Et si on déclarait les référendums illégaux ?

Publié le 28 juin 2016 - par - 12 commentaires - 907 vues
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01-Brexit Peter Sutherland

 

Les Britanniques ont «mal» voté. L’Union européenne veut punir ces impertinents qui ont osé utiliser l’article 50 du Traité de Lisbonne.

Pourtant cette Europe qui se gargarise de démocratie et de la liberté devrait se féliciter que les Anglais aient mis en lumière ces valeurs par un référendum.

Mais, comme tout totem, le référendum possible grâce à l’article 50 n’avait qu’une fonction symbolique. Il n’avait pas, dans l’esprit de la caste européiste, vocation à être utilisé.

«D’une façon ou d’une autre ce référendum doit être annulé» a lancé Peter Sutherland, président de Goldman Sachs International.

«Cameron est un irresponsable», a dit l’ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot. « On ne laissera personne nous prendre notre Europe », a martelé le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

«Organiser un référendum aujourd’hui en France, c’est offrir une victoire sur un plateau à Madame Le Pen» pour Bruno Lemaire et Alain Juppé.

Les médias à longueur d’antennes et de colonnes nient le résultat. Selon eux, beaucoup d’Anglais regretteraient déjà leur bulletin «Leave».

André Sénik dans Causeur avance que seule la démocratie représentative est vraiment démocratique. Le référendum «n’est qu’un moyen technique de prendre une décision sur un objet controversé. C’est cette illusion lyrique du Peuple en majuscule, d’un peuple foncièrement un et indivisible, qui fait penser qu’un référendum acquis par une majorité de 52% contre 48% exprime la volonté d’un peuple au mieux qu’il est possible.»

Un totem n’a pas vocation à devenir un objet matériellement utile. Il n’a pas à se prononcer sur le chômage (sauf celui des traders dont la gauche s’inquiète alors que ces multimillionnaires de la City ont détruit des milliers d’entreprises en pariant contre elles), les marchés (les seules valeurs qui intéressent vraiment la caste européiste sont boursières), la désindustrialisation, les délocalisations, la perméabilité des frontières, la fin des Etats-nations, les accords signés en catimini par les supposées élites européennes avec les Etats-Unis, l’Ukraine, la Turquie, la Chine.

Le politburo de l’UE, les milieux financiers, la majorité des journaleux sont d’accord: les peuples ne comprennent rien, il ne faut jamais leur demander leur avis par référendum.

Celui-ci est un tabou. Un objet à la fois sacré, inquiétant et dangereux.

Un objet de vénération dont il est interdit de s’approcher. Quiconque viole cet interdit est écarté de la société. Les Britanniques doivent devenir des proscrits. Ils ne sont pas les seuls.

Le commissaire européen français Pierre Moscovici enrageait de voir les jeunes britanniques «souffrir durant cinquante ans du vote de leurs aînés». Les vieux sont aussi dans le collimateur. Avec les ploucs, les périurbains, les sans dents et sans diplôme. Un magma de racistes, de xénophobes, d’ignares qui n’ont pas saisi la beauté de la construction européenne, hurlent les intellectuels avec Bernard-Henri Botul (alias Lévy).

Pour rassurer le tabou bafoué, il est nécessaire de conjurer le sort par des actes de pénitence, des cérémonies de purification et d’expiation.

Parmi les conjurations, modifier les conditions de sortie de l’Union. Il faudrait au moins 60% de «non» à l’UE et 80% de votants, sinon pas d’exit. Avec une si belle règle, les Britanniques seraient toujours sous le joug de Bruxelles. Fillon envisage même que les voix des jeunes comptent le double de celles des vioques, ces imbéciles qui n’ont rien compris et ne comprendront jamais rien.

La pénitence par l’immigration.

L’UE va envoyer les migrants qui polluent Calais vers Douvres.

Surtout ne pas se demander si la cause du Brexit n’est pas dans le «Grand geste» de Merkel qui a transformé les frontières de l’Union en passoire pour recevoir les immigrés et qui, devant le résultat catastrophique de son ouverture à l’Autre, a ordonné aux Etats de l’UE d’accueillir les migrants dont elle n’a pas besoin (c’est-à-dire les moins diplômés).

L’UE souhaite également purifier les Britanniques par la misère. La souffrance jusqu’à ce qu’ils demandent pardon pour avoir profaner l’Union.

Il est donc probable que l’on assiste, dans les jours à venir, à une surenchère dans la politique punitive dont le mafieux Juncker est un des principaux représentants.

Le Brexit a mis en évidence que les Thénardier européistes détestent le spécifique, les frontières, les nations, l’héritage historique (le réduisant à ses supposés crimes durant les croisades et la période coloniale), et embrassent une tolérance universelle, une ouverture infinie à l’Autre.

