Envoyé spécial : Mesdames, je suis indignée de ce que vous avez fait de mon témoignage

Publié le 11 février 2012 - par - 5 568 vues
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ENVOYÉ  SPÉCIAL :  SPÉCIALE  DÉSINFORMATION

Voici la lettre que j’adresse conjointement à ces dames de « Envoyé Spécial », présumées journalistes, et au Président de France Télévisions.

Mesdames,

Je figure dans votre émission du 9 février 2012, intitulée «  Islam : au nom de la peur » (NDLR, 3e vidéo). 

[youtube Ji5-umfWSSw] 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Ji5-umfWSSw

[youtube RCwIR0gZJco] 

http://www.youtube.com/watch?v=RCwIR0gZJco&feature=player_embedded

[youtube YSzMXNOTFNM]

Tout un parti pris déjà dans le titre ! La peur est un vilain sentiment, n’est-ce pas ? J’ai passé avec votre journaliste un après-midi entier chez moi et le lendemain, nous nous sommes rendues à La Mutualité. Faute d’un repérage préalable, nous sommes tombées sur des travaux interdisant l’approche du lieu. Joli professionnalisme ! Que reste-t-il de ces longues heures d’entretien ? Une mauvaise caricature. Un croupion de reportage. Votre journaliste, Anouk Burel -mais est-ce une journaliste ? –  affichait un parti pris clair, ne se souciait pas de comprendre, mais me harcelait de questions tendancieuses et s’indignait de mon « alliance » avec les Identitaires. Une vraie militante gauchiste obsédée par l’extrême droite, pas une journaliste digne de ce nom et de la neutralité indispensable à l’exercice de cette fonction. Je n’ai jamais connu, en 40 ans de contacts réguliers avec votre profession, à la fois une telle indigence dans les questions et un tel traitement méprisant.  On comprend que votre profession suscite tant de méfiance et de rejet dans le public.

On a coupé impitoyablement dans l’essentiel de ces entretiens  : coupées les raisons qui motivent mon engagement depuis plus de 20 ans contre la progression de pratiques et comportements en contradiction avec nos valeurs républicaines, rien sur la relation entre mon féminisme et cette religion qui relègue et discrimine les femmes. Mais le propos était clair : il s’agissait de couper court à toute réflexion de fond sur le sujet, en donnant une vision partiale, tronquée d’engagements  qui traduisent, chacun différemment et à partir d’itinéraires différents, la même préoccupation : non pas la peur mais une légitime inquiétude. Le fait que des personnes  si diverses s’engagent dans ce combat, et qu’un grand public y soit réceptif,  est en soi un signe à prendre au sérieux.

Nous ne sommes pas minoritaires, mesdames. Bien au contraire, nous affirmons publiquement ce que pensent, disent entre eux, des millions de Français. Avez-vous pris la peine de les interroger ? Êtes-vous allées au delà de votre pré-carré centre ville ? Que savez vous de ce que vivent, ressentent des milliers de personnes qui voient leur quartier peu à peu s’hallaliser, s’emburquaniser, s’organiser en ghettos hostiles à ce pays qui les a accueillis ? Avez-vous mis seulement le pied ne fut ce qu’à  Montreuil  (métro Porte de Montreuil) ? Offrez vous donc une belle occasion de dépaysement ! Vous préférez vous en remettre aux jugements bien pensants de quelques experts, tous d’accord, qui n’ont jamais franchi les limites de leurs arrondissements huppés. 

Mesdames, je suis indignée de ce que vous avez fait de mon témoignage. Vous n’avez pas respecté mes propos, vous avez enfreint la neutralité indissociable de votre profession, votre parti pris est visible tout au long de cette émission.  Qu’avez-vous apporté au public ? Les avez-vous informés sur le réel problème que constitue la progression de l’islam en France ? Non, vous n’avez pas informé, vous avez désinformé. 

Je vous laisse à méditer pour finir, cette citation  de Schopenhauer :

«  Toute vérité franchit trois étapes. D’abord elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition, puis elle est considérée comme ayant toujours été une évidence ». A. Schopenhauer.

Avec mes sentiments attristés. 

Anne Zelensky

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