Esclavage : qui doit vraiment demander pardon, Taubira ?

Publié le 28 août 2015 - par - 13 commentaires - 3 121 vues
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delivranceesclavesSuite à l’article : https://ripostelaique.com/esclavage-france-na-de-lecons-a-recevoir-de-taubira.html, il m’est revenu à l’esprit que je disposais d’une encyclopédie décrivant, à travers les voyages de divers auteurs, de l’état de nombreux pays du monde à l’aube du 19ème siècle. Dans l’un des ouvrages, Savorgnan de Brazza décrit l’esclavage pratiqué par les noirs africains et les difficultés qu’il rencontra pour libérer ces hommes.

Rappelons à madame Taubira que ce sont les pays colonisateurs qui ont mis fin à l’esclavage presque partout dans le monde et qu’elle peut agir contre les esclavagistes qui sévissent encore en Mauritanie, au Soudan (https://www.youtube.com/watch?v=4FcfTniSh0o) et en Arabie Saoudite (http://www.rfi.fr/afrique/20150729-arabie-saoudite-jeunes-mauritaniennes-reduites-esclavage). Comme auteur d’une loi assimilant la traite à un crime contre l’humanité (https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_tendant_à_la_reconnaissance_de_la_traite_et_de_l%27esclavage_en_tant_que_crime_contre_l%27humanité), je suis certain qu’elle militera pour que ses collègues du gouvernement la soutiennent par des mesures fortes maintenant que le roi d’Arabie Saoudite a fini de dépenser des fortunes à Nice. Voici l’extrait :
“Voyages dans l’Ouest Africain, par Savorgnan de Brazza (1875-1887). Publié dans: LE TOUR DU MONDE NOUVEAU JOURNAL DES VOYAGES. Sous la direction de M. Edouard Charton et illustré par nos plus célèbres artistes. 1888. Deuxième semestre. Libraire Hachette et Compagnie Paris Boulevard Saint Germain, 79 Londres, King William Street, Strand 1888.

“La nouvelle de mon retour, promptement répandue dans le bas fleuve, avait amené chez les Okandas le vieux roi Rénoké et ses Inengas, qu’accompagnaient les Galois, les Okotas et les Apingis. Depuis bien des années, le marché de Lopé ne s’était présenté sous d’aussi brillants auspices; les transactions avaient lieu à deux pas de notre pavillon, tout honteux d’abriter un pareil voisinage.

Cette plaie de l’esclavage, qui s’étalait à nu, me faisait encore mieux sentir le besoin de créer à ces peuplades d’autres intérêts. Etait-ce donc pour obtenir un pareil résultat que nous avions déployé tant d’activité et enduré tant de privations? Nos fatigues et nos travaux allaient-ils donc aboutir à faire refleurir ce commerce alimenté par les peuplades de l’intérieur?

Ces sauvages cannibales n’étaient certes point des agents de l’humanité et du progrès, et pourtant leur action n’avait-elle pas été utile ? Le mobile supérieur qui nous poussait vers le pays adouma n’allait-il pas ramener l’ancien trafic en rouvrant la rivière ?

J’avais conscience des difficultés avec lesquelles j’allais me trouver aux prises dans cette question de l’esclavage, mais je ne pus résister à l’occasion de tenter un essai.
Tous ces indigènes du bas fleuve réunis à Lopé savaient fort bien que, si nous avions l’air de ne pas nous en apercevoir, nous ne pouvions tolérer la vente des esclaves; ils avaient donc établi leur marché à une certaine distance de notre poste, évitant ainsi de choquer mes yeux.

Une nuit, je fus réveillé par des appels; c’était un esclave évadé demandant protection. Le lendemain, il fut recherché de tous côtés. Son maître, ayant appris qu’il avait trouvé refuge auprès de moi, vint le réclamer. Selon les idées du pays, j’aurais pu garder cet esclave, mais c’eût été aux dépens de l’influence acquise auprès des chefs indigènes, trop directement menacés dans leurs intérêts. D’autre part, le fait seul d’avoir choisi pour asile la maison où flottait notre pavillon me faisait un devoir de ne pas relâcher le malheureux fugitif. Je tranchai la difficulté en faisant un cadeau très considérable à son maître. Ce qu’ayant appris, les chefs okandas voulurent faire des échanges analogues; mais, la question du pavillon n’étant plus en jeu, je préférai leur acheter, tout simplement, au prix courant les six esclaves qu’ils me proposaient.

