Les errements et incompétences du gouvernement Syriza

Publié le 25 juin 2015 - par - 986 vues
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tsiprasUne bonne partie de ma vie, j’ai vécu en Grèce. Avec l’Allemagne et la France, ce sont mes trois patries. J’aime ce pays, la Grèce, qui a toujours su, jusqu’à nos jours – excepté Mykonos, qui a succombé aux festivités de l’hébétude consumériste mondialisées –  garder sa rusticité. Son authenticité. J’y étais propriétaire d’une maison à Ithaque, mes parents, avant moi, possédaient une maison à Hydra. J’y ai été missionnée durant de longs mois, par le Vice-Président de la Banque Européenne d’Investissement, Panagiotis Gennimatas, pour y monter un grand projet de développement économique dans le Sud Péloponnèse. Je me suis rendue compte qu’il est très difficile de travailler avec les Grecs. C’est du ressort de l’ascension de l’Himalaya. Autant dire que je connais bien le pays et son fonctionnement depuis des décennies. De la dictature militaire, au retour de la démocratie, accompagnée de toutes les turpitudes. Que sont devenus les héritiers d’Aristote ? Il convient de prendre en considération l’histoire grecque et les raisons qui les ont conduits à être ce qu’ils sont aujourd’hui. Ils ont vécu cinq cents ans sous domination Ottomane. Ca change un peuple. Et, s’ils parlent encore leur langue aujourd’hui, ils le doivent à l’Orthodoxie, dont les prêtres, au péril de leur vie, ont assuré la perpétuation de la langue. Je crois, sans me tromper, pouvoir affirmer que les Turcs ont appauvri les Grecs humainement.

Je l’observe aujourd’hui, avec leur comportement face à l’Europe, qui ne m’étonne aucunement. Ils sont malins, intelligents, roués et pas toujours très honnêtes. Souvenons nous de la falsification de leurs comptes pour entrer dans l’UE ! Grandement soutenus et aidés par Goldman Sachs. Mais qui est aujourd’hui honnête avec les Grecs ? Dans cet esprit, je vais me hasarder à leur faire quelques suggestions de bon sens.

Syriza, ce nouveau gouvernement supposé sauver la Grèce de l’austérité, est en train de se fourvoyer. Le gouvernement dépend de la bonne volonté de ses partenaires de l’UE. Cependant, il doit se rendre compte, que ses « partenaires » ne sont pas vraiment de bonne volonté. Le gouvernement grec n’a pas compris que leur seule préoccupation est le résultat final, ou, disons le ainsi, le profit de ceux qui détiennent la dette Grecque.

Le peuple grec est aussi détaché des réalités que son gouvernement. La majorité des Grecs souhaite rester au sein de l’UE, malgré la réduction de leurs retraites, de leurs salaires, de leurs services sociaux et de leurs emplois. Pour eux, apparemment, rester dans l’Europe vaudrait la chandelle, même s’ils sont mis à genoux.

Cette supposée « crise grecque » n’a aucun sens. Il est évident qu’avec son économie dévastée, la Grèce ne pourra rembourser sa dette. Cette dette, que Goldman Sachs a d’abord dissimulée pour ensuite capitaliser sur cette dernière, par des délits d’initiés, qui ont justement causé la crise.

Si la solvabilité des détenteurs de la dette Grecque, apparemment le New York hedge fund, ainsi que les banques Allemandes et Néerlandaises, dépend du remboursement, la BCE, suit l’exemple de la Federal Reserve, qui imprime des billets, afin de sécuriser la dette. En effet, la BCE est déjà en train d’imprimer 60 milliards € par mois pour sauver le système financier Européen. Pourquoi ne pas-y inclure la Grèce ?

Les conservateurs pourraient estimer qu’une telle action provoquerait l’inflation. Si l’on prend l’exemple des Etats Unis, il n’y a pas d’inflation, depuis que la FED fait fonctionner la planche à billet, à savoir, depuis sept ans. Ils ont même des intérêts négatifs qui attestent de l’absence d’inflation. Faire marcher la planche à billets pour la Grèce provoquerait donc l’inflation, et non pour Goldman Sachs, la City Bank ou JP Morgan Chase ?

Visiblement, l’Occident ne souhaite pas aider la Grèce. Le but de l’Occident est de piller la Grèce. L’idée est, que la Grèce obtienne de nouveaux emprunts, pour payer les emprunts existants, en échange de la vente de compagnies des eaux municipales à des investisseurs privés, ce qui signifie que les tarifs de l’eau augmenteront pour le peuple Grec. Comme vendre également la loterie d’Etat à des investisseurs privés, ce qui provoque inévitablement une chute des revenus pour le pays, et qui rendra plus difficile le remboursement de la dette, outre la « privatisation » en vendant les iles Grecques protégées à des développeurs immobiliers. Tout ceci sont des bonnes affaires pour tout le monde, sauf pour la Grèce.

