’auteur développe une réflexion étayée et fluide à la fois. Guy Sorel a bien voulu nous accorder un entretien afin de s’expliquer sur sa démarche et nous l’en remercions chaleureusement.


Riposte laïque : Bonjour, cher Guy Sorel et merci de nous accorder cet entretien. Pour commencer, pourriez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs ?

Guy Sorel : Je suis psychiatre-psychanalyse. J’ai été responsable d’un service de d’urgences psychiatriques pendant plusieurs années. J’ai une formation philosophique et je suis aussi un homme de terrain, à savoir que j’ai effectué un grand nombre de missions humanitaires dans le monde et le monde musulman en particulier. Parallèlement, j’ai étudié l’histoire des religions et ça m’a passionné parce que c’était centré
sur la problématique de l’articulation entre la foi et le délire. La foi, au fond, c’est la croyance en quelque chose que la raison ne peut pas approcher. Et dans l’ordre de la foi, il y a une profondeur très variable, selon les personnalités. Et mon approche de la foi est toujours de l’ordre psychologique. On ne peut pas imaginer une pensée hors d’une structure psychique.


Riposte laïque : Selon vous, l’islam, plus que tout autre religion, répondrait donc à la définition que Freud en donne, à savoir qu’elle serait « la névrose obsessionnelle, universelle de l’humanité » ?

Guy Sorel : Dans toute religion, dans tout rite il y a un aspect obsessionnel. Et ce n’est pas en soi quelque chose de profondément pathologique. S’agissant de l’islam, je vais vous expliquer sa particularité à partir d’exemples. On parle d’islam et d’islamisme. Ce qui est une aberration occidentale puisqu’en pays islamique ça n’existe pas l’islamisme. Il n’y a pas de mot en arabe pour dire « islamisme ». Il y a soit l’islam soit les non-musulmans. Le problème c’est que plus les musulmans connaissent le Coran et plus ça devient dangereux. Mais la plupart des musulmans ne connaissent pas grand-chose au Coran. À ce propos, les livres sacrés de l’islam sont écrits et interprétés sous l’angle du  déni. Par exemple, Mahomet c’est le modèle des modèles, le beau modèle. En même temps, ils écrivent que c’est un bandit de grand
chemin qui fait des razzias. Dans les Hadiths, il dit des choses épouvantables. Par exemple, celui qui regarde dans une maison pour voir
des musulmanes à moitié nues, il faut lui crever les yeux avec des clous au fer rouge. Et si on dit aux musulmans que c’est affreux, ils
répondent que Mahomet a raison. Pas à un seul moment ils ne peuvent considérer que c’est une horreur. Dans le catholicisme, si saint Paul
stipule que la femme doit obéir à son mari, il n’y a pas de sanction clairement énoncée si elle s’y refuse.


Riposte laïque : Il y a effectivement la question obsessionnelle de la sexualité en islam. Pouvez-vous nous en parler ?

Guy Sorel : Du côté de la sexualité, il y a aussi un paradoxe : d’un côté l’aspect effectivement hyper puritain place l’honneur musulman dans
le sexe de la femme mariée. En cas d’adultère, voire de viol, le mari ou la famille peut la tuer, elle ne fait plus partie de la communauté
supposée. Et en même temps, il y a l’idée que Mahomet c’était un acteur extraordinaire sur le plan sexuel. Mais c’est surtout pour faire des
enfants, parce que la fornication est interdite. Donc c’est à la fois le sexe d’une norme encadrée et le sexe impureté.


Riposte laïque : Vous évoquez le caractère paranoïaque du Coran. Pouvez-vous développer cette idée ?

Guy Sorel : Le Coran a tous les aspects de la paranoïa clinique. Je m’explique : dans la paranoïa, il y a le problème du dehors et du dedans. Au-dedans de la personnalité paranoïaque, le sujet se considère comme le meilleur, le plus extraordinaire des hommes, très supérieur aux
autres. Dans le Coran, c’est très rapidement dit : « Vous êtes la meilleure communauté qui ait surgi parmi les hommes.» Et il y a immédiatement une scission entre le Bien et le Mal. Le Bien c’est la communauté, le musulman. Le Mal c’est tout ce qui extérieur, qui est
mauvais, qui doit être éliminé. Et ça c’est vraiment la différence avec d’autres civilisations : le Bien doit éradiquer le Mal. C’est à la fois
tous les régimes totalitaires et les paranoïaques qui pensent comme ça.

