Esther Benbassa, franco-israélienne, sénatrice écolo et juive dhimmi

Publié le 23 octobre 2014 - par - 1 736 vues
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esther benbassaJuive, ethniquement parlant ; franco-israélienne, juridiquement ; universitaire devenue sénateur écologiste de la nuance judéo-ultra critique d’Israël limite philo Hamasniki. Tout un monde quoi, que cette femme toute en rondeurs, aimant à poser à la chercheuse dans certains domaines de la pensée.

Notons ici, que si sa nature intime juive et son attachement à la nation israélienne sont l’objet, non de débats mais de beaucoup de moqueries acerbes et d’autres pas forcément malveillantes, ses titres universitaires suscitent parfois des interrogations et toutes sortes de rumeurs pas très amicales. Mais là n’est l’objet des questions à son sujet, aujourd’hui.

La Dame, née de Juifs de l’empire ottoman, théorise et argumente, en pseudo thèse universitaire : (que) la dhimmitude ottomanisée fut réellement, pour les Juifs*1, un état de grâce et de bien-être. Ce serait, en quelque sorte, une des déclinaisons d’un islam essentiellement bienveillant, d’un islam plutôt paternaliste, reconnaissant, par essence, envers les Juifs dont les gènes physiques, intellectuels et moraux lui viennent de Wâraqa, cet oncle maternel du « prophète » qui l’eut un certain temps auprès de lui, et qui –nous dit le chroniqueur du 9ème siècle, Ibn Ishâq- traduisit en langue arabe mecquoise les Talmud et les évangiles.

Le Juif dhimmi, dans l’espace ottoman, c’était, – pour notre « universitaire » dont les prétentions à des titres sont contestées par de malveillants « lachonharistes »-, comme une sorte d’oncle Tom, en nettement mieux même, du point de vue de sa vie matérielle et de sa liberté spirituelle.

Cette femme, ardent défenseur de la loi du « mariage pour tous », vient de se signaler par son adhésion à la meute des chiens courants jetés ou se jetant d’eux-mêmes aux trousses de Zemmour.

Montrant qu’elle est cultivée, la Dame s’autorise à traiter Zemmour de, je la cite : « bouffon du populisme ».

« Bouffon du populisme » ? Qu’en voilà, une bien étonnante et originale qualification…

Est-ce qu’elle connaît la signification de ces deux mots, en français -bouffon et populisme- notre universitaire sénateur écologiste ?

J’ai bien l’impression que non, et pourquoi ?

Bouffon, sauf en langage « caillera », ce n’est pas réellement injurieux, c’était même plutôt un compliment ; le bouffon étant l’homme qui amusait le roi mais en servant aussi de contrepoids aux caprices et tendances absolutistes du monarque, lui renvoyant, caricaturées, son image et ses particularités, se moquant, à l’occasion, de ses choix politiques.

Le bouffon était une institution des fondateurs de la monarchie française. Il n’avait rien à voir avec le populisme. Et si on donnait un bouffon au populisme, en France, en supposant qu’il y existe un populisme et un parti populiste, ce serait quelque chose qui se moquerait de lui. Zemmour serait donc la créature d’un populisme dont il se moquerait…

Quant au populisme, qu’en sait notre universitaire ?

Le Populisme s’est longtemps écrit avec un P majuscule. C’était, quand les journalistes néo-pravdistes ne dominaient pas encore les médias de ce pays qu’ils ne méprisaient ou ne détestaient pas.

Le Populisme, c’était la matrice du socialisme, dans la Grande Russie d’avant 1917.

C’’était, le Populisme, un courant intellectuel produisant des hommes et femmes remarquables, courageux, voire franchement héroïques, issus de l’intelligentzia venue des rangs de la noblesse et de la bourgeoisie. C’étaient, pour certains, des géants de la pensée. Rappelons, Hertzen, Bakounine, Plekhanov l’homme qui introduisit le marxisme en Russie. Le Partage noir et la volonté du peuple en furent les deux organisations combattantes qui allèrent porter la bonne parole émancipatrice, dans les profondeurs des campagnes immenses de la Grande Russie.

Ce que la dame Benbassa, ce que les fonctionnaires nomenklaturistes de la bureaucratie bruxelloise et, derrière ceux-ci, ce que la presse asservie à ses dogmes et paradigmes appellent « populisme », ce sont les courants politiques et les hommes et femmes cherchant encore à se raccrocher à la tendance démocratique fondamentale : c’est-à-dire une opinion pour laquelle la légitimité procède nécessairement de la souveraineté populaire et doit impérieusement s’y ressourcer et toujours en dépendre*2.

En détestant le « populisme » (et son « bouffon »), la dame Benbassa, – comme les premiers chefs « normaux » de l’Europe d’après-guerre, la clique bureaucratique servant de paravent à l’occupation de la Tchécoslovaquie et à la terreur politique qualifiée de « normalisation » du parti communiste, des syndicats et de la société tchécoslovaque gagnée par le « nationalisme bourgeois » et le « sionisme »-, comme ses devanciers, comme la majorité politique « normale » et ses auxiliaires « critiques », l’universitaire – prétendant que le refus de la dictature de la clique bureaucratique bruxelloise est de « l’extrême droite » ou une bouffonnerie populiste– montre sa filiation. Elle met ses petits pieds manucurés dans les vastes bottes cloutées des hommes de main qui œuvraient à l’ombre des caves de la Lubianka à l’époque des procès d’opinion débouchant sur des impostures judiciaires et des meurtres politiques en série.

Alon Gilad

*1 Les Grecs, dans les années vingt du 19ème siècle, soulevés contre le califat ottoman pour reconquérir leur personnalité morale, culturelle et politique, les Arméniens, objet de tueries à répétition commencées au début des années soixante du 19ème siècle et culminant en 1915 dans le génocide faisant 1,3 ou 1,5 millions de victimes, les Assyro-chaldéens qui eurent à subir un vaste pogrom au début des années vingt du siècle passé, n’ont probablement pas le même point de vue que la dame Benbassa sur le quotidien de la dhimmitude en terre califale ottomane.

*2 contre la souveraineté populaire, on nous objectera peut-être le despotisme éclairé. Mais les ennemis du « populisme » et de la souveraineté populaire qualifiée, péjorativement, de « souverainisme », sont aussi en guerre contre ce qui peut être encore, plus ou moins, du despotisme éclairé, en particulier en terre d’islam, là où la croyance majoritaire agit comme un gestapiste interne à l’âme, des pays où les Peuples n’ont pas encore majoritairement acquis les outils spirituels ou politiques de leur auto-émancipation démocratique.

 

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