Au moment où approchait la clôture du marché de Lopé, fidèle à mon programme, je fis dire aux esclaves prêts à être descendus dans le bas Ogôoué que j’étais disposé à acheter tous ceux qui le désireraient. Mais ces malheureux, dans leur crainte superstitieuse des blancs, préférèrent rester aux mains de leurs maîtres noirs et repartir vers des régions d’où ils ne devaient jamais revenir. Dix-huit seulement répondirent à mes propositions, ils furent payés par un bon de trois cents francs sur les factoreries de Lambaréné et conduits dans la cour de notre poste.
En cette circonstance, je crus utile d’affirmer avec une certaine pompe les prérogatives de notre pavillon. Cet acte, accompli en présence de tant de tribus diverses réunies, devait produire un effet considérable au loin, dans toutes ces régions.

“Vous voyez, leur dis-je en leur montrant le mât noir où nous hissions nos couleurs : tous ceux qui touchent notre pavillon sont libres, car nous ne reconnaissons à personne le droit de retenir un homme comme esclave. “

A mesure que chacun allait le toucher, les fourches du cou tombaient, les entraves du pied étaient brisées, pendant que mes laptots présentaient les armes au drapeau, qui, s’élevant majestueusement dans les airs, semblait envelopper et protéger de ses replis tous les déshérités de l’humanité.

Malgré mon assurance, malgré la grandeur de cette cérémonie, ces malheureux ne se rendaient pas compte qu’ils étaient désormais réellement libres et maîtres d’eux-mêmes. Ils ne pouvaient comprendre l’idée grande résumée par les trois mots de liberté, égalité, fraternité, qui résonnaient pour la première fois sur cette terre d’esclavage. Mais la semence était jetée : il appartenait à l’avenir de la faire germer.
J’eus beau leur dire qu’ils pouvaient partir ou rester que s’ils me servaient comme pagayeurs ou comme domestiques ils auraient droit à un salaire, ils se refusaient de croire à leur liberté. Je les employai à divers travaux sans autrement m’occuper d’eux.

Un jour, sans doute après s’être concertés bien longtemps, ils vinrent me demander la permission d’aller au loin, dans la forêt, pour y faire provision du fruit du n’chego, dont ils étaient très friands. Ils s’attendaient à un refus, et grande fut leur surprise lorsque non seulement je leur accordai Ia permission sollicitée, mais leur donnai, en outre, des fusils et de la poudre, afin qu’ils pussent se défendre au besoin.

Ils durent se rendre à l’évidence et disparurent dans les bois. Deux jours après, ils étaient de retour. Pas un ne manquait. Ils avaient compris enfin qu’ils étaient libres ; s’ils s’étaient crus encore esclaves, aucun d’eux ne serait revenu.

Bien vêtus, touchant une solde relativement élevée, abondamment nourris du produit des chasses fructueuses des laptots, ils faisaient envie même aux Okandas.
Craignant d’être complètement dépourvu d’esclaves, Renoké hâta son retour dans le bas Ogôoué. Avant le départ il convoqua en grand palabre tous les chefs attirés à Lopé, de trois ou quatre cents kilomètres en aval et en amont, par l’éclat inusité du marché.

Parmi ces chefs il y avait des Pahouins de Mamiaca et de Bouno, venus simplement avec quelques hommes pour me rendre visite.
“Grands chefs de I’Ogôoué, prononça Renoké dans un langage sacré, employant successivement les idiomes du pays;moi, par qui les marchandises d’Europe arrivent dans la rivière, je vous confie l’homme blanc. II quitte ici la route qui appartient à moi et à ceux de ma famille, pour celle gardée par M’bouengia et les fétiches des Okandas. Le chef blanc veut même aller plus loin, là ou les fétiches de Dumba et de Djoumba commandent la route de la rivière. Il se dirige vers les peuples d’en haut, que les Adoumas eux-mêmes ne connaissent pas. Les fétiches, qui interdisent à chacun de nous de franchir les limites de son commerce, ne doivent pas arrêter l’homme blanc.

“II n’est pas venu pour nous enlever le bénéfice des monopoles commerciaux que chaque peuple tient de ses ancêtres; sa présence nous protège. Qu’il ne lui arrive rien de mal, ni par les rapides de la rivière, ni par les hommes ! “
Et, joignant dans un même serment le mot fétiche des divers peuples, il prononça la formule mystique suivante : De par ya ci na mouedie na, mangongo na diboco (vous, fétiches des contrées mystérieuses de l’intérieur, écoutez-moi) : Renoké, de par qui les marchandises viennent dans la rivière, vous confie le chef blanc; et vous, peuples d’amont, n’oubliez pas que si la route de nos aïeux est ouverte, c’est à lui que nous le devons. “

La superstition générale faisait considérer le vieux chef aveugle comme le féticheur suprême et lui donnait une certaine influence sur toutes les peuplades riveraines. Mais ce n’était point celles-là qui me préoccupaient, elles nous étaient déjà acquises par leurs intérêts commerciaux. La vraie difficulté se trouvait personnifiée dans les deux chefs pahouins représentant la race guerrière et envahissante. C’était elle qu’il fallait gagner à ma cause; je n’ignorais pas que, sans son concours, je n’arriverais pas aux résultats que je commençais à entrevoir dans l’avenir.

