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Éric Le Boucher, 70 ans, n’aime pas les vieux Blancs malades

On le savait déjà, que les vieux Blancs étaient mal vus. Visiblement depuis quelques années, la couleur de peau turlupine les Français. Et l’âge aussi.

Le mâle blanc hétérosexuel est pointé du doigt. Il est synonyme de « rancitude » (sans f). Il ne devrait être ni blanc ni mâle ni hétérosexuel, ce n’est vraiment plus à la mode.

Le général de Gaulle n’a rien dit sur l’hétérosexualité, ni sur l’âge, mais il a parlé de la couleur : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité ». Mais n’était-il pas quand il a été président de la République un mâle blanc, hétérosexuel de plus de cinquante ans ?

Depuis son passage, les langues se sont déliées, les études sont arrivées des USA, études à sens unique ne faisant jamais allusion au mâle noir…

Delphine Ernotte, alors présidente de France Télévisions, est devenue célèbre en  déclarant en septembre 2015 : « on a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans et ça, il va falloir que ça change ».

Ségolène Royal, dans ses mémoires, égratigne aussi le vieux mâle blanc. Fabius par exemple, qui lui a demandé en 2006, lors de la primaire du PS, qui garderait les enfants…

Quand Mathieu Orphelin, député LREM, a fait son coming out en 2018, Johnny Blanc lui a répondu « et alors ? Moi je suis hétérosexuel ! On s’en fout ! Qu’il fasse son boulot ! » et Orphelin de lui dire « vous avez réagi comme un vieux mâle blanc hétérosexuel ».

Sibeth a rajeuni le modèle et déclaré à la télé en décembre 2019 que les ministres étaient comme la société : « Notre gouvernement est à l’image de la France : il n’y a pas que des technos blancs de 40 ans » !

Il y a certainement là un lapsus révélateur : elle aimerait bien que cela soit le cas mais on ne trouve guère que de la blanchitude chez nos ministres. Une erreur à réparer le plus vite possible. Précédemment on a eu Taubira, Belkacem… mais aujourd’hui, la Sibeth tient de la place pour dix, il faut le reconnaître.

Et voilà qu’on a Éric Le Boucher, ancien journaleux du Monde passé aux Échos, anti-Gilets jaunes et pro-immigration, qui déclare avec mépris que « la pandémie tue les vieux Blancs déjà malades ! » Tout ça pour ça, en quelque sorte  !

http://www.fdesouche.com/1371005-coronavirus-tout-ca-pour-des-vieux-blancs-malades

Rokhaya Dialo, auteure de « Où sont les Noirs ? », sa copine Nique-la-France Houria Bouteldja, ainsi qu’Obono la député LFI d’origine gabonaise qui ne sait pas dire « vive la France », doivent jubiler. Que les Blancs disparaissent, et vite ! Tout est de leur faute.

D’abord, aucune étude sérieuse ne dit que le Coronavirus touche surtout les Blancs, ni qu’ils en meurent davantage. C’est un préjugé. Un jeune Camerounais ayant guéri en Chine, certains ont cru pouvoir plastronner et dire que les Noirs étaient plus résistants.

Le docteur Amadou Sall de l’Institut Pasteur de Dakar affirme que rien ne prouve que les personnes noires soient plus résistantes au Coronavirus que les autres :

https://factuel.afp.com/non-les-personnes-noires-ne-sont-pas-plus-resistantes-au-coronavirus

Ensuite le Coronavirus ne tue pas que les vieux, il tue aussi les jeunes.

Le Boucher aurait-il admis qu’une maladie touche des jeunes Noirs en bonne santé ? On en doute. Pourtant cela existe : la dépranocytose par exemple, n’atteint que les Noirs. Le paludisme aussi préfère les Noirs. Il tue 700 000 personnes par an, de préférence jeunes et noires.

Mais on n’en parle pas, car il ne faut pas les blesser, eux.

Être « un vieux Blanc malade » est devenu une insulte.

Pire encore : dans les Ehpad on en a tué pour moins que cela. On a enfermé à clef « les vieux Blancs malades » dans leurs chambres, sans visite, même de leurs proches. On les a traités comme des pestiférés, laissant les plateaux repas devant leur porte, et pour ceux qui avaient besoin d’être changés, les laissant croupir dans des couches souillées. On a interdit qu’ils soient emmenés en réanimation ou seulement à l’hôpital. On les a piqués au Rivotril pour favoriser le grand passage.

On ne sait même pas à partir de quand on est vieux et malade. Tout ce qu’on sait, c’est qu’au-delà de cette limite, votre ticket n’est plus valable.

Les vieux, qui ont construit la France pendant les Trente Glorieuses, qui la voient se déconstruire les larmes dans les yeux, n’ont qu’à bien se planquer dans leurs trous. Ils sont des « has been » et la patrie reconnaissante leur marche dessus. Ils ne sont plus utiles. Ils n’ont plus qu’à dégager.

C’est à la manière dont une société traite ses personnes âgées qu’on la juge, dit-on. Il  semble que les pays d’Afrique traitent beaucoup mieux les personnes âgées que nous. On considère en Afrique que vivre vieux est une bénédiction des dieux, on les écoute dans les palabres sous l’arbre, on les entoure : https://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1983_num_37_1_1553

La France n’est donc même pas un pays du tiers monde si on suit les propos de Le Boucher, elle se situe au niveau en dessous.

Qu’Éric Le Boucher, qui va avoir 70 ans à la fin du mois, prenne garde, il pourrait bien lui arriver un de ces jours et plus rapidement que prévu, de devenir un vieux mâle blanc…

Sophie Durand