Riposte laïque : Le titre de votre ouvrage c’est Psychanalyse d’Allah ou la religion intouchable. Ne pourrait-on pas aussi écrire « Psychanalyse de Mahomet » ?

Guy Sorel : Non. En principe, c’est Allah le grand Patron. Allah et Mahomet sont les deux associés. Je le dis justement de façon un peu
provocatrice, parce que le pire péché pour l’islam c’est l’association. Quant au personnage historique Mahomet, il y a beaucoup d’incohérences. Entre sa mort supposée et l’apparition du Coran, il y a deux cents ans à peu près de trou noir. Il n’y a rien qui a été écrit et retrouvé. On ne peut pas aller jusqu’à dire qu’il n’a pas existé. Mais dans sa supposée existence on parle de La Mecque, de Médine, ce qui est aberrant sur le plan de la réalité. Car La Mecque n’existait pas à l’époque ; personne n’en parle avant les VIIIe-IXe siècles. Il n’y a pas un seul document qui atteste de son existence auparavant. Par ailleurs, on n’a pas trouvé d’objets archéologiques dans la région de La Mecque, qui était de surcroît en dehors des routes des caravanes. Ce qui me fait dire que les textes sacrés musulmans sont beaucoup plus proches de la paranoïa que de l’obsession. Autre incohérence, on nous dit que Mahomet a reçu la première révélation de l’ange la nuit du Ramadan. Donc, le Ramadan existait avant l’islam ?!

Riposte laïque : Vous évoquez l’incohérence du Coran, à la lumière des travaux de Sami Aldeeb. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Guy Sorel : Sami Aldeeb a publié un Coran selon l’ordre chronologique, contrairement au Coran traditionnel, où les sourates sont présentées par ordre de longueur, ce qui est encore une fois une aberration absolue. Dans le Coran, les sourates du début sont la base du droit et celles de la fin sont supposées poétiques et dont on peut discuter la qualité. Encore une nouvelle preuve de déni, lorsque les musulmans disent que le Coran est inimitable. Pourtant, quand on le lit, on est loin du compte. Sans parler des incohérences, car on peut comprendre le Coran si on ne connaît pas la Bible, alors qu’il est interdit de la lire en islam. Ce qui trahit la multiplicité des auteurs et participe de l’incohérence du texte. Par exemple, un bout de verset prescrit que les dhimmis – les vaincus non musulmans donc – paient le tribut. Et ce demi-verset ne colle pas tout-à-fait avec le reste du verset. On voit qu’il a été rajouté. Et c’est ce qu’explique Sami Aldeeb.

(Ndlr : Sami Aldeeb est un chrétien d’origine arabe. Il est né en 1949, en Palestine. Diplômé en sciences politiques de l’Institut universitaire de hautes études internationales de Genève, il est aussi licencié et docteur en droit de l’Université de Fribourg. Il est par ailleurs Responsable du droit arabe et musulman à l’Institut suisse de droit comparé à Lausanne. Enfin, il a écrit de nombreux ouvrages et articles sur le droit arabe et musulman et le Proche-Orient.)

Riposte laïque : Dans le Coran, il est beaucoup question de soumission mais peu d’élévation spirituelle, voire d’amour. Qu’en pensez-vous ?

Guy Sorel : Il n’y a pas d’amour dans le Coran, ni dans les Hadiths. Il faut obéir, et non penser. Le mouvement de spiritualité n’existe pas dans le Coran. Pour devenir croyant, on vous demande juste de dire une phrase : la chahada (profession de foi musulmane).

Riposte laïque : Quid des fameux « déséquilibrés » musulmans ? 

