Espagne et avortement : le retour à l’âge de pierre, vraiment, Madame Touraine ?

http://elections.lefigaro.fr/flash-presidentielle/2012/03/08/97006-20120308FILWWW00491-plus-d-avortements-de-confort-le-pen.php?pagination=2

Durant sa campagne présidentielle, en mars 2012, la candidate du Front National, Marine Le Pen, envisageait de dérembourser l’avortement dès lors que celui-ci devenait répétitif. Le qualifiant, comme les médecins le font, d’avortement de confort, terme qui scandalisa la presse et la caste politique.

Le délai pour interrompre la grossesse est passé en 2001 de 10 à 12 semaines, et l’autorisation parentale, quand il s’agit de mineures, n’est pas obligatoire. Libre choix de la femme et 2 consultations -entretien psychologique à une semaine d’intervalle étant les autres conditions à remplir.

http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1551.xhtml

222 500  IVG ont été pratiqués en 2011 ; et depuis la mise en vente des pilules du lendemain en 1999, il s’en délivre plus d’un million chaque année en pharmacie.

Enfin, depuis mars 2013, l’IVG, qu’il soit pratiqué par voie instrumentale ou médicamenteuse,est remboursé à 100%.

Comparaison avec ce qui se passe chez nos amis espagnols.

http://www.village-justice.com/articles/propos-projet-espagnol-avortement,15988.html

En Espagne, sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatéro, la loi du 3 mars 2010 concernant l’interruption volontaire de grossesse, présentait l’avortement comme un droit et une liberté fondamentale, et non plus comme une exception au droit à la vie de l’enfant, modifiant en profondeur la loi de 1985. Grâce aux élites espagnoles socialistes, l’avortement pouvait être pratiqué sur simple demande pendant les 14 premières semaines de grossesse.

Cette loi en application depuis 2010 permettait aussi aux jeunes filles mineures d’avorter de façon anonyme, les parents n’ayant pas à être tenus au courant de la situation embarrassante de leur progéniture.

En outre, l’avortement sous cette loi restait disponible jusque la 22 ème semaine, en cas de risque grave pour la santé de la mère ou du fœtus. Le problème qui se posa fut qu’en l’absence de mécanismes de contrôle, un certain nombre de femmes eurent recours à l’IVG un peu comme elles vont sortir les poubelles. A intervalles plus ou moins réguliers.

Le 20 décembre 2013, le Conseil des ministres espagnol a adopté un projet de loi intitulé « protection de la vie de l’enfant conçu et des droits de la femme enceinte « . A priori, rien de renversant. Et plutôt même tout ce qui peut exister de très humanisant.

Cette loi en projet précise les circonstances et conditions dans lesquels un IVG peut être pratiqué et dépénalisé :

En cas de viol

  • Comme la précédente, elle autorise l’interruption pendant les 22 premières semaines de grossesse -5 mois et demi de gestation- en cas de grave danger pour la vie psychique ou physique de la femme enceinte.

  • Jusque au au terme si l’enfant souffre d’une anomalie « incompatible avec la vie » non diagnostiquée avant.

Cette loi donnera ensuite le droit au personnel médical de faire valoir son objection de conscience -et en ces temps modernes, il y a peu de risque de voir celui- ci se répandre à tous les hôpitaux- il rétablit le droit aux parents d’être avertis de la situation de leur mineure, dont ils sont pourtant bel et bien responsables. Le projet 2013 oblige à informer pleinement la candidate à l’avortement en lui délivrant un délai de réflexion. Enfin, cette loi, si elle est votée, en interdit la publicité.

En somme, respect, cadrage, écoute, humanisme pour la vie d’autrui -celle de la mère et celle de l’enfant- que la liberté sans contrôle et sans repères bafoue sans vergogne.

Eh bien, pour la ministre française Marisol Touraine, c’est un retour pour les femmes à l’âge de pierre !

De son côté, notre ministre du Droit des Femmes, madame Belkacem, elle, voit dans la notion de détresse psychologique, un terme obsolète qu’il convient d’ôter de notre loi en vigueur. Position qui rejoint celle qu’Audrey Pulvar face à Louis Aliot, sur le plateau de « On n’est pas couché », au mois de mai 2012, quand elle lance :  » A partir de quand considère-t-on qu’une femme a trop avorté ? » En somme, pour l’ex compagne d’Arnaud Montebourg, une femme n’a jamais trop avorté... Ce qui aurait tendance à infirmer le caractère traumatisant de l’acte alors que 30 à 50% des femmes, à postériori, regrettent leur geste.

http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/03/04/01001-20080304ARTFIG00011-les-traumatismes-a-retardement-de-l-avortement.php

Quant à Béatriz Preciado du Musée d’Art Contemporain de Barcelone, dans le journal Libération,  elle déclare la guerre aux utérus reproductifs, elle rêve d’un citoyen qui s’affirme « entier  par l’abstinence, par l’homosexualité, mais aussi par la masturbation, la sodomie, le fétichisme, par la coprophagie, la zoophilie et l’avortement.

http://www.liberation.fr/societe/2014/01/17/declarer-la-greve-des-uterus_973661

C’est ça, le progressisme socialiste, faire tout, absolument tout, sans cadre, sans règles, sans tabou, sans honte, sans limites.

Le retour à l’âge de pierre.

Caroline Corbières

http://www.service-public.fr/actualites/002618.html

http://actu.orange.fr/france/ivg-le-projet-espagnol-renverrait-les-femmes-a-l-age-de-pierre-dit-touraine-afp-s_2789678.html

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