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Et si les musulmans « modérés » défendaient les caricatures ?

Le jeune de 18 ans qui a assassiné le professeur d’histoire parce que celui ci a simplement fait son travail républicain sera décrit comme radicalisé, djihadiste, terroriste, pauvre d’esprit, et enfin islamiste par opposition aux tenants raisonnables de l’islam.

Ce jeune n’est en réalité que l’écume sur la vague. On en fera vite le tour. Il en sera de même de son entourage pour lequel il est très probable qu’il vive des aides diverses versées par la République comme c’était le cas pour Mohammed MERAH,  pour l’égorgeur du couple de policiers de MAGNANVILLE,  des frères KOUACHI, de la famille de l’égorgeur du colonel BELTRAME et de la quasi-totalité des autres dans un catalogue sanglant qui s’épaissit à vue d’œil.

Comme pour le Pakistanais d’âge mur qui a frappé au hachoir devant les anciens locaux de Charlie Hebdo, on peut noter qu’il a frappé un vendredi, c’est-à-dire le dimanche d’Allah. Le Pakistanais était le représentant de la gabegie française en matière d’accueil de mineurs isolés, on ne sait pas encore à cette heure si notre jeune de 18 ans sera un digne représentant de la gabegie française en matière de réfugiés.
Deux domaines où nos élites nous amènent tranquillement et  fièrement aux portes de l’enfer.

Tout cela pour ne pas poser les questions qui fâchent, c’est-à-dire celles qui tiennent à cette religion qui est indissociable de la vie en société et donc de son emprise politique. Il est à cet égard très dommage que l’histoire du prophète qu’on appelle avec soumission « le beau modèle » de « la meilleure communauté » n’ait jamais donné lieu à des films de grande diffusion (information et culture) sur les chaînes de TV nationales. La possibilité de faire une comparaison avec Abraham, Moïse, Jésus, Bouddha est taboue parce qu’elle permettrait de poser la seule question qui vaille  « mais où trouvez-vous l’amour et la paix dans l’islam ? ». Je n’aborde même pas la question de l’égalité.

Il n’y a pas d’écume s’il n’y a pas de vague.
La vague ce sont tous les fidèles non radicalisés, silencieux, tolérants, modérés, innocents, victimes.

La vague ce sont ces parents d’élèves sans casier judiciaire, intégrés, pas fichés S, qui se sont plaints de ce professeur d’histoire. Ce sont ces élèves enfants de parents sans casier judiciaire, intégrés, pas fichés S qui ont préféré quitter le cours plutôt que de voir les caricatures et d’en discuter librement. Ce sont ces élèves qui ont rapporté à leurs parents l’ignominie pratiquée par le professeur d’histoire parce qu’il leur permettait de voir et  discuter de ce qui n’est pas discutable.

Des citoyens, français pour la plupart, très ordinaires, pouvant être jurés d’assises, considèrent donc que pratiquer la discussion libre sur l’islam doit être interdit car on leur a toujours dit que seuls les mécréants pouvaient vouloir discuter de l’islam pour introduire le doute au profit d’autres croyances. Celui qui discute de l’islam ou même qui veut montrer que toute discussion est possible est donc un ennemi qui doit être mis hors d’état de nuire.

Bien sûr il y a des adorateurs du prophète qui sont ignorants et qui pensent de bonne foi que le prophète a prôné l’amour et la paix. Il serait toutefois méprisant et discriminatoire de considérer que tous les adorateurs du prophète sont ignorants et/ou malades.  Au surplus, il est aujourd’hui facile de s’informer pour autant qu’on veuille vraiment ouvrir les yeux.

Je veux donc bien admettre qu’il y a des musulmans intégrés, modérés, tolérants, victimes des islamistes et attachés aux valeurs de la République, tout particulièrement à la liberté d’expression.  Ils peuvent facilement le démontrer et j’attends qu’ils le démontrent.

Il suffit qu’ils organisent une grande manifestation en faveur des caricatures, avec les caricatures, sur l’appel des associations musulmanes et des responsables musulmans. On aura alors la preuve qu’eux aussi sont attachés à toutes les valeurs de la République, et à la liberté d’expression, plutôt que de penser qu’ils sont une cinquième colonne.

On me dira qu’on n’a pas demandé aux catholiques de défiler avec des images de Charlie Hebdo peu amènes sur le Christ. Mais, cela est tout à fait normal  puisqu’ils n’ont ni mitraillé ni égorgé au nom de leur religion à l’ère contemporaine. On ne peut donc pas avoir de soupçons à leur égard.

C’est en revanche aux musulmans silencieux et modérés qu’il incombe d’agir enfin pour protéger activement la République plutôt que de se présenter en victimes de l’islamophobie.  Ainsi que de nombreux auteurs l’ont déjà noté, leur silence est assourdissant et d’autant plus inquiétant que de nombreux pays musulmans ignorent la liberté d’expression au point d’appliquer la peine de mort au blasphème.
Or la peine de mort vient d’être appliquée chez nous sur un professeur d’histoire.

Isabelle HAMEDINE