Guy Sorel : « Déséquilibré » c’est une invention du ministère de l’Intérieur. Ça ne veut rien dire en psychiatrie. On ne parlait jamais de déséquilibrés avant les attentats islamiques. Les délinquants paranoïaques, malgré l’arrogance qu’ils montrent, au fond d’eux-mêmes ils ont le sentiment d’être minables. Ce sont des gens qui n’existent que par leurs exactions. Je pense que la grande majorité des gens qui vont faire des attentats, structurés autour du Coran – même s’ils l’ont lu de façon très vague –, sont recrutés parmi les paranoïaques. Et l’argument qui vient en face c’est : « Oui, mais ils ne sont pas tous comme ça. » Ce qui est vrai puisque, s’ils étaient tous comme ça, il y aurait un bain de sang continu. Ce qui différencie celui qui va perpétrer un attentat – sans aucun sentiment de culpabilité d’ailleurs puisqu’il tue des gens qui sont « mauvais » – de ceux qui pensent comme lui mais qui ne vont pas passer à l’acte, c’est qu’ils ne sont pas paranos. Ils ont la formulation et les idées du Coran mais ça s’arrête là. De ce fait, il y a très peu d’attentats. Il y a des gens qui ont applaudi à l’attentat du Bataclan, mais ils ne l’ont pas fait. C’est ça la différence psychologique : ceux qui l’ont fait ce sont des vrais paranoïaques. Ceux qui sont en accord avec eux, qui trouvent que c’est formidable qu’ils aient tué, ne le feront jamais. En même temps, les gens les plus fragiles sur le plan psychique sont le plus faciles à influencer.

Riposte laïque : Nous, Occidentaux, face à l’islam, ne serait-ce pas la pulsion de vie face à la pulsion de mort ?

Guy Sorel : Ce n’est pas forcément aussi tranché que ça. Il y a des vrais musulmans qui croient sans comprendre. Dans le christianisme, si tu veux plaire à Dieu il faut que tu aimes ton prochain, que tu t’aimes aussi un petit peu toi-même, qu’il y ait un lien avec l’autre. Si tu veux plaire à Dieu dans le Coran, il faut éliminer ton prochain, c’est-à-dire celui qui refuse d’être musulman. C’est l’essence de la folie.

Riposte laïque : Donc, parler de musulmans modérés est un non-sens ?

Guy Sorel : Jusqu’à présent, on parle de l’islam en tant qu’essence, les dogmes, ce que Dieu a dit. Il y a donc l’essence d’une religion et ce que les gens en font. Ceux qui sont les plus fervents, ceux qui sont le plus fidèles à toutes les prescriptions du Coran, c’est l’État islamique. On a posé la question suivante à l’université Al-Azhar, au Caire : « Est-ce que l’État islamique sont des musulmans ou des hérétiques ? » Ils ont réfléchi, étudié et ils ont dit : « Ce sont les meilleurs pratiquants des prescriptions divines. » Sauf une, selon eux : au sujet du pilote jordanien brûlé vif dans une cage, car il n’y a que Dieu qui doit se servir du feu pour punir. D’ailleurs, le Dieu du Coran est le prince des enfers. C’est écrit dans le Coran. Et l’État islamique dit aux musulmans qui ne suivent pas les prescriptions divines : « Vous êtes des hérétiques, il faut suivre les prescriptions divines. » C’est l’impasse islamique.

Riposte laïque : Avec votre livre, espérez-vous une certaine prise de conscience de la part des musulmans ?

Guy Sorel : J’aimerais beaucoup. Mais c’est difficile. Parce que s’il y a des gens qui me recherchent pour me couper la tête, ce n’est pas très intéressant. Ce serait toutefois mon rêve qu’il y ait une confrontation avec des théologiens. J’avais rencontré Ben Cheikh, animateur de
l’émission Questions d’islam sur France 2, pour faire une vidéo sur lui. C’est un type intelligent, mais en deux minutes j’avais démonté son argumentaire et il ne savait plus quoi dire. Il m’a d’ailleurs demandé de ne pas diffuser cette vidéo de notre échange, dont il n’était pas satisfait, ce que j’ai respecté.

Riposte laïque : À la lumière de ce que vous nous avez dit, comment voyez-vous l’avenir ?

