Et les 244 fillettes chrétiennes enlevées par Boko Haram ?

Au nom d’Allah, je les vendrai » : Les semaines ont passé depuis mon premier article à ce sujet.

Qui se préoccupe encore des 244 fillettes enlevées au Nigeria, par les djihadistes de Boko Haram ? Tous les discours tenus par les uns et par les autres se sont avérés n’être que des couteaux sans lame.

Les vedettes du show bizz ont, à l’occasion, fait leur petit tour devant les caméras et les quelques centaines de personnes rassemblées par deux fois au trocadéro, puis, plus rien, plus de bonnes paroles et aucun acte !

TaubirasalutnaziMadame la ministre Garde des Sceaux, pour ce qui la concerne, – qui s’était voulue la championne toutes catégories de la criminalisation posthume, par la loi, de la traite négrière… occidentale-, est restée étrangement muette et inerte devant cette poursuite fracassante de la traite négrière à grande échelle. Avec son gouvernement, elle a préféré envoyer un signe fort aux Boko Haram d’un peu partout, en désignant, au Conseil supérieur de la magistrature, un homme qui s’était singularisé en s’employant à ridiculiser les députés voulant légiférer contre le voile intégral (bourqâ, Ijaab, niqâb) lors des auditions préparant la loi contre le voile intégrale dans la sphère publique.

Madame le Garde des Sceaux n’a pas été intéressée par cette renaissance du djihadisme négrier.

Elle est restée indifférente à ce rezzou contre des écolières, s’inscrivant dans la continuité de celui qui avait dévasté le bassin du Congo et décidé les puissances européennes à se réunir en Congrès, en 1884, à Berlin : pour se donner tous les pouvoirs régaliens d’administration de l’Afrique partagée au cordeau, selon les rapports de forces du moment entre la France, l’Allemagne, la Grande Bretagne, le Portugal et l’Espagne.

Que deviennent ces fillettes et ces jeunes filles nigérianes toutes destinées, -chacune condamnée, par les fanatiques de la charia, de la tendance Boko Haram appartenant à cette sorte de wahhabisme haoussa né au milieu du 19ème siècle-, à devenir esclave affectée à la satisfaction de tel ou tel barbon tchadien ou camerounais ? 

Depuis, les collègues gazaouites de Boko Haram, les pistoleros porteurs de ceintures explosives, membres du Hamas, ont organisé l’enlèvement de trois adolescents juifs, étudiants de yeshiva*1.« Trois colons ont été enlevés», ai-je entendu dire à leur propos, hier en fin d’après-midi, sur une chaîne de télévision française.Qualifiés de « colons », -donc par définition coupables, coupables, coupables ! Pour les idéologues compagnons de route de l’idéologie mortifère djihadiste et comparses de ses instruments humains, les trois jeunes Juifs ne bénéficieront ni de la solidarité de pacotille du monde du spectacle, ni des bonnes paroles d’un instant des lecteurs de prompteurs… ils sont des « colons » vous dis-je: ils n’ont donc que ce qu’ils méritent, nous susurrent médias et certains politiques.

*1 Cette yéshiva, -école où s’étudie le Talmud-, est installée dans le Goush Etzion. C’est une toute petite région, au sud de Jérusalem, baptisée « Kfar Etzion ». Dès les années soixante dix-quatre vingt du 19ème siècle, les Juifs y furent autorisés, par les autorités ottomanes, à revenir au travail agricole ; ils installeront des exploitations collectivistes (Kibboutz), sur des terres rachetées à prix d’or par les institutions juives (à des prix plusieurs fois supérieurs à celui de la terre à l’époque) alors même que – laissées à l’état de friches, de pierriers et de marigots- ces terres ne produisaient plus rien et ne valaient plus rien. Plusieurs kibboutz s’y constitueront, les uns seront de tendance socialiste marxiste (Poaletzionist), d’autres déclineront les courants de pensée imprégnés par le Populisme russe (socialisme agraire), d’autres seront de tendance sioniste religieuse. Avec force labeur, la terre d’Israël du Kfar Etzion sortira de son lourd sommeil et de sa stérilité. Mais, en mai 1948, ces kibboutz seront assiégés et pris d’assaut. Tous leurs défenseurs restés sur place seront exécutés et leurs dépouilles sauvagement mutilées.

C’est sur ces terres, achetées dans le cadre légal ottoman du 19ème siècle, que s’étaient formés ces kibboutz. C’est sur leurs cendres, au milieu de ces terrains légalement achetés à leurs propriétaires légaux, sans violence et appropriation « coloniale », que sont réinstallés de soi-disant colonies illégitimes ainsi que cette yéshiva qui a fait, -pour la télévision française-, de trois étudiants, « trois colons ».

Le monde factice du spectacle et celui non moins factice dit de l’information ont d’autres chats à fouetter, que de se préoccuper de la liberté et de la vie de trois jeunes Juifs kidnappés par les hommes du Hamas, surtout si, en plus, ce sont… des colons.Pouahhh !!!Déjà, que ce joli monde est passé à autre chose, pour ce qui concerne les 244 fillettes et jeunes filles nigérianes, alors…ce n’est pas pour se tracasser pour le sort de trois jeunes colons. Par contre, ces mêmes lecteurs de prompteurs et leurs rédactions n’oublient pas de chercher à rameuter l’opinion, contre l’armée de défense d’Israël qui… « n’y va pas de main morte pour retrouver les trois jeunes colons, faisant des descentes partout et à tout moment ».

Coupable Israël, coupable de tout faire pour retrouver les kidnappés.

Coupable Israël, coupable parce quen quadrillant ainsi le secteur, maison par maison, il infligerait une punition collective à une population dont on a pu voir, qu’elle a exprimé spectaculairement sa consternation, par l’hilarité, parce que le Hamas venait de kidnapper trois jeunes Juifs.

Mais rassurez-vous bonnes gens, ce ne sont que trois « jeunes colons », rien que trois colons ; pas des êtres humains, des co-lons.

Quant aux 244 fillettes enlevées au Nigeria, oubliées, passées par pertes et profits… rien de grave, rassurez-vous, semblent nous dire le silence de ces « journalistes » : ce ne sont que des Africaines, rien que des Africaines et encore, pas des plus intéressantes, puisque majoritairement chrétiennes, et que celles qui sont musulmanes, parmi elles, transgressaient les interdits religieux islamiques du wahhabisme haoussa en allant à l’école.

 Alain Rubin

 

 

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