Et si Brassens avait vécu 50 ans plus tard, comment aurait-il été politiquement incorrect ?

Publié le 3 mars 2013 - par - 1 312 vues
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A propos du livre Brassens – Chansons à la plume et au pinceau de Jean-Paul Sermonte et Jean-Marc Héran.

Les textes et les dessins sont particulièrement réussis. Néanmoins, j’aimerais faire quelques remarques qui s’adressent plus particulièrement au dessinateur Jean-Marc Héran, au sujet de trois dessins illustrant La ballade des gens qui sont nés quelque part, La mauvaise réputation et Le pornographe.

La ballade des gens qui sont nés quelque part.

Brassens est assis sur l’herbe, dans un pré avec une jeune femme noire. Il y a une pancarte à côté d’eux où le mot « Privé » est écrit en grands caractères. On voit un blanc, âgé, sans doute aviné (pif rouge et boutonneux), le béret vissé sur la tête, sortant d’un trou (comme une taupe), le visage haineux, menacer Brassens avec un pistolet en lui disant : « Je ne crois pas que ça va être possible ».

La mauvaise réputation.

Brassens, fumant la pipe, est accoutré comme un d’jeune de banlieue, la casquette en arrière, polo trop court au niveau du bide sur lequel est écrit « I love Villon », chaussures de sport de marque aux pieds (comme si Villon était l’idole des jeunes rappeurs !!!). A côté de lui, un couple de Français l’invective en lui criant : « Voyou ! » et « Toxicomane ». La femme est grande, la coiffure ridicule, un manteau (de fourrure ?) sur le dos, l’homme est en costume cravate, petit, grassouillet style Francis Blanche. Sous les personnages est écrit « Et si Brassens avait vécu 50 ans plus tard… »

Le pornographe

Un type âgé dit à Brassens : « Il y a tellement de jolis mots qui ne sont pas grossiers… Chantez-les donc !! « . Brassens lui répond : « Intolérance ? Xénophobie ? Sectarisme ». Le type âgé, satisfait : « Voilàààààà ! »

On dirait des tracts de S.O.S racisme, un enfilage de clichés obsolètes. Brassens était un libertaire, un marginal, un libre-penseur. Beaucoup de ses chansons étaient censurées à la radio. Ce n’était pas un béni oui-oui, il n’avait pas la langue de bois, ce n’était pas un adepte du politiquement correct (ex : « Trompettes de la renommée » et les homos).

Et si Brassens avait vécu 50 ans plus tard…

En 20 ans de 1964 à 1984, le taux de criminalité « officiel » s’est multiplié par sept. Depuis les années 60, on assiste à une augmentation vertigineuse de la criminalité, le tout lié à un fort accroissement des vols avec armes, des atteintes aux mœurs et aux personnes.

Il y a 50 ans, les profs n’étaient pas insultés, tabassés ou gravement blessés par leurs élèves ou leurs parents. Il y a 50 ans les élèves n’étaient pas rackettés, harcelés, blessés ou tués par d’autres élèves.

Il y a 50 ans il n’y avait pas 800 zones de non droit dans notre pays. Les policiers, pompiers, médecins pouvaient intervenir partout sans risquer de tomber dans un guet apens et de se faire blesser ou tuer.

Il y a 50 ans il n’y avait pas 40.000 voitures brûlées chaque année.

Il y a 50 ans il n’y avait pas manifestants brandissant des drapeaux étrangers à l’élection de chaque président de la république (sans doute des « Imbéciles qui sont nés quelque part »).

Il y a 50 ans il n’y avait pas  des bandes de dizaines de « jeunes » de la banlieue parisienne  frappant et  tabassant des lycéens qui manifestaient (comme en mars 2005) pour dérober leurs portables ou simplement pour le plaisir de « casser du Blanc ».

Il y a 50 ans il n’y avait pas 200 églises (et plus) profanées par an en France.

Je pourrais continuer encore pendant des pages, mais je ne voudrais pas faire trop long.

Sincères salutations.

Marc Toinan

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