Erdogan, le dictateur fou qui peut tout se permettre !

 

Un an après l’échec du putsch de la nuit du 15 au 16 juillet 2016, Recep Tayyip Erdogan se sent plus fort que jamais.

Il a sévèrement maté toute forme d’opposition à son régime et concentre désormais tous les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif entre ses mains. Bruxelles, pendant ce temps, préfère jouer à l’autruche. On ne va pas tout de même pas se fâcher avec la Turquie pour des atteintes à la démocratie !

Ainsi l’Europe choisit-elle de s’asseoir sur ses grands principes démocratiques plutôt que de risquer de déplaire au « nouveau Sultan » d’Ankara comme l’ont surnommé ses détracteurs.

Certes les élus du parlement européen renâclent à poursuivre les négociations d’adhésion de la Turquie à l’union européenne. A une très large majorité ils ont réclamé la suspension officielle des négociations avec un régime qui pratique une répression féroce contre ses opposants.

Des gülenistes – partisans de l’imam Fétullah Gülen suspecté d’être l’inspirateur du putsch -, la chasse aux sorcières s’est étendue aux milieux Kurdes puis à tous ceux qui au sein de l’armée, de l’administration, de la justice, des enseignants ou de la presse sont considérés comme des adversaires politiques.

En un an, 50 000 personnes ont été emprisonnées et 150 000 ont perdu leur emploi suite à des dénonciations. La presse, elle, a été carrément muselée : 150 médias ont été fermés par décret et 2500 journalistes suspendus. L’opposition est tenue en laisse ! Et ce n’est pas fini ! Quelques semaines après l’échec de la tentative de putsch, le gouvernement a annoncé qu’il allait créer 174 nouvelles prisons d’ici cinq ans. La Turquie avait la réputation depuis quelques années d’être « la plus grande prison au monde pour les journalistes ».

Elle le sera bientôt aussi pour l’opposition. « La démocratie c’est comme un tramway, avait prévenu Erdogan. Quand on est arrivé au terminus, on en descend ».

C’était il y a 20 ans. Depuis le dictateur fou a gravi les échelons du pouvoir devenant Premier ministre en 2003 et président en 2014, transformant le régime parlementaire en régime présidentiel avec le référendum d’avril dernier qui ne lui a donné d’ailleurs qu’une très étroite majorité (51,3%). Un tyran qui se moque de nos valeurs.

Et c’est avec ce genre de personnage qui promet « d’arracher la tête des traîtres », qui insulte l’Allemagne et les Pays-Bas en parlant de « méthodes nazies » lorsque ces pays interdisent aux ministres Turcs de tenir des meetings politiques dans les villes européennes et qui de plus prône un islam nationaliste. Bref, c’est avec ce tyran qui se moque comme d’une guigne de nos valeurs occidentales que les dirigeants et responsables de l’union européenne veulent, malgré tout, au nom de la realpolitik, maintenir le contact, « avoir un dialogue ouvert » comme le souhaite à Bruxelles le commissaire en charge de l’élargissement de l’Europe. « Que gagnerait-on à sortir de l’hypocrisie et des faux- semblants ? Pour l’amour de la clarté nous prendrions un risque » n’hésite pas à souligner un diplomate (Le Figaro du 15-16 juillet).

Les affaires étant ce qu’elles sont, Bruxelles préfère voir le côté positif des relations avec la Turquie « partenaire clé » pour la question des migrants et l’aide qu’elle a apportée dans la lutte contre Daech. Des collaborations qui n’ont pas été gratuites, loin s’en faut, pour la Turquie qui a obtenu des contreparties, notamment financières, avec le versement d’une nouvelle somme de trois milliards d’euros d’ici la fin de l’année.

« Ne pas faire de vagues » est aujourd’hui le leitmotiv des Européens. C’était aussi celui de Chamberlain après la signature des désastreux accords de Munich de 1937. Il est des leçons de l’Histoire que les gouvernants préfèrent oublier. Elles rappellent de trop mauvais souvenirs !

Alain MARSAUGUY

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12 Commentaires

  1. Cette merde de dictateur peut tout se permettre. Jamais il ne fera face à une campagne de dénigrement comme Trump.Étonnant ce silence des anti Trump ,pas un mot ,pas de condamnations.

