Esclavage : assez de la repentance de la seule France !

Ri7taubira vengeresseLa commémoration de l’abolition de l’esclavage a de nouveau suscité la polémique dans notre pays. Mais en accablant le maire FN qui a refusé de s’associer à cette manifestation, la classe politique semble avoir oublié quelques réalités historiques, qu’il est bon de rappeler. C’est en 2006 que la France a décidé de faire du 10 mai  la  journée commémorative de l’esclavage,  reconnaissant ainsi sa  responsabilité dans ce crime contre l’humanité. Mais si nul ne conteste la réalité de cette tragédie, sommes nous pour autant les seuls coupables ? On aimerait que les bonnes âmes qui ont fait le procès de notre pays en exigeant repentance et réparation, aient  une lecture de l’Histoire un peu moins sélective. Car n’en déplaise à ces professeurs de morale,  l’esclavage  ne se limite pas à  la  traite  négrière  pratiquée par les chrétiens du 15ème au 19ème  siècle. Il est certes très facile de se donner bonne conscience à peu de frais, mais  quand  on  a  l’ambition  de proclamer une condamnation de cette ampleur, un minimum d’objectivité s’impose.

L’esclavage existe depuis la nuit des temps et il subsiste encore de nos jours. Toutes les grandes civilisations antiques l’ont  pratiqué,  égyptienne, grecque et  romaine. Représentant  20 à 50% de la population, les esclaves, blancs ou noirs, étaient le nerf de l’économie. Devons nous pour autant renier notre culture gréco-latine ?

Ce n’est que bien plus tard qu’est apparue la traite négrière, mais là encore, force est de constater que le devoir de mémoire que défendent  les nouveaux  procureurs ne concerne que la traite atlantique pratiquée par les  pays d’Europe, passant systématiquement sous silence la traite arabo-islamique oula traite interafricaine. Or, la traite arabo-islamique a commencé au 7ème siècle. Elle s’est traduite par la déportation de plusieurs millions de Noirs,  vendus par les chefs de tribus locaux, principaux acteurs de ce commerce très lucratif. Car c’est un fait établi que l’esclavage  a  toujours existé en Afrique et que ce sont des Africains qui capturaient et vendaient d’autres Africains  pour satisfaire les besoins de main d’œuvre de l’immense empire arabe.Pourquoi ce sujet devrait-il rester tabou ?La conférence mondiale contre le racisme à Durban en 2001, qui se vantait de « briser le silence sur la traite négrière », s’est limitée à clouer au pilori les seuls négriers chrétiens en réclamant repentance et  réparation, la traite arabo-islamique n’ayant même pas été évoquée. Avons nous donc le monopole du malet devrons nous expier les fautes de nos ancêtres jusqu’à la fin des temps ?

Quant à l’esclavage du 21ème siècle encore pratiqué en Mauritanie, au Mali et au Soudan par les tribus Touaregs  ainsi que dans certains pays du Golfe,  sa simple évocation est un sacrilège vis-à-vis de la sacro-sainte  pensée unique. Les inconditionnels du  « politiquement correct » , qui se targuent sans arrêt d’avoir le monopole du coeur , se détournent lâchement devant le martyr de milliers d’esclaves maltraités , échangés ou vendus dans des pays qui ont pourtant leur siège à l’ONU .  Qu’attendent donc nos gardiens de la morale pour dénoncer cette tragédie ?  Y aurait-il à leurs yeux des victimes davantage politiquement correctes que d’autres ? Les crimes d’un passé lointain sont-ils plus porteurs que ceux du présent ? Curieusement, dès qu’on évoque l’esclavage qui perdure en terre d’Islam, c’est la fin des sanglots et du concert de lamentations !

Rappelons également que la traite atlantique fut justifiée et autorisée  par l’Eglise pour l’évangélisation des Noirs, et qu’elle fut considérée comme une nécessité économique par la plupart des pays européens , Anglais , Français , Espagnols , Portugais , Hollandais , Danois qui  avaient besoin de bras pour développer leurs colonies .Les études les plus sérieuses évaluent la déportation de la traite atlantique à un niveau équivalent à celui de la traite arabo-islamique, soit  un total de 25 millions de déportés  pour l’ensemble de la traite négrière depuis le 7ème siècle.Par conséquent  pourquoi  stigmatiser l’une et  passer l’autre sous silence ?

La France, et  elle seule en  2001,  s’est honorée en reconnaissant que la traite fut un crime contre l’humanité. Mais on souhaiterait que ceux qui font encore son procès aujourd’hui,  admettent  enfin que ce devoir de repentance incombe autant aux Africains et aux Arabes  qu’aux Européens. Leur sincérité pour ce combat n’en serait que plus crédible.  Car nous  n’avons pas à  expier seuls  un crime  perpétré  pendant des siècles  sous toutes les latitudes et qui dépasse largement le cadre de notre pays. Il  appartient donc à l’ensemble des  acteurs  de  cette immense tragédie de reconnaître  leurs  responsabilités  passées et  c’est  à  l’ONU  que  doit  revenir  l’initiative d’instituer une  journée commémorative  mondiale, pas à la France seule.

Jacques Guillemain

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