Eric Zemmour exécute Mélenchon et démontre magistralement ses contradictions

Publié le 8 mai 2013 - par - 9 330 vues
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pujadas mélucheLe chroniqueur de RTL Eric Zemmour, en trois minutes, démonte magistralement Jean-Luc Mélenchon, et ses innombrables contradictions. Du grand art, ce journaliste a réussi, en peu de temps, à exprimer tout ce que j’ai parfois ressenti, pendant mes dix années passées chez Jean-Luc Mélenchon, sans jamais oser l’exprimer, voire avoir la capacité de le traduire avec des mots… Je ressentais alors un sentiment confus, une petite alarme dans ma tête, comme si quelque chose n’allait pas. Voilà, en huit points, ce que j’ai retenu de la dissertation du chroniqueur de RTL.

http://www.rtl.fr/emission/la-chronique-d-eric-zemmour/ecouter/la-chronique-d-eric-zemmour-melenchon-le-tigre-de-papier-7761160186

1. Mélenchon siège très rarement à Bruxelles mais ne laissera pour rien au monde sa place de tête de liste aux élections européennes. Cela m’avait mis mal à l’aise, quand Jean-Luc s’était présenté tête de liste dans le Sud-Ouest, où il n’avait jamais milité de sa vie, j’avais trouvé cela très politicien.

2. Il dénonce une 5ème République d’inspiration bonapartiste alors que ses camarades communistes lui reproche de jouer à l’homme providentiel. Là encore, Eric tape juste, car j’ai toujours, inconsciemment, senti un côté théâtral chez Méluche, et une fascination pour le général de Gaulle, de qui il disait pis que pendre, et pour Jaurès, dont il rêvait d’imiter les grandes envolées.

3. Il accuse Hollande de trahison tout en présentant sa candidature à Matignon. Et là, c’est vraiment énorme, Marine Le Pen a immédiatement mis le doigt là où cela fait mal : M. Mélenchon veut être le premier ministre du capitaine de pédalo ! Touché, coulé !

4. Il exige la fin de l’austérité mais veut conserver l’euro. Et là, c’est vraiment la principale contradiction, que d’ailleurs, avec humour, Pierre Cassen et Christine Tasin avaient relevé dans “La faute du Bobo Jocelyn”, où tous les mondialistes le félicitaient de ne pas demander la sortie de l’euro. Pour nombre de personnes qui constatent la faillite de l’Union européenne, le fait que même Mélenchon n’en demande pas la sortie montre qu’on ne peut rien faire. Attali et les siens peuvent être fiers de lui.

5. Il défend le mariage gay, joue au féministe enragé alors que la destruction des structures traditionnelles soumet des individus sans racine ni famille à la domination exclusive d’un marché qu’il vomit. Mais pour lui, ce soutien est davantage politicien que de conviction. Il pense que c’est un combat de gauche, donc il y va, et, selon ses habitudes, insulte ceux qui sont dans le camp d’en face.

6. Il veut rétablir les frontières pour les mouvements de marchandise, de capitaux mais pas pour ceux des hommes. C’est là encore une des faiblesses du personnage, il n’aime pas la France, il n’aime pas l’homme blanc, il n’aime pas notre civilisation, il veut du multiculturalisme, sans paraître comprendre que cela va avec la mondialisation libérale. Je crois vraiment que cela relève de la psychanalise, chez lui, cette fascination pour le Maroc de son enfance, et cette exécration de la civilisation dans laquelle il a grandi et s’est construit.

7. Il croit honorable de s’en prendre aux banquiers et pas aux immigrés. Mais les ouvriers, meilleurs marxistes que lui, ont bien compris que les patrons utilisaient les immigrés comme une armée de réserve du capitalisme afin de peser sur les coûts salariaux et diviser le camp des travailleurs. C’est d’ailleurs pourquoi il s’est ramassé la gamelle que l’on sait à Hénin Beaumont, et que, contrairement à ses promesses, il ne postulera pas aux municipales de 2014 dans cette ville. Mélenchon a sans doute beaucoup lu Marx, il a sans doute rencontré beaucoup de permanents syndicaux, mais n’a jamais rien compris à un peuple de France, ni à un monde du travail qu’il ne connaît pas.

8. Les électeurs de Mélenchon ne sont pas des ouvriers mais des socio-démocrates désabusés qui refusent seulement le virage social-libéral de Hollande. Comme Mélenchon lui-même, qui fut un excellent ministre du gouvernement Jospin (lui aussi social-libéral) dont il expliquait alors qu’il était le plus à gauche d’Europe. Boulevard Voltaire, cruellement, rappelle ce matin qu’il fut soubrette sous Jospin, c’est méchant, mais c’est hélas vrai.

Ca fait beaucoup pour un seul homme, mais j’ai compris la fonction de Jean-Luc Mélenchon. Il doit être le rebelle du système, tout en servant de rabatteur au candidat socialiste, pour éviter que le mécontentement ne se déplace chez Marine Le Pen, qui me parait déranger davantage nos décideurs que le patron du Parti de gauche…

Quand on a compris tout cela, on se sent mieux dans sa tête.

Joël Locin

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