Si le gouvernement grec avait un peu de bon sens, il ferait défaut tout simplement. Ce qui délivrerait la Grèce de sa dette. Par quelques mots seulement, la Grèce pourrait passer d’un pays lourdement endetté, à un pays sans dette. Le pays serait alors en capacité d’émettre ses propres emprunts obligataires et si des crédits extérieurs sont nécessaires, la Grèce pourrait accepter les avances Russes. En effet, si les gouvernements Russe et Chinois avaient eux aussi un peu de bon sens, ils paieraient la Grèce pour faire défaut, afin qu’elle quitte l’UE et l’OTAN. Ainsi, l’empire américain vacillerait et la menace de guerre face à la Russie et la Chine s’éloignerait. Pour les Russes et les Chinois, sauver la Grèce, leur couterait bien moins cher qu’une préparation à la guerre.

Cependant, les affaires se corsent. La Grèce n’est pas fiable et, c’est bien dommage. Décidément, le gouvernement grec agit avec un amateurisme irresponsable. Devant la prochaine arrivée de la troïka et de ses exigences avancées, le gouvernement est gêné concernant le contrat récemment signé à Saint Petersbourg sur un projet de pipeline. Le Ministre Grec des Affaires Etrangères, Nikos Kotzias, a prit, lundi, ses distances avec ce contrat signé, il y a seulement quelques jours. Kotzias a déclaré que, les contrats énergétiques Grecs ne doivent pas comporter de conditions et de règles « qui seraient en désaccords avec le cadre de l’UE ». Il se réfère, selon le quotidien KATHIMERINI, le Figaro local

http://www.ekathimerini.com/4dcgi/_w_articles_wsite1_1_23/06/2015_551374

à un mémorandum, dans lequel se trouve un passage que la Commission Européenne a écarté, le trouvant inacceptable et qui mentionne que le seul partenaire Russe aurait le droit selon les besoins à en être le seul gestionnaire. Ce serait une infraction contre le droit à la concurrence, estime l’UERSS. Ce contrat a été signé par le Ministre Grec de l’Energie, Panagiotis Lafazanis, après que le PM Tsipras et le Président Poutine ont entériné l’accord. Si toutefois la Grèce devait mettre en question cet accord avec la Russie, Athènes se priverait du financement d’un projet lucratif, lequel projet de 2 milliards € doit être financé par la VEB Bank russe, ce qui signifierait que la VEB serait pour 50% propriétaire et la Grèce pour l’autre moitié. Il est donc clair, que du côté de l’UERSS, l’abandon du projet Russe serait une condition pour l’octroi d’autres crédits. Et, last but not least, les Américains mettent leur grain de sel, par la voix du nouveau Ministre de la Défense, Ashton Carter, qui a souligné clairement, lundi, à Berlin, que le but stratégique du gouvernement Américain est que l’UERSS doit se libérer de sa dépendance en importation d’énergie en provenance de la Russie. Ashton souligne les agressions de la Russie et estime qu’elle a annexé de force la Crimée, oubliant que le peuple a voté. L’hôpital qui se fout de la charité, lorsqu’on sait toutes les agressions US dans le monde, à commencer par la déstabilisation du Moyen Orient et ses tentatives de déstabiliser aussi bien la Russie que la Chine. Les US, avec l’islam, sont les plus grands dangers pour la paix du monde.

https://www.youtube.com/watch?v=7JclCZ8p-AE

Le site Russe VZLGIAD rapporte, que les Russes ont déjà commencé la construction du pipeline, que les travaux sont confiés au constructeur Italien, SAIPEM. Le PM Italien, Matteo Renzi, avait lui-même essayé, il y a quelques jours, de discuter avec le Président Poutine sur un apaisement des sanctions, afin d’engager de nouvelles affaires. Cependant, aussi bien Tsipras que Renzi, n’ont pipé mot, lorsqu’une prolongation des sanctions contre la Russie a été décidée. Décidément, c’est le bal des hypocrites et des incompétents.

Espérons que les nouvelles révélations de Wikileaks sur les écoutes Américaines de nos dirigeants, feront comprendre à ces deux caciques, aux autres et surtout aux nôtres, que les Américains n’ont pas d’alliés et ne sont animés que par leurs propres intérêts. Enfin, comme je le soulignais plus avant, les Occidentaux ont décidé de piller la Grèce, non de l’aider et les Grecs immatures, irresponsables, paradent et se laissent rouler dans la farine par les Américains, dont l’UERSS est le vassal. C’est le peuple qui trinque et qui trinquera.

grecegaz

Sylvia Bourdon

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