Et en plus, Hollande doit s’excuser devant la clique du FLN !

Ri7hollandepédaloC’est à juste titre que François Hollande fut critiqué, à la suite de son voyage officiel à Alger.

Alger : La France insultée, la France calomniée par la clique FLN, la France trainée dans la boue par la poseuse de bombe ayant assassiné froidement plusieurs dizaines de lycéens coupables d’être français, – poseuse de bombe fière et toujours sans remords, poseuse de bombe venant cependant se faire soigner dans un hôpital militaire français pour bénéficier du plus  haut niveau possible de soins hospitaliers, poseuse de bombe devenue la veuve noire du Co-génocidaire de pas loin de la moitié de la nation cambodgienne- la France ravalée au rang de « bourgeois de Calais », par le discours de son actuel Président ; tout cela devrait être oublié.

C’est peut-être contre cela, contre cette humiliation démesurée, contre cette contrition injustifiée, que le Président se rebellait, par un humour collégien peut-être faussement spontané.

François Hollande devrait être fustigé pour un trait d’humour « potache ».

C’était peut-être un second degré non assumé : Valls Manuel n’a-t-il pas été voué aux gémonies, menacé même, de fatwa, pour sa traque de l’assassin djihadiste de Toulouse et pour certains de ses propos qui auraient offusqué, offensé, blessé, les disciples du prédicateur médino-mecquois. Si l’on devait compter le nombre de propos publics de Bouteflika maltraitant la France, la traînant dans la boue, et la brutalité extrême de certains propos… La traque de l’assassin Mehra et de ses complices, fut l’objet de manœuvres politiciennes, dans l’ancienne base de la piraterie ottomane…

Le pauvre François Hollande fait figure de diplomate prudent, comparé à ses homologues Algériens.

De la droite classique (l’UMP) jusqu’au néo stalinisme de Mussolini-le petit (le PG/FG), chacun y va de son couplet. Chacun tape sur la table de son petit poing, pour exiger de François Hollande : qu’il se mette à plat ventre, qu’il se confonde en excuses et promette de ne plus jamais recommencer.

Dans le genre « indignés », les chefs UMP battent tous les records. Je reviendrai plus loin sur Mussolini-le petit.

Chacun sait que je ne suis pas membre d’une association de « fan » du Président

Cependant, lorsqu’il a décidé l’opération « serval », je l’ai soutenu ; je l’ai approuvé, tout en faisant remarquer que l’affaire risquait d’être nettement plus longue et compliquée que prévue, et que des moyens militaires supplémentaires s’avéreraient absolument nécessaires.

Avec des amis maliens, j’ai préconisé la réouverture de casernes françaises, – afin d’y installer des centres de recrutement et de formation de soldats, sous-officiers et officiers maliens-, et qu’une campagne de recrutement soit organisée à destination de la jeunesse malienne et franco-malienne vivant en France.

Pour les mêmes raisons, je ne tire pas sur l’ambulance française en Centre Afrique

Pour les mêmes raisons encore, je considère que François Hollande n’a pas réagi en irresponsable pseudo pacifiste. Mais j’observe : que les moyens militaires et politiques en Centre-Afrique font encore plus cruellement défaut que dans le nord-Mali.

Je voudrai indiquer ici, ce qui m’inquiète et me scandalise, dans les commentaires et les critiques attaquant François Hollande au sujet de l’action en Centre-Afrique.

L’affaire y est peut-être plus grave qu’au Mali

Elle n’est pas exactement de même nature, mais elle recoupe la même problématique : Au Mali, toute une population, pratiquement entièrement musulmane, en dehors du tout petit noyau de Juifs marranisés par l’islam (les quelques milliers de Daggas protégés par les Touareg de Tombouctou) et l’infime minorité africaine chrétienne, toute une population s’est considérée viscéralement agressée, tous ses pores obstrués par la tyrannie « religieuse », enchaînée, niée dans toutes les fibres de son être, par l’offensive djihadiste prétendant lui imposer la dictature absolue de la charia.

En Centre-Afrique, deux populations se font face

L’une, autochtone par sa culture et son origine plusieurs fois séculaire et peut-être millénaire, est passée de l’animisme au christianisme. L’autre, islamisée par des groupes venus du nord ou elle-même originaire de cette Afrique incorporée presque dès le début au vaste rezzou djihado-négrier, est ressentie comme la survivance du lourd, long, et encore récent passé négrier.