Les deux chefs pahouins et leurs hommes se tenaient là, à l’écart, fiers et silencieux. Ils assistaient pour la première fois à une pareille agglomération de tribus diverses, réunies par un intérêt commun en une sorte de fédération, et ils commençaient peut-être à comprendre qu’il y a autre chose que la force brutale, en voyant tous ces chefs s’incliner devant les blancs et se placer sous ma protection. Cette puissance d’un homme qui ne se posait pas en guerrier les plongeait dans l’étonnement.

A ce palabre je compris la nécessité de nous allier ces peuplades pahouines, qu’aucun intérêt n’attachait encore à nous, et qui gardaient le secret de leur amitié ou de leur haine envers les Européens.

Profitant des leçons du passé, il fallait les empêcher de prendre vis-à-vis de nous l’attitude hostile que j’avais déjà été à même de constater en 1872 dans mes premières excursions chez leurs congénères des rivières du Gabon”.

Pascal Bernard

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Notifiez de
François Servenière

Tobira hé conné pa lé Barbaresk, fo dir el oré pa obtenu un boulo a djeda encrachan sur lé prince enturban el oré été coupé en deu. pa fol la guep !

pugnacité

Taubira à une aversion profonde et pugnace pour les Français de souche et de coeur de surcroît .
En revanche elle a un faible avéré et acté pour ceux qui commettent des exactions surtout s’ils sont étrangers ou d’une couleur différente de celle de la majorité de la population.
Sans doute sont ce ses fibres maternelle (fils en prison?) et sociale gaucho qui la taraudent et l’incitent à légaliser l’inacceptable.

pugnacité

Nous assistons actuellement à une invasion,colonisation de la France.Qui nous demande pardon relativement au démantèlement sociétal de notre pays?
Ni les envahisseurs ni nos gouvernants qui organisent semble t il notre inféodation politico religieuse.

Bozzo le clown

Une des pires conséquences de l’esclavage – du moins la traite transatlantique – est d’avoir Taubira au gouvernement.

Marc

Les AFRICAINS furent les PIRES ESCLAVAGISTES vis à vis de leurs propres Frères de sang!! Cette réalité TRES “politiquement incorrecte”, est soigneusement occultée par nos “merdias” actuels!!….

François Servenière

Dans Roots de Alex Haley
https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=racines+alex+haley
Kounta Kinté, le héros est vendu par des marchands noirs qui leur font traverser l’Afrique à pied, pour être vendu à des blancs à Dakar. Mais les vendeurs étaient noirs… Christiane ne s’est jamais plaint de la première étape : les noirs sont des victimes.

Anne Marie

Passionnant ! La ministre Taubira qui n’est en finit pas avec ses histoires d’esclavage accusant les blancs en particulier, devrait lire les bons ouvrages historiques au lieu de débiter sa littérature alambiquée pour se faire remarquer et passer pour quelqu’un d’instruit ; cette sinistre en jupon est hors-sol , parano, sectaire et narcissique et susceptible

PB

Issue de la Guyane, Taubira est inévitablement une descendante d’esclave. Mais elle est également plus que probablement elle-même descendante d’esclavagistes africains.
Il est regrettable que l’occident se soit remis à l’esclavage pendant 3 siècles (mais je n’en n’ai rien à foutre car je n’y étais pas) alors que le christianisme avait mis fin à cette coutume en Occident, via l’empire romain. C’est l’islam qui l’a remis au goût du jour en Afrique dès le VIIème siècle.

Daniel Boutonnet

Excellente idée d’avoir publié cet extrait du livre de de Brazza. Je sais que mon père avait un livre écrit par un prêtre venu au Dahomey qui décrivait l’horreur de la vie quotidienne dans ce pays, et je précise bien, SANS les “sales colonisateurs blancs”. Je vais le retrouver. Plus nous pourrons dénoncer les mensonges de cette sinistre propagande gauchiste, mieux ce sera.

Themis

C’est quand même assez dingue de voir qu’aujourd’hui Mme Taubira protège les descendants de ceux qui ont mis ses propres ancêtres en esclavage ! Les pauvres doivent se retourner dans leurs tombes !
Michel Audiard ne disait-il pas que les cons ça ose tout…

Martin

Si les ancètres de Taubira n’ avaient pas été capturés et vendus par des Noirs à des Blancs qui les ont amenés en Guyane, Taubira, affublée d’ un mari sourcilleux et de 3 ou 4 co-épouses querelleuses , pilerait aujourd’hui du mil dans un village de paille au milieux de la misère et des dangers de l’ Afrique. Alors, Taubira ? Merci qui pour avoir été soustraite à cette condition ?

Trannod

elle serait morte depuis longtemps…..espoir de vie dans ces pays…..vis a vis de la France

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