Guy Sorel : Le plus important c’est l’idée que, jusqu’à présent, il n’y pas de confrontation avec l’islam. Même intellectuelle. Les gens disent : « C’est une religion, on n’est pas d’accord avec, mais on respecte. » Ce n’est pas ça qu’il faudrait faire. Il faudrait rencontrer des gens qui sont à fond avec ce qu’il y a de prescrit dans leur Coran et parler avec eux en disant : « Et alors, vous êtes pour couper la main du voleur ? Dieu a dit ça. Donc, est-ce que vous faites ce que Dieu a dit ou pas ? ». Si vous le faites, c’est criminel. Si vous ne le faites pas, vous refusez la prescription d’Allah, vous n’êtes plus musulman ?

Riposte laïque : Guy Sorel, merci encore pour vos explications.

(Propos recueillis par Charles Demassieux)

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5 Commentaires

  1. moralité, lisEZ le coran

    oui, lisez le coran, mais plume en main, relevez tous les versets qui vous font enrager, par catégories: assassins(tuez les tous), misogynes (la femme est un champ à labourer à loisir) , sadiques(du cuivre fondu à boire et des herbes sèches à manger pour les mécréants), scientifiques (la terre est plate comme un tapis) etc.

  2. Mais non c’est vous qui ne comprenez pas : la terre est plate, le soleil s’éclaire chaque matin et tombe le soir dans un lac de boue, l’amour c’est le viol préférablement pédophile, la tolérance c’est ‘crois ou meurt’ et la paix ce sont deux cent soixante dix millions de morts violentes en quatorze siècles, soit un Oradour sur Glane par jour, soit encore plus que toutes les idéologies mortifères ENSEMBLE depuis le début de l’humanité !!! Et il y en a encore qui se posent la question de savoir si on doit garder ça chez nous !!!

  3. Très intéressant merci de ce texte. Pour info sur Sami Aldeeb:
    http://www.blog.sami-aldeeb.com/2017/03/06/changer-le-comportement-des-musulmans-en-changeant-lordre-du-coran/#more-67382
    Il y a eu deux périodes bien distincte de prédication, la première dite Mecquoise correspond aux versets moins agressifs que les suivants, explicitement totalitaires. La seconde, médinoise, correspond aux massacres de juifs et de chrétiens, ses versets sont des appels à l’intolérance totale et à la guerre permanente. Les premiers ne sont plus valables et sont abrogés par les autorités de l’Islam, seuls les seconds sont la référence autorisée. Pourtant, les premiers sont toujours là, mélangés aux seconds. Aucune source bien-pensante islamophile ne vous le dira.

  4. Effectivement, il n’y a pas de différences entre islam et islamisme, ce dernier étant un concept occidental ! Il y a également très peu de différence entre un musulman lambda « occidentalisé » et un musulman radical ! Tous les deux croient dur comme fer que le brûlot coranique et sa charia émanent d’un dieu vengeur nommé allah !Encore faut-il l’avoir lu !C’est là qu’on s’aperçoit de l’inculture crasse et des lacunes d’une MLP sur le sujet ! Elle est devenue politiquement correcte comme la plupart des politicards ! Hier, dans le « face à Baba », émission d’un certain Juif qui se prend pour un muzz (et qui devrait consulter un psy), elle était absolument écoeurante de mauvaise foi et de retournement de veste !

  5. Sorel dit : « La foi au fond, c’est la croyance en quelque chose que la raison ne peut pas approcher. »
    PAS D ACCORD : la raison peut approcher la foi et même la déclencher.

    dans le livre des esprits d’alan Kardec qui codifie les enseignements donnés par des esprits supérieurs par le truchement de 1000 médiums du monde entier qui ont répondu à 1019 questions de haut niveau par Alan Kardec la raison est inscrite’ à chaque page. c’tait au 19eme siècle 850) A cette époque il n y avait pas de service de réanimation. Depuis des personnes sont passées de l’autre coté et sont revenues. elle corroborent les enseignements notés dans le livre des esprits.

    site du CESVAK allez en bas de page cliquer sur Livres-Vidéos

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