  2. Chantage à l’immigration. 6 Mds d’aide ! Merci L’Europe !
    La même Europe qui menace la Pologne pour les Droits de l’.Homme, et Visegrad pour le refus d’accueil de « réfugiés » ?
    La Turquie doit être exclue de l’OTAN, des négociations avec l’U.E. et VITE !

  3. J’aimerais bien que tous les Turcs qui vivent chez nous, et qui ont voté pour lui, aillent vite goûter la République islamique, puisqu’il en sont friands.
    Mais ils préfèrent sans doute la tester pour les vacances, et imposer leur art de vivre leur religion de paix chez nous.
    Nos dirigeants détiennent là un moyen de pression sur cette communauté qui chercherait à vouloir nous imposer leur religion, ou qui se plaindrait de discrimination.
    L’espoir fait vivre…

  4. Bon article, mais le titre ne va pas. Erdogan est bien un dictateur, mais il n’est pas  » fou « . Ses actions sont dans la plus pure logique de l’Islam. Erdogan, présenté pendant des années par les medias occidentaux comme un « Islamiste modéré « , a dit une fois:  » Il n’y a pas d’Islamisme (dur) ni d’Islamisme modéré; l’Islam, c’est l’Islam! « … Et l’Islam, c’est l’obéissance au Coran.Et le Coran dit en toutes lettres  » Toute la Religion doit etre à Allah « … La terre entière doit devenir musulmane, à commencer par notre Europe. Erdogan n’est pas un fou; c’est juste un bon musulman.

  5. Brexit : faute d’accord nucléaire, Londres menace de réexpédier à l’UE ses déchets radioactifs

    Parmi les nombreux sujets litigieux entre Bruxelles et Londres dans le cadre du Brexit : la possibilité d’un accord nucléaire. Face à la mauvaise volonté de l’UE, le Royaume-Uni menace de réexpédier les déchets radioactifs du continent.

    https://francais.rt.com/international/41191-brexit-faute-daccord-nucleaire-londres-menace-reexpedier-union-europeenne-dechets-radioactifs

  6. Je l’aime bien moi le musulman « modéré » Erdogan, il a bien joué de la flute aux dirigeants européens trop content de vendre l’islam éclairé aux couillons
    quand on osait émettre l’avis que Erdogan était un petit dictateur en attente du moment favorable comme tout les musulmans au pouvoir,que n’entendions nous pas comme anathème « facho »
    Voir maintenant l’UE le menacer de ne pas le laisser entrer dans un truc ou il n’a jamais voulu entrer c’est comique,surtout en prenant le pognon pour faire semblant de bloquer les clandestins

  7. Franchement je m’en moque, il fait ce qu’il veut chez-lui mais que la Turquie ne prétende jamais à entrer dans l’Europe.
    Je ne leur imposerai pas mes us et coutumes, par contre j’aimerai que les étrangers ne m’imposent pas les-leurs.

    Ma motivation à refuser l’entrée de la Turquie dans l’Europe n’a rien à voir avec Erdogan, même s’il s’agissait de Mustafa Kemal Atatürk ma réponse serait la même.
    Autres contrées autres mœurs, autres traditions, autres cultures.

    L’Europe n’a pas vocation de s’étendre de Pékin jusqu’à Madagascar en passant par le Svalbard, sinon qu’ils appellent cela « l’internationale au genre inhumain » sans se cacher.

    • Moi je ne m’en moque pas parce que Erdogan fait fuir les opposants et les chômeurs du pays.
      Une fois ces gens sur notre sol, ils nous imposent ce qu’ils ont fui

      • Rien ne nous force à accueillir ses opposants, ni tous les damnés de la planète.
        La terre est vaste,il y a plus de 200 pays où ils peuvent aller.
        Qui plus-est, leurs frères de l’Arabie-Saoudite, du Qatar et du Koweït sont les trois pays au plus fort PIB/habitant au monde.

        Seuls nos corrompus nous font un chantage moral permanent pour récupérer, dictateurs, terroristes, handicapés, retraités sans droits, et autres canards boiteux ou nuisibles sans frontières.

        Ce n’est pas Erdogan qui décide de la politique intérieure Française depuis 1973.

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