Et si l’euro s’effondrait, entraînant dans sa chute l’UE?

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Le 7 février 1992, était signé, par la France et 11 autres pays Européens, dont l’Allemagne, le plus important, par le volume de sa population et la vigueur de son économie, le traité de Maastricht instituant l’Union Européenne. Par la suite 15 autres pays y ont été admis et bien d’autres frappent depuis à la porte, avec une insistance notable, telle la Turquie ou l’Ukraine. Il n’est pas à désespérer que l’Ouzbékistan ou le Turkménistan n’aient un jour l’envie de rejoindre la cohorte. Après tout…

Le résultat est que, bien loin d’avoir bâti une entité vigoureuse cohérente et volontaire sur le plan géopolitique, nous avons abouti à l’établissement d’une espèce d’ectoplasme inerte et flasque dont les ressources s’amenuisent à la même vitesse que son poids politique dans les décisions planétaires, voire simplement continentales, se rétrécit…
Soumis à référendum, car en ce temps on interrogeait encore le peuple sur les grandes questions existentielles autant que politiques, ce traité fut adopté par un très court avantage (51.04 % de oui contre 48.96 %). Ce résultat était limite, mais c’était légal. Pour mémoire signalons qu’un sondage IFOP réalisé en mai 2019 indique que 52 % des Français voteraient contre le traité de Maastricht en cas d’organisation d’un nouveau référendum.

La vocation officielle de cette Union était, à l’époque, du moins de façade, assez symbolique et pour tout dire sans réelle conséquence sur l’essentielle de la vie des peuples concernés, qui y trouvaient même certains avantages, comme le fait de ne pas avoir besoin de visa pour se rendre dans l’un des pays signataire.

Signalons au passage que la France se situait à l’époque au dessus de l’Allemagne sur le plan économique.
Cela était sans tenir compte de la volonté suprême des USA qui depuis 1945 n’avait d’autre ambition pour l’Europe que d’en faire un vaste territoire sans réel déterminisme politique où le libre échange et le néo-libéralisme outrancier règnerait en maître absolu avec la soumission sans réserve des gouvernement alternatifs mais parfaitement centrés sur des objectifs semblables pour ne pas dire communs, ainsi que sur une vaste oligarchie financière bien décidée à imposer la mondialisation pure et dure.

Pour couronner le tout et donner la sensation d’une nouvelle souveraineté, ce qui par parenthèse est une supercherie puisque de souveraineté, il ne saurait être question, la Nation Européenne n’existant pas, ils ont créé une monnaie unique le nouvel étalon supposé : l’EURO ! Cela sans réelle consultation populaire, le fait du prince !
Entre temps, et fort du résultat de la consultation initiale, le dimanche 29 mai 2005, les Français répondaient NON à la proposition de Traité constitutionnel européen » (TCE). En raison de cet échec, nos dirigeants politiques ayant conclus que le peuple Français et le peuple Néerlandais, notamment, avaient mal voté l’imposèrent toutefois par le traité de Lisbonne à quelques détails insignifiants près et gardant pour l’essentiel le corps du texte initial rejeté.
Qu’est-ce que la France a gagné dans cette affaire ? Pas grand-chose en vérité, ce qui fait figure d’euphémisme.
Tout d’abord, en tant que deuxième puissance de l’Union, elle est contributrice directe, c’est-à-dire qu’elle donne plus qu’elle ne reçoit chaque année dans l’équation unioniste. Son industrie, très désavantagée par le poids de la monnaie unique trop forte pour sa compétitivité réelle, s’est effondrée. Sa part dans l’économie nationale ne représente que la moitié de ce que l’industrie Allemande représente pour son économie globale.

Si l’UE était ce qu’elle prétend être, c’est-à-dire un lien de solidarité entre les pays qui la compose, aurait-elle accepté tous les compromissions et les désaveux qui se sont produits. Quand la Belgique renouvelle son aviation militaire, choisit-elle des Rafales Français ? Non elle achète des F16 ou des F35 Américains. Idem pour la Pologne ou l’Allemagne. Quand l’Australie renonce, sous la pression des USA, au contrat signé de longue date pour l’achat de sous-marins Français et choisit à la place du matériel fourni par l’oncle Sam, que dit l’UE ? …Rien ! Que font les Européens quand la France s’engage au Mali pour protéger la vie et les valeurs de l’occident ? Ils approuvent mais ne font rien.

En parallèle, le déficit budgétaire de notre pays s’est accru d’année en année. La dette publique française est remontée à 114,5% du PIB au premier trimestre 2022. L’endettement public de la France a franchi la barre des 2900 milliards d’euros.  L’Allemagne qui dégageait jusqu’alors des excédents budgétaires, a affiché un déficit de 4,3% en 2020 et 2021. En France, le déficit public a atteint 9,2% du PIB en 2020.
La réapparition de l’hyperinflation, fait inédit depuis les années 70, change complètement la donne car si la France redoute par-dessus tout le chômage, qu’elle combat assez mal au demeurant, l’Allemagne, elle, a une peur bleue de l’inflation.

Une étude statistique parfaitement étayée et admise par le plus grand nombre des économistes sérieux a établi que l’augmentation des prix dépasse, en France, en 20 ans les 30%. Par exemple, exprimé en Euros constant, la baguette coutait 0.68 € et elle coute aujourd’hui en moyenne 0.89 € aujourd’hui. Dans le même temps les rémunérations salariales ont augmenté dans des proportions nettement plus modestes. Le point d’indice dans la fonction publique a progressé de 14.99% sur cette période. Le SMIC n’a progressé que de 8.5 % passant de 6.47 € en 2001 à 10.85 € en 2022…Et ne parlons pas du niveau des pensions de retraites qui eux ont quasiment stagné depuis 10 ou 15ans.
L’UE a doublé pour 2022 sa prévision d’inflation en zone euro pour 2022, à 6,1%, pour une prévision de croissance économique ramenée de 4% à 2,7%. En 2023, le rebond de la croissance devrait être également plus modeste, celui-ci étant attendu à 2,3% contre 2,8% estimé en février.

En effet, telle qu’elle a été conçue, la monnaie européenne se caractérise par une hypertrophie du principe de garantie et par une atrophie des considérations liées à la croissance et à la cohésion sociale. Incomplète dans les fonctions qu’elle assure, l’euro apparaît ainsi comme une monnaie à « souveraineté limitée ».
Et puis par-dessus tout il y a la dégringolade ahurissante de cette monnaie dont certains imaginaient qu’elle pourrait peut-être un jour remplacer le dollar comme étalon de référence.

Alors qu’il culminait à 1,23 dollar le 6 janvier 2021, l’euro s’est logiquement déprécié depuis plus d’un an. Il ne vaut plus aujourd’hui que 1,05 dollar depuis le 28 avril 2022 soit la quasi parité telle qu’elle existait à l’origine.
Tous ces éléments loin d’être anecdotiques laisse apparaitre une fragmentation, voire une espèce de fracture, dans la belle ordonnance de façade de l’UE.
Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, s’est opposé à la promesse de la Banque centrale européenne d’apporter un nouveau soutien aux pays endettés.
La banque centrale se prépare à relever ses taux d’intérêt.

Mais M. Nagel n’est pas d’accord avec cette décision, arguant que la BCE devrait plutôt se concentrer sur la lutte contre une inflation élevée, ont déclaré trois sources, qui ont demandé à ne pas être identifiées car les délibérations du conseil des gouverneurs sont privées.
Mais c’est le premier désaccord visible entre Nagel et Lagarde depuis que le premier a pris ses fonctions en janvier.
Et si les prévisions de certains concernant l’Euro se produisait…Si cette monnaie artificielle sans attache tangible avec l’économie réelle des différents pays qui l’ont adoptée au l’aube du 21ème siècle, si l’Euro s’effondrait, si l’Euro disparaissait, qu’adviendrait-il ?

C’est probablement l’UE tout entière qui serait menacées d’effondrement…Exit Ursula von der Leyen, exit toutes les juridictions Européennes qui entravent la souveraineté des pays de l’Europe leur imposant parfois des règles iniques.
Il ne faut redouter une telle situation. Il convient de s’y préparer car elle est inéluctable, inscrite dans ses gènes et donc depuis le début prévisible. La France aura tout à y gagner.
Après tout le Danemark et la Suède ont plutôt bien vécu sans l’Euro et la Suisse vit très bien sans appartenir à l’UE …VIVE une France libre et souveraine !

Jean-Jacques FIFRE

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12 Commentaires

  1. mais non! seuls les populos seront impactés, la flambée des prix règlera tout

  2. Il faut voir les points positifs :
    Avec une dette ronde de 3000 G€ et une parité 1$=1€ (en ce moment 1.016 $ pour 1€) ça va bien simplifier les calculs du spécialiste de l’agriculture LaMAIRdE).

    J’ai vu qu’aujourd’hui ce cador parlait de « déciles » en s’adressant au peuple, mais je doute fort que lui-même sache bien à quoi ça correspond, (surtout qu’il ne précise pas les déciles de quoi, revenus bruts ? nets ? avant ou après prélèvement d’impôt à la source? !!) vu son niveau qui n’est que « littérature »

    Il n’y a pas de secret, imprimer de la fausse monnaie peut être néfaste pour l’économie, c’est pourquoi au temps du FF on pouvait lire sur les billets en F « contrefaçon = condamnation à perpète selon l’article 439 du code »
    On ferait donc bien de condamner super mario draghi et C Lagarde à l’enfermement à vie.

  3. C’est vrai qu’un petit pays seul peut faire face à des économies mondialisées. L’euro/deuchmark longtemps surévalué est aujourd’hui une monnaie qui nous assure une certaine stabilité monétaire. Ce qu’il faut surtout c’est plus de démocratie et moins de théocratie dans ce système de gouvernance européenne et qu’ils s’y occupent davantage de vrais problèmes que de la dimension des courgettes.

  4. N’avoir jamais adopté l’euro est certes une bonne idée, en sortir est plus ‘casse-gueule’…

  5. je le dit souvant l’UE actuelle ne tiendra plus bien longtemps,la donneuse de lecons au monde entier commence a énerver certains pays et seuls les dirigeants actuels sont a font dans l’UE pas les peuples ! donc au prochain grave évenement ( exemple conflit Ukraine) si il s’étant en europe s’en sera fini de Bruxelles et de sa mafia .

  6. Avant l’€ et le machin EU, les échanges commerciaux se faisaient en ECU (european compting united) et nous nous en portion pas plus mal, bien au contraire. C’est encore une idée de farfelus dangereux que de vouloir circuler sans passeport entre les pays européens, idée fausse car une simple CI suffisait. A entendre les arguments des dirigeants de l’époque des millions de citoyens passeraient les frontières chaque jour, la liberté quoi ! Exact, mais manque de chance, ce ne seront pas les européens mais les ressortissants d’Afrique et de l’Orient qui bénéficient de l’absence de frontière, mais j’ai comme l’impression que c’était un plan voulu et calculé d’avance…

  7. Les frontaliers qui travaillent en Suisse bénéficient d’une augmentation: le franc suisse cote plus que l’euro.

    • D’accord, mais pour moi la France et notre avenir est bien plus important que le morlingue des frontaliers…

  8. C’est l’allemagne qui va s’effondrer malgré ses réserves, le reste va suivre !

  9. Et si l’euro s’effondrait, entraînant dans sa chute l’UE?
    Ce serait une bonne nouvelle.

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