Ce que l’on appelle Centre-Afrique, est une partie de ce bassin du fleuve Congo qui fut, au 19ème siècle, le lieu d’un vaste trafic de chair humaine noire. Il fut constaté par les voyageurs explorant l’Afrique. Il fut dénoncé et provoqua des décisions politiques.

Le Congrès de Berlin de 1884 fut le résultat diplomatique et stratégique, qui se voulut positif, de ce dévastateur et sanglant trafic qui, – pour amener quelques centaines de milliers d’esclaves sur le petit archipel de Zanzibar- se traduisit en quarante ans (1834-1876) par la capture de plusieurs millions d’hommes valides, de femmes, d’enfants et de vieillards. Les ossements des plus fragiles ou des indociles montreront quel chemin prenaient régulièrement les négriers arabes et leurs auxiliaires africains, depuis le bassin du Congo jusqu’à la mer rouge et l’océan indien, escortant sur des milliers de kilomètres des êtres humains entravés.

Le Congrès et le traité de Berlin partageront l’Afrique, au cordeau. Ils la partageront, en fonction de rapports de forces extérieurs à la réalité humaine du continent, pour mettre fin au trafic. Mais en partageant le continent, de cette manière, -par en haut, sous tutelle étrangère-, et hors le mouvement historique naturel de transformation en peuples,  nationalités et nations, en séparant ce qui aurait dû être unis, il prépara ce qui ne cesse d’exploser en guerre « civiles » africaines où les complotistes et les « anticapitalistes » superficiels ne veulent que voir la main de grands groupes financiers et industriels à l’affût  de diamants sanglants ou d’autres richesses stratégiques.

On a dit plutôt légèrement que Barak Obama personnifierait l’Afro-américain

En vérité, s’il est une figure de l’Afrique installée sur le fauteuil de Lincoln, ce n’est pas parce qu’il représente, -nouveau Martin Luther King-, la souffrance noire mise en esclavage et emmenée bien loin du village de naissance et de repos de l’esprit des ancêtres, mais plutôt, indépendamment de sa subjectivité, la complicité africaine ; une complicité produite par le ralliement collectif d’ethnies négro-africaines, à la religion et à l’idéologie esclavagiste du conquistador djihadiste et du marchand de chair noire qui formaient fréquemment une seule et même personne.

Le conflit centre-africain n’est pas une guerre à fond religieux, seulement pour des questions de dogmes et de rituels. Il est aussi une réminiscence du long, sanglant et humiliant conflit entre la masse ne voulant pas prononcer la « shahada » et la minorité ralliée aux porteurs armés de la « vraie foi », minorité voulant devenir majoritaire et l’unique communauté légitime ; minorité qui s’estimait être devenue « la meilleure communauté » et le groupe appelé à gouverner, humilier, taxer ces demi-hommes d’idolâtres animistes, jusqu’à ce qu’ils disparaissent, exterminés,  ou qu’ils rendent les armes de leurs croyances ou convictions .

La révolte armée, les actions de guerre de la milice musulmane en Centre-Afrique ont ravivé ces dernières années les violences sans limites de la traque négrière, dont ces groupes africains furent autrefois les auxiliaires. En cela, le conflit en Centre-Afrique est plus profond que le conflit malien et impose bien d’autres moyens que ceux dont disposent les forces militaires de la France mises sur le terrain.

Comme d’autres conflits africains, ce conflit pointe du doigt le fait que le Congrès de Berlin (1884) a érigé des barrières politiques encore étanches entre des groupes humains qui, en s’unissant selon le principe des nationalités, auraient pu être le socle de développements politiques fondés sur la langue commune et le sentiment d’appartenance à une même réalité humaine ancestrale.

Le conflit centre-africain, comme l’ivoirien (lors de l’éviction de Gbagbo), comme le malien dans une moindre mesure avec la question amazigh chez les Touareg du nord-Mali, comme demain le futur conflit sud-africain, (quand ressurgiront les aspirations nationales zoulous bloquées, à l’époque de la fin de l’apartheid, par la coalition De Klerk-Mandela), met en accusation le partage européen, réponse inappropriée à un véritable problème : le pillage négrier arabe persistant vidant le continent à une échelle sans comparaison avec les périodes précédentes*1, alors que, depuis le Congrès de Vienne (1815), les puissances européennes avaient enclenché le processus de liquidation du mode de production esclavagiste par l’interdiction et la répression militaire de la traite, pour l’Afrique autant que pour les autres parties du monde.

Je voudrai revenir, pour conclure, sur le procès qui est fait à François Hollande

Un de ses censeurs les plus virulents n’est autre que le sieur Mélenchon. Ce dernier profite de l’occasion, – en parfait confusionniste de métier qu’il est-, pour taper avant tout sur ces Juifs qui nous emmerdent avec leur CRIF  et leur « communautarisme ». Parce que si on lit bien son communiqué, c’est là d’abord que git le scandale du propos, avant le propos lui-même.

Si Mélenchon parlait ainsi devant un cheval de bois, ce dernier trouverait le moyen de lui donner un coup de sabot, tellement suintent la mauvaise foi et la haine pathologique, -quasi dieudonnistes-, vertèbrant ce propos.

Nous aurons l’occasion d’expliquer, à l’inculte assumé, et au bien mauvais élève politique de son épisode trotskiste, en quoi le CRIF n’a rien à voir ni avec le « communautarisme », ni avec ce que l’union européenne appelle « lobby », quoi que l’on puisse penser des personnages peu actifs et plutôt politiquement myopes qui le dirigent, et dont on peut légitiment, par conséquent, dire des choses pas toujours très positives.

Je veux seulement faire observer, à notre professeur morigénant le Président Hollande, que lui, Méluche, ne crachait pas sur le « communautarisme », quand il était en campagne électorale à Marseille.

Qu’il se souvienne, s’il a oublié

C’était lors d’un de ses grands meetings électoraux  de 2012. Il fit venir à la tribune, à ses  côtés, deux « martyrs » du très méchant Guéant. Souvenez-vous des « martyrs », selon Saint Mélenchon. C’était deux candidats au djihad ; c’était deux activistes salafistes, incarnant tous les salafistes « injustement traqués par Guéant » ; c’était deux partisans déclarés de la dictature absolue de la charia pour la France, tous deux membres du groupe « forza alizzane », soupçonnés d’implication dans l’action sanglante du djihadiste assassin Mohamed Mehra.

Mélenchon ferait bien de se rappeler, en évoquant le communautarisme auquel François Hollande aurait succombé : qu’il n’est jamais bon de parler de corde… dans la maison d’un pendu..

Alon Gilad

*1 La traque négrière arabe fournira le petit archipel de Zanzibar en autant d’esclaves, en trente années de traques et de rezzous, que toute la traite portugaise débutante et sans barrières morales et politiques, en plus d’un siècle, pour peupler d’esclaves Sao Tomé et l’archipel du Cap-Vert.

Comme les méthodes d’appropriation de cette traite arabe, -mises en œuvre dans le bassin du fleuve Congo-, représentaient plus de dix razziés pour un seul esclave parvenu vivant à bon port, elle signifiera une violence trente fois plus intense et quotidiennement présente. En d’autres termes, pour fournir à Zanzibar trois cent mille esclaves en trente ans, il aura fallu capturer ou tuer plusieurs millions d’Africains anciens habitants des actuelles républiques du Congo et de Centre-Afrique.

La fin du stalinisme signifia aussi la fin de certaines nations qui n’en étaient pas. Ainsi Tchèques et Slovaques se séparèrent-ils, pour former deux Etats et deux nations homogènes indépendantes.

Les « musulmans » de Centre-Afrique n’étaient-ils pas plutôt destinés à s’unir avec les Tchadiens, ou à former leur propre Etat nation ? Evidemment, l’application du principe des nationalités en Centre-Afrique remettrait partout en cause les fragiles équilibres reposant, au moment des indépendances,  sur l’existence de leaders charismatiques, des Bonaparte devenant ou voulant devenir Napoléon de l’Afrique. Leur disparition a partout libéré les forces centrifuges. Les crises succèdent aux crises et les convulsions sanglantes aux convulsions sanglantes.

 

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