Le vote britannique (comme l’élection présidentielle autrichienne) transpose à l’échelle européenne ce que Christophe Guilluy a étudié dans La France périphérique. Il y a deux Europe qui se font face de plus en plus durement: une Europe des métropoles, des «hors sol», des planétaires, des adeptes du global, qui se considèrent comme les élites ; et une Europe périphérique, des petites villes, des espaces ruraux peuplés par les enracinés (de leur plein gré ou de force), par les sédentaires, par les locaux qui ont un accès limité à l’univers numérique, au monde dématérialisé, aux soins, à la culture.

Les premiers se voient moralement, politiquement, intellectuellement supérieurs au second. Anne Hidalgo propose une alliance à Sadiq Khan, un mariage de la ville de l’immigrée espagnole avec celle de l’immigré pakistanais, d’une ville-monde avec une autre ville-monde.

Les journalistes n’interrogent que les «hors sol»: Français de Londres, Anglais de Dordogne.

Le référendum du Brexit montre que les élites ne sont solidaires qu’entre elles, Londres-Paris-Berlin. Elles sont indifférentes au sort de leurs voisins locaux. «Elles ont développé une sorte d’irresponsabilité et d’immaturité qui les prive de toute forme de “sensibilité pour les grands devoirs historiques”, disait déjà Christopher Lasch. Lorsqu’elles sont confrontées à un retour brutal du réel, comme le résultat d’une consultation démocratique, elles n’hésitent pas à se déclarer contre la démocratie. Lasch soulignait d’ailleurs ce déclin du discours démocratique chez des « élites qui ne font que se parler à elles-mêmes”», déchiffre Jacques de Saint-Victor dans Le Figaro.

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Pour l’Europe des globaux, respecter le totem et le tabou référendaires c’est se déclarer contre la démocratie quand le résultat du vote ne les satisfait pas. C’est cracher sur la volonté de la majorité au nom de l’individualisme, des droits de la minorité, de la volonté particulière.

Aujourd’hui, une partie importante des peuples européens préfèrent encore l’idéologie européenne qui n’est portée par rien de positif, par aucune volonté de puissance, si ce n’est celle s’asservir les populations qui la composent à l’aventure d’une sortie de l’Union.

Mais avec le Brexit, l’espoir pourrait changer doucement de camp.

Marcus Graven

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Notifiez de
Anne marie

la dernière photo de l’article : on dirait des mafieux ; la bise entre parrains ; ces saloperies qui nous confisquent notre liberté n’ont même pas été élus et n’ont donc aucune légitimité à c ommander dans nos pays respectifs ; en un mot, la clique de l’UE qui vit à nos crochets fait pire que de l’ingérence, elle est totalitaire !

WOLFRED

je suis désolé de te contredire mais le Sutherland était un hydravion anti sous marin anglais

CPB33

Je faisais allusion à JUNCKER en fait !!!

CPB33

A noter que la raclure en chef de l’UE a presque le même nom qu’un bombardier schleuh de la 2ème guerre mondiale ! etonnisch nein (comme disait Desproges)

CPB33

la raclure en chef de l’UE a presque le même nom que les avions schleus qui bombardaient la France pendant la 2ème guerre mondiale !!! étonnisch nein (comme disait Desproges)

Albion sera toujours perfide

La faute du peuple français est d’avoir voté oui au référendum organisé par Pompidou pour savoir si l’on devait accepter le Royaume Uni dans la CEE de l’époque.
Nous n’avions rien à faire avec ces gens-là.

lucie

n’y avait-il pas un temps ou l’on parlait de traite d’être humains et ou cela était punissable ? comment appelle-t-on aujourd’hui « s’amuser avec les populations » ?

Les Zélites ont raison.
Car avant la création de l’Europe, les français vivaient dans des cavernes dont ils ne sortaient quasiment jamais, ils n’avaient jamais mis les pieds dans un pays voisin, ignoraient le commerce, se prenaient pour les plus forts et les plus vantards et étaient tout le temps en guerre contre les gentils Teutons.
Laisser s’exprimer par référendum de tels sauvages, beurk !

Devant l’attitude des Anglais qui commencent à réaliser, je crois qu’ils ont confondu référendum et sondage.

WOLFRED

la haine du peuple ! ou comment devenir des moutons

JEAN PN

Et si on déclarait l’Europe illégale ?
Et si on déclarait ceuxrJbZc pour qui on a voté, illégaux ?

Yves ESSYLU

Il me semble qu’il faudrait limiter le droit de vote aux « zélites » car ces salauds de chefs d’entreprise avec leurs troupes de salariés qui leurs sont reconnaissants d’avoir les couilles pour créer leurs emplois, sont capables de voter